LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2307429

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2307429

mardi 6 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2307429
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantFRERY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 septembre 2023, M. C A, représenté par Me Fréry, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 juin 2023 par lequel le préfet de la Loire lui a retiré sa carte de résident, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'acte attaqué ;

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

S'agissant de la décision portant retrait de la carte de résident :

- elle a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire dès lors que le préfet n'a pas tenu compte des observations qu'il avait présentées, le 19 juin 2023, en réponse à la lettre du 5 juin 2023 l'y invitant ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'examen particulier de sa situation ;

- elle méconnaît les articles L. 423-6, L. 432-5 et R. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- son mariage contracté avec une ressortissante française le 8 août 2014 ne présentait pas de caractère frauduleux ;

- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée à cet égard d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant retrait de la carte de résident ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée à cet égard d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant des décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination :

- elles sont illégales du fait de l'illégalité des décisions portant retrait de la carte de résident et obligation de quitter le territoire français.

La requête a été communiquée au préfet de la Loire, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais des pièces enregistrées le 9 janvier 2024.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 août 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Vaccaro-Planchet, présidente.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain né le 18 février 1980, est entré en France, pour la dernière fois, le 1er octobre 2015 muni d'un visa de long séjour en tant que conjoint d'une ressortissante française, valable du 25 septembre 2015 au 25 septembre 2016. Il s'est par la suite vu délivrer une carte de résident portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée de dix ans, valable du 1er juillet 2019 au 30 juin 2029, sur le fondement des articles 9 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 et L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 juin 2023 par lequel le préfet de la Loire lui a retiré sa carte de résident, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 9 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord. (). ". Aux termes de l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié depuis au moins trois ans avec un ressortissant français se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans à condition qu'il séjourne régulièrement en France depuis trois ans et que la communauté de vie entre les époux n'ait pas cessé depuis le mariage, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. / La délivrance de cette carte est subordonnée au respect des conditions d'intégration républicaine prévues à l'article L. 413-7. / Elle peut être retirée en raison de la rupture de la vie commune dans un délai maximal de quatre années à compter de la célébration du mariage. (). ".

3. Un acte administratif obtenu par fraude ne crée pas de droits et, par suite, peut être retiré ou abrogé par l'autorité compétente pour le prendre, alors même que le délai de retrait de droit commun serait expiré. Toutefois, dès lors que les délais encadrant le retrait d'un acte individuel créateur de droits sont écoulés, il appartient à l'administration d'établir la preuve de la fraude, tant s'agissant de l'existence des faits matériels l'ayant déterminée à délivrer l'acte que de l'intention du demandeur de la tromper, pour procéder à ce retrait.

4. Pour retirer la carte de résident de M. A, le préfet de la Loire a retenu que la rupture de communauté de vie entre le requérant et son épouse française, résultant du divorce prononcé le 16 septembre 2021, puis le remariage de l'intéressé avec une ressortissante marocaine, alors que ce dernier s'est abstenu de solliciter un changement de statut auprès des services préfectoraux, permettaient de considérer que le requérant avait obtenu par fraude sa carte de résident.

5. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A a épousé Mme D B, de nationalité française, le 8 août 2014 à Feurs. Après avoir vécu en France sous couvert d'un visa long séjour comme conjoint de français puis d'une carte de séjour pluriannuelle valable deux ans, le requérant a obtenu, le 26 juillet 2019, une carte de résident valable dix ans. Il est constant que la communauté de vie entre les époux, dont la réalité lors de l'obtention de la carte de résident et pendant le mariage n'est pas contestée, n'a cessé que postérieurement à cette date, le divorce ayant été prononcé par un jugement du juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Saint-Etienne du 16 septembre 2021. Le divorce du requérant après six ans de mariage et son remariage, le 17 mars 2022, avec une ressortissante marocaine pour laquelle il a formé une demande de regroupement familial, ne sauraient suffire à caractériser une fraude lors de son mariage avec Mme B et en vue de l'obtention de titres de séjour. Dans ces conditions, le préfet de la Loire, qui n'a pas produit de mémoire en défense, n'apporte pas la preuve qui lui incombe du caractère frauduleux de l'obtention de la carte de résident de M. A. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que le préfet de la Loire ne pouvait pas légalement prononcer le retrait de sa carte de résident d'une durée de dix ans au motif qu'il l'avait obtenue par fraude.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 29 juin 2023 par laquelle le préfet de la Loire lui a retiré sa carte de résident portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée de dix ans, ainsi, par voie de conséquence, que de la décision du même jour portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et de la décision fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.

Sur les frais liés au litige :

8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Fréry de la somme de 1 200 euros, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet de la Loire du 29 juin 2023 est annulé.

Article 2 : L'Etat versera à Me Fréry la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Fréry renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Fréry et au préfet de la Loire.

Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Vaccaro-Planchet, présidente,

Mme Soubié, première conseillère,

Mme Boulay, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.

La présidente-rapporteure,

V. Vaccaro-Planchet L'assesseure la plus ancienne,

A.-S. Soubié

La greffière,

C. Touja

La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions