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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2307486

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2307486

mercredi 13 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2307486
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 septembre 2023, M. D C, représenté par Me Lebeaux, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) de faire mettre son dossier à disposition par la préfecture ;

3°) d'annuler l'arrêté du 6 septembre 2023 par lequel le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire pour une durée de deux ans ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros, à verser à son conseil, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de l'ensemble des décisions :

- leur signataire ne justifie pas d'une délégation de signature ;

- elles sont entachées d'une insuffisance de motivation et n'ont pas été précédées d'un examen de sa situation personnelle, notamment s'agissant de son état de santé ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, son état de santé imposant que le préfet saisisse le médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle est contraire à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison de son état de santé et des conséquences qu'aurait une rupture des soins engagés en France ;

S'agissant de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

- elle méconnaît les articles L. 612-1, L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ce qu'il dispose d'une adresse chez sa grand-mère et doit poursuivre des soins médicaux entamés en France ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ;

- elle méconnaît les articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est disproportionnée, le préfet n'ayant pas tenu compte de son état de santé qui constitue une circonstance humanitaire particulière.

Le préfet de l'Isère a produit des pièces le 11 septembre 2023. Par un mémoire en défense, enregistré le même jour, il conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a délégué à Mme A B les pouvoirs qui lui sont attribués en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu les observations de Me Lebeaux, représentant M. C, absent, reprenant les conclusions et moyens de ses écritures et faisant notamment valoir que le dossier contient des éléments objectifs quant aux problèmes de santé de M. C, qu'il est logé chez sa tante et que l'interdiction de retour de 24 mois sur le territoire est disproportionnée ;

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant algérien né le 16 septembre 1997, placé en centre de rétention et assigné à résidence en cours d'instance, est entré en France en 2018 selon ses déclarations. Il demande l'annulation de l'arrêté du 6 septembre 2023 par lequel le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire pour une durée de deux ans.

Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Le premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 dispose que " dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Aux termes de l'article 61 du décret susvisé du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence (). / L'admission provisoire est accordée par () le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle () sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. Au cas particulier, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions tendant à la production, par le préfet, du dossier de M. C :

4. L'affaire est en état d'être jugée, le principe du contradictoire a été respecté et l'ensemble des pièces de procédure ont été produites sur audience par l'administration. Il n'apparaît donc pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la communication de l'entier dossier détenu par l'administration.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions contestées :

5. La décision en litige mentionne notamment les conditions d'entrée et de vie en France de M. C, son absence de démarches pour régulariser son séjour, les précédentes mesures dont il a fait l'objet à ce titre et les faits pour lesquels il est connu des services de police. Elle vise les articles L. 311-1, L. 611-1, L. 612-2 et suivants et L. 613-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle comporte ainsi l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par ailleurs, le préfet n'était pas tenu de mentionner l'ensemble de la situation de l'intéressé. Le moyen tiré d'une insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.

6. Il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes mêmes de l'arrêté attaqué, qui font état d'éléments de fait propres à la situation de l'intéressé, que le préfet n'aurait pas procédé, ainsi qu'il y était tenu, à l'examen particulier de la situation de M. C. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige serait entaché d'illégalité, faute d'avoir été précédé d'un examen particulier.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

7. Aux termes de l'article L. 611-3 du même code : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9o L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. / () ". Aux termes de l'article R. 611-1 du même code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / Toutefois, lorsque l'étranger est assigné à résidence aux fins d'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français ou placé ou maintenu en rétention administrative en application du titre IV du livre VII, l'avis est émis par un médecin de l'office et transmis sans délai au préfet territorialement compétent. "

8. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'elle envisage de prononcer une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un étranger en situation irrégulière, l'autorité préfectorale n'est tenue de recueillir préalablement l'avis du collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que si elle dispose d'éléments d'information suffisamment précis permettant d'établir que l'intéressé, résidant habituellement en France, présente un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une telle mesure d'éloignement.

9. S'il ressort pourtant des pièces du dossier que M. C a été opéré en 2021 d'une pyélonéphrite obstructive, qu'il a été pris en charge au service des urgences du centre hospitalier universitaire de Grenoble le 25 août 2023 suite à des traces de sang dans ses urines et qu'il est équipé d'une sonde urinaire en " double J " qui doit lui être retirée à l'occasion d'un rendez-vous au service de chirurgie urologique auquel il est convoqué le 15 septembre 2023, il n'en ressort pas qu'il aurait fait état de ces éléments pendant l'audition qui a suivi son interpellation le 4 septembre 2023. Dans ces conditions, le préfet ne disposait pas d'éléments d'information suffisamment précis sur l'état de santé de l'intéressé lui faisant obligation de saisir le collège de médecins avant de prendre la mesure d'éloignement en cause.

10. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 6 septembre 2023 par laquelle le préfet l'a obligé à quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

11. Aux termes de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office ". Aux termes de l'article L. 721-4 de ce code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". L'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales prévoit que : " Nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

12. L'intéressé fait valoir, à l'appui de sa requête, encourir des risques pour sa santé eu égard aux conséquences qu'aurait une rupture des soins engagés en France en cas de retour en Algérie. Comme cela a été dit au point 9, le préfet n'avait pas connaissance de ses problèmes de santé au moment de la décision attaquée, dont le requérant n'a pas fait état. En outre, bien qu'il justifie de pathologies et d'un suivi médical, M. C ne démontre pas qu'un retour en Algérie emporterait pour sa santé des conséquences d'une exceptionnelle gravité ni, qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé algérien, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Par suite, les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'ont pas été méconnues par la décision contestée.

13. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 6 septembre 2023 par laquelle le préfet a désigné le pays de destination.

En ce qui concerne le refus d'accorder un délai de départ volontaire :

14. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / 6° L'étranger, entré irrégulièrement sur le territoire de l'un des États avec lesquels s'applique l'acquis de Schengen, fait l'objet d'une décision d'éloignement exécutoire prise par l'un des États ou s'est maintenu sur le territoire d'un de ces États sans justifier d'un droit de séjour ; / 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

15. Il ressort des pièces du dossier que M. C ne peut justifier être entré régulièrement en France et qu'il n'a pas entrepris de démarches en vue de son admission au séjour. Il a, de plus, fait l'objet d'une précédente décision portant obligation de quitter le territoire français le 24 octobre 2021, qui n'a pas été exécutée. Il a également fait savoir, pendant son audition par les services de police, ne pas souhaiter quitter le territoire français. Il n'a enfin présenté aucune pièce d'identité ou document de voyage en cours de validité. Bien qu'indiquant être logé chez sa grand-mère, il se trouve ainsi dans les cas où, en application des dispositions de l'article L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète peut obliger un étranger à quitter le territoire français sans délai, le fait qu'il justifie d'un rendez-vous médical programmé le 15 septembre 2023 étant sans incidence.

16. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 6 septembre 2023 par laquelle le préfet a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :

17. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 (), l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

18. Lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où l'étranger fait état de circonstances humanitaires qui y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code précité, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

19. M. C ne démontrant pas l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sans délai dont il fait l'objet, il n'est pas fondé à se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de ces décisions à l'encontre de la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français.

20. D'une part, le préfet a refusé d'octroyer à M. C un délai de départ volontaire. Il se trouve donc dans le cas où, en application de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il fait l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français. Le requérant ne justifie d'aucune circonstance humanitaire faisant obstacle à ce qu'une telle mesure soit prise à en encontre puisqu'il est célibataire, sans enfant à charge, que sa présence sur le territoire national est relativement récente et qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, bien que sa grand-mère soit présente régulièrement en France. D'autre part, comme cela a été dit aux points précédents, l'intéressé a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, qu'il n'a pas exécutée. Enfin, M. C est défavorablement connu des services de police pour des faits de harcèlement, dégradation de bien privé et menace à l'encontre de son ancienne compagne ainsi que pour port sans motif légitime d'arme blanche de catégorie D et pour conduite d'un véhicule sans permis, sans assurance et sous l'emprise de stupéfiants. Dans ces conditions, en fixant à deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, la préfète n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas entaché sa décision de disproportion.

21. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 6 septembre 2023 par laquelle la préfète lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur les frais de l'instance :

22. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Dès lors, les conclusions présentées à ce titre par M. C doivent être rejetées.

D E C I D E

Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2023.

La magistrate désignée,

M. B La greffière,

F. Gaillard

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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