mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2306664 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CJA PUBLIC CHAVENT-MOUSEGHIAN-CAVROIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er août 2023 et le 9 février 2024, la SARL Collard Fils, représentée par la SCP d'avocats Vedesi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 mars 2023 par lequel le maire de la commune de L'Étrat a refusé de lui délivrer un permis de construire en vue de l'édification d'un bâtiment artisanal divisé en deux lots sur un terrain situé 2442 rue de Verdun et la décision du 7 juin 2023 par laquelle le maire a rejeté son recours gracieux dirigé contre cet arrêté ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de L'Étrat de lui délivrer le permis de construire sollicité dans le délai de quinze jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de L'Étrat une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté méconnaît les dispositions des articles UF1 et UF2 du plan local d'urbanisme de la commune de L'Etrat ;
- la décision attaquée résulte d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la compatibilité du projet avec la vocation de la zone UFC ;
- l'arrêté en litige est illégal par d'exception d'illégalité du chapitre IV du plan local d'urbanisme de la commune de L'Etrat, dont les dispositions sont contraires au principe de liberté du commerce et de l'industrie.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 11 janvier et 13 mars 2024, la commune de L'Étrat, représentée par la SELARL CJA Public Chavent-Mouseghian-Cavrois, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3000 euros soit mise à la charge de la société pétitionnaire au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- à titre subsidiaire, le maire aurait pu fonder son refus sur la circonstance tirée de la méconnaissance par le projet des dispositions de l'article UF3.1 du plan local d'urbanisme, en l'absence d'éléments susceptible de s'assurer que la parcelle est desservie par une voie ouverte à la circulation publique.
Par ordonnance du 13 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
- les conclusions de M. Gilbertas, rapporteur public,
- les observations de Me Malle (SCP d'avocats Vedesi), pour la SARL Collard Fils, et celles de Me Guérin, avocat (SELARL CJA Public Chavent-Mouseghian-Cavrois), pour la commune de L'Étrat.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Collard Fils a déposé, le 23 décembre 2022, une demande de permis de construire en vue de l'édification d'un bâtiment artisanal divisé en deux lots sur un terrain situé 2442 rue de Verdun, sur le territoire de la commune de L'Étrat. Par un arrêté du 10 mars 2023, le maire de cette commune lui en a refusé le bénéfice. La SARL Collard Fils demande au tribunal l'annulation de cet arrêté et qu'il soit enjoint au maire de la commune de L'Étrat de lui délivrer le permis de construire sollicité.
2. En premier lieu, aux termes du chapitre IV du plan local d'urbanisme de la commune de L'Etrat : " Caractère de la zone UF / Il s'agit d'une zone équipée, réservée aux activités, aux services, aux établissements industriels, aux dépôts. Elle comprend un secteur UFc réservé aux commerce ". Aux termes de l'article UF 1 du même plan : " Occupations et utilisations du sol interdites : () 1.11. le commerce sauf dans le secteur UFc ". Aux termes du rapport de présentation du plan local d'urbanisme de la commune de L'Étrat : " La zone UF : il s'agit d'une zone urbaine réservée pour les activités économiques, de services et commerciales construites en ordre discontinu. () Elle comprend un secteur UFc à vocation uniquement commerciale qui correspond à la zone de Ratarieux () ".
3. Il est constant que le terrain d'assiette du projet de construction de la SARL Collard Fils est situé dans le secteur UFc de la commune de L'Étrat. Si la société requérante expose que le plan local d'urbanisme n'exclut pas expressément la destination " artisanat " des occupations et utilisation du sol interdites dans ce secteur, il ressort des pièces du dossier, notamment des dispositions précitées du rapport de présentation du plan local d'urbanisme et du préambule de ce plan concernant la zone UF qui, contrairement à ce que soutient le requérant, a une portée réglementaire, que le plan local d'urbanisme a entendu exclure du secteur UFc toute activité non commerciale. La société requérante ne contestant pas que le bâtiment dont la construction est projetée aurait une destination artisanale, c'est sans méconnaître les dispositions du plan local d'urbanisme que le maire de la commune de L'Étrat lui a refusé le permis de construire sollicité.
4. En deuxième lieu, si la société requérante soutient que son projet est compatible avec la vocation commerciale du secteur UFc, qu'elle possède dans une parcelle voisine une boulangerie qui exercerait pour partie une activité artisanale et que l'activité prévue au sein du projet correspondra à la sous-destination " artisanat et commerce de détail " prévue à l'article R. 151-28 du code de l'urbanisme , elle ne conteste pas utilement ce faisant le motif du refus de sa demande d'autorisation d'urbanisme. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. En troisième lieu, si la SARL Collard Fils soulève, sans autre précision, l'exception d'illégalité du plan local d'urbanisme de la commune de L'Étrat dont les dispositions seraient contraires au principe de liberté du commerce et de l'industrie, il est constant que le plan local d'urbanisme permet l'implantation d'activités commerciales dans le secteur UFc et il ne ressort en tout état de cause pas des pièces du dossier que le projet de construction, dont la destination artisanale n'est pas contestée, aurait une nature commerciale. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la demande de substitution de motif présentée par la commune défenderesse, que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquences, les conclusions à fin d'injonction les assortissant et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de L'Étrat au même titre.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de la SARL Collard Fils et les conclusions présentées par la commune de L'Étrat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Collard Fils et à la commune de L'Étrat.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Drouet, président,
- M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
- Mme Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le rapporteur,
F.-X. Richard-RendoletLe président,
H. Drouet
La greffière,
C. Amouny
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026