vendredi 15 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2307598 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2023 à 16h57, M. B A demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 11 septembre 2023 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a prolongé la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français dont il fait l'objet ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique la somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle souffre d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est manifestement disproportionnée au regard de sa situation personnelle.
Des pièces, enregistrées le 14 septembre 2023, ont été produites par le préfet du Puy-de-Dôme.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Lyon a désigné Mme Lacroix pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-8 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lacroix, magistrate désignée ;
- les observations de Me Saidi, pour M. A ;
- les observations de Me Morisson-Cardinaud, substituant Me Tomasi, pour le préfet du Puy-de-Dôme qui conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- en présence de M. A, assisté de M. C, interprète.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant turque né le 25 septembre 1986, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an prise par le préfet du Puy-de-Dôme le 7 décembre 2022. A la suite de son interpellation et de la vérification de son droit au séjour en France, le préfet du Puy-de-Dôme, par l'arrêté attaqué du 11 septembre 2023, notifié le même jour à 17h40, a décidé de prolonger la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français dont il fait l'objet pour une durée d'un an. Par une décision du même jour, M. A a été placé en rétention administrative.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est ainsi suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux et complet de la situation de M. A.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : / 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; () Compte tenu des prolongations éventuellement décidées, la durée totale de l'interdiction de retour ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, sauf menace grave pour l'ordre public. ".
6. M. A soutient, d'une part, avoir été victime d'un accident de la route dans le cadre de son travail de chauffeur-livreur et avoir entamé une procédure de reconnaissance de son taux d'incapacité pour lui permettre d'obtenir à terme un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 426-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. A ce titre, il a des rendez-vous médicaux, dont le prochain est prévu le 18 septembre 2023, ainsi qu'en atteste les pièces médicales produites. Toutefois ces éléments ne sont pas de nature à considérer que M. A pouvait légalement se maintenir sur le territoire français en dépit de la mesure d'éloignement sans délai dont il faisait l'objet. D'autre part, il soutient avoir vécu en Italie entre 2006 et 2017, date de son entrée sur le territoire français, avoir rencontré son épouse avec qui il a deux enfants, de nationalité italienne, nés en 2009 et en 2012 et disposer de documents de séjours italiens valables jusqu'en 2025. Toutefois, ainsi que l'oppose le préfet en défense, il ressort des pièces du dossier, notamment du jugement du tribunal administratif de Clermont-Ferrand du 14 décembre 2022, que le titre de séjour italien de M. A a expiré le 2 avril 2016 et que les autorités italiennes ont refusé, le 2 septembre 2022, de le réadmettre sur leur territoire. Au demeurant, il n'établit pas la réalité et l'intensité des liens qu'il entretiendrait avec ses deux enfants. Dans ses conditions, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées à fin d'annulation de la décision du 11 septembre 2023, par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a prolongé la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français dont M. A fait l'objet, doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
8. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie perdante du remboursement par l'autre partie de ses frais d'instance. Par suite, les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent être rejetées.
D E C I D E
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 15 septembre 2023.
La magistrat désignée
A. LacroixLe greffier,
T. Clément
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026