jeudi 14 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2307524 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | BOYER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 septembre 2023, M. F D, retenu au centre de rétention de l'aéroport Lyon Saint-Exupery, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer son admission à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 8 septembre 2023 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a prolongé d'une durée supplémentaire de 18 mois l'interdiction de retour sur le territoire français de 18 mois, qui lui a été opposée par arrêté du 19 octobre 2022, prolongée une première fois pour une durée d'un an par une décision du 12 décembre 2022, portant ainsi sa durée totale à quatre ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision litigieuse est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation administrative et familiale en France ;
- le préfet devra justifier de la délégation de signature ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et présente un caractère disproportionné au regard de sa situation personnelle et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, elle conduit à une expulsion automatique de l'ensemble de l'espace Schengen pour la même durée.
Le préfet du Puy-de-Dôme a produit des pièces qui ont été enregistrées le 14 septembre 2023.
Vu la décision attaquée ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à M. Delahaye.
Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delahaye, magistrat désigné ;
- les observations de Me Boyer, représentant M. D qui conclut aux mêmes fins que les requêtes par les mêmes moyens.
- les observations de Me Tomasi pour le préfet du Puy-de-Dôme qui conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé ;
- les déclarations de M. D, assisté par M. A E, interprète en langue arabe.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience conformément aux dispositions de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. F D, ressortissant algérien né le 29 juin 1996, doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 8 septembre 2023 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a prolongé d'une durée supplémentaire de 18 mois l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 18 mois qui lui a été opposée par arrêté du 19 octobre 2022, prolongée une première fois pour une durée d'un an par une décision du 12 décembre 2022, portant ainsi sa durée totale à quatre ans.
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions des articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.
3. En premier lieu, la décision litigieuse a été signée par M. C B, sous-préfet, directeur de cabinet, qui disposait d'une délégation de signature à cet effet par arrêté du préfet du Puy-de-Dôme du 31 août 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la décision en litige doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision contestée comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent et est, par suite, suffisamment motivée. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Puy-de-Dôme, qui n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de M. D n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation préalablement à son édiction.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants :1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; (). Compte tenu des prolongations éventuellement décidées, la durée totale de l'interdiction de retour ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, sauf menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
6. Par arrêté du préfet du Puy-de-Dôme du 19 octobre 2022, M. D s'est vu opposer une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de 18 mois. Par une décision du même jour, l'intéressé a été assigné à résidence dans l'arrondissement de Clermont-Ferrand pour une durée de 45 jours et a manqué aux obligations de présentation auprès des services de police résultant de cette mesure. Par une décision du 12 décembre 2022, le préfet du Puy-de Dôme a prolongé d'une année l'interdiction de retour opposée à l'intéressé et l'a de nouveau assigné à résidence par une décision du même jour, M. D s'étant une nouvelle fois soustrait à ses obligations de pointage. Par la décision en litige du 8 septembre 2023, le préfet du Puy-de Dôme a, sur le fondement des dispositions précitées du 1° de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, prolongé pour une durée supplémentaire de 18 mois l'interdiction de retour opposée à M. D au motif qu'il ne justifie d'aucune circonstance particulière pour ne pas avoir exécuté l'obligation de quitter le territoire sans délai prononcée à son encontre le 19 octobre 2022.
7. M. D fait valoir qu'il réside habituellement en France depuis 2021, qu'il y dispose d'attaches familiales et qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public. Toutefois, d'une part, il est constant que M. D s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai en exécution de l'arrêté du préfet du Puy-de-Dôme du 19 octobre 2022 et qu'il relevait en conséquence du cas prévu au 1°) de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile autorisant l'autorité administrative à prolonger l'interdiction de retour sur le territoire français qui lui a été opposée le même jour. D'autre part, M. D, célibataire sans enfant, ne produit aucune pièce de nature à établir l'existence alléguée de membres de sa famille sur le territoire français, alors qu'il ressort des pièces du dossier que l'intéressé est défavorablement connu des services de police pour des faits de " vol avec destruction ou dégradation " commis le 18 octobre 2022, dont il ne conteste pas la matérialité, et qu'il a par ailleurs été placé en garde à vue par les services de la direction départementale de la sécurité publique pour des faits de " vol aggravé ". Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Puy-de-Dôme, qui a pris en considération l'ensemble des critères mentionnés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a commis une erreur d'appréciation en prolongeant d'une durée supplémentaire de 18 mois l'interdiction de retourner sur le territoire français dont il a fait l'objet le 19 octobre 2022, prolongée une première fois pour une durée d'un an par une décision du 12 décembre 2022, et portant ainsi sa durée totale à quatre ans dans le respect des dispositions du dernier alinéa de l'article. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne ressort pas plus du dossier que cette décision présenterait un caractère disproportionné au regard de sa situation personnelle. Si le requérant soutient que la prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français en litige conduit à une expulsion automatique de l'ensemble de l'espace Schengen pour cette durée complémentaire, du fait de son inscription dans le système d'information Schengen, cette inscription, qui n'est qu'une conséquence de la décision en litige, n'a pas d'incidence sur la légalité de cette mesure.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1 : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F D et au préfet du Puy-de-Dôme
Rendu en audience publique le 14 septembre 2023.
Le magistrat désigné,
L. DelahayeLa greffière,
G. Montézin
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N°2307524
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026