mercredi 20 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2307715 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 16 septembre 2023 et 20 septembre 2023, M. C A, représenté par Me Cadoux, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les décisions du 14 septembre 2023 par lesquelles la préfète de l'Ain lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans l'attente du jugement du tribunal judiciaire de Lyon, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) à titre subsidiaire, de surseoir à statuer jusqu'à ce que le tribunal judiciaire de Lyon se soit prononcé sur la question préjudicielle relative à la nationalité française ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour ce dernier de renoncer au bénéfice de la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire des décisions en litige ;
- les décisions contestées sont insuffisamment motivées et entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- il ne pouvait pas faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, dès lors qu'il remplit les conditions prévues par l'article 21-12 du code civil pour faire constater sa nationalité française ; il appartiendra au tribunal d'adresser une question préjudicielle à l'autorité judiciaire ;
- l'obligation de quitter le territoire français en litige porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- le refus de délai de départ volontaire méconnaît les articles L. 612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français méconnaît les articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale.
La préfète de l'Ain a produit des pièces qui ont été enregistrées le 18 septembre 2023.
La présidente du tribunal a désigné Mme de Mecquenem, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 20 septembre 2023 :
- le rapport de Mme de Mecquenem ;
- les observations de Me Cadoux, avocate, pour M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, et soutient que l'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- les observations de M. A, requérant ;
- les observations de Me Iririra Nganga, substituant Me Tomasi, avocat, pour la préfète de l'Ain, qui conclut au rejet de la requête au motif que les moyens ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant de République de Guinée né le 3 juin 2003, M. A demande au tribunal d'annuler les décisions du 14 septembre 2023 par lesquelles la préfète de l'Ain lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
3. Les décisions en litige du 14 septembre 2023 ont été signées par M. D B, sous-préfet directeur de cabinet de la préfète de l'Ain, titulaire d'une délégation de signature à cet effet par arrêté de la préfète de l'Ain du 1er septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de ces décisions doit être écarté.
4. Les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait qui les fondent et sont, par suite, suffisamment motivées. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Ain, qui n'était pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de M. A, n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation préalablement à l'édiction des décisions en litige. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen dont seraient entachées ces décisions doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. Aux termes de l'article L. 110-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sont considérées comme étrangers au sens du présent code les personnes qui n'ont pas la nationalité française, soit qu'elles aient une nationalité étrangère, soit qu'elles n'aient pas de nationalité. ". Aux termes de l'article 29 du code civil : " La juridiction civile de droit commun est seule compétente pour connaître des contestations sur la nationalité française ou étrangère des personnes physiques. / Les questions de nationalité sont préjudicielles devant toute autre juridiction de l'ordre administratif ou judiciaire à l'exception des juridictions répressives comportant un jury criminel. ". Aux termes de l'article 30 de ce code : " La charge de la preuve, en matière de nationalité française, incombe à celui dont la nationalité est en cause. / Toutefois, cette charge incombe à celui qui conteste la qualité de Français à un individu titulaire d'un certificat de nationalité française délivré conformément aux articles 31 et suivants. " Il résulte des dispositions de l'article 30 du code civil que la charge de la preuve, en matière de nationalité française, incombe à celui dont la nationalité est en cause, sauf s'il est titulaire d'un certificat de nationalité française. Aux termes de l'article R. 771-2 du code de justice administrative : " Lorsque la solution d'un litige dépend d'une question soulevant une difficulté sérieuse et relevant de la compétence de la juridiction judiciaire, la juridiction administrative initialement saisie la transmet à la juridiction judiciaire compétente. Elle sursoit à statuer jusqu'à la décision sur la question préjudicielle. ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'exception de nationalité ne constitue, en vertu de l'article 29 du code civil, une question préjudicielle que si elle présente une difficulté sérieuse.
6. Aux termes de l'article 21-12 du code civil : " L'enfant qui a fait l'objet d'une adoption simple par une personne de nationalité française peut, jusqu'à sa majorité, déclarer, dans les conditions prévues aux articles 26 et suivants, qu'il réclame la qualité de Français, pourvu qu'à l'époque de sa déclaration il réside en France. / Toutefois, l'obligation de résidence est supprimée lorsque l'enfant a été adopté par une personne de nationalité française n'ayant pas sa résidence habituelle en France. / Peut, dans les mêmes conditions, réclamer la nationalité française : / 1° L'enfant qui, depuis au moins trois années, est recueilli sur décision de justice et élevé par une personne de nationalité française ou est confié au service de l'aide sociale à l'enfance ; / (). ". Aux termes de l'article 375 du code civil, dans sa rédaction applicable : " Si la santé, la sécurité ou la moralité d'un mineur non émancipé sont en danger, ou si les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises, des mesures d'assistance éducative peuvent être ordonnées par justice à la requête des père et mère conjointement, ou de l'un d'eux, de la personne ou du service à qui l'enfant a été confié ou du tuteur, du mineur lui-même ou du ministère public. Dans les cas où le ministère public a été avisé par le président du conseil départemental, il s'assure que la situation du mineur entre dans le champ d'application de l'article L. 226-4 du code de l'action sociale et des familles. Le juge peut se saisir d'office à titre exceptionnel. / () / La décision fixe la durée de la mesure sans que celle-ci puisse excéder deux ans. La mesure peut être renouvelée par décision motivée. / (). " Aux termes de l'article 375-1 du même code, dans sa rédaction applicable : " Le juge des enfants est compétent, à charge d'appel, pour tout ce qui concerne l'assistance éducative. / (). ". Aux termes de l'article 375-3 de ce code, dans sa rédaction applicable : " Si la protection de l'enfant l'exige, le juge des enfants peut décider de le confier : / () / 3° A un service départemental de l'aide sociale à l'enfance ; / (). " Aux termes de l'article 375-5 du même code : " A titre provisoire mais à charge d'appel, le juge peut, pendant l'instance, soit ordonner la remise provisoire du mineur à un centre d'accueil ou d'observation, soit prendre l'une des mesures prévues aux articles 375-3 (). / En cas d'urgence, le procureur de la République du lieu où le mineur a été trouvé a le même pouvoir, à charge de saisir dans les huit jours le juge compétent, qui maintiendra, modifiera ou rapportera la mesure. (). ".
7. Il résulte notamment des dispositions, citées au point précédent, des articles 375, 375-1, 375-3 et 375-5 du code civil, outre celles du code de l'action sociale et des familles régissant les conditions dans lesquelles les mineurs sont concrètement pris en charge par ces services ou les obligations pesant sur le président du conseil départemental en matière de protection de ces derniers, que la durée de trois années au moins pendant lesquelles un enfant doit avoir été confié au service départemental de l'aide sociale à l'enfance visée par les dispositions précitées du 1° de l'article 21-12 du code civil pour déclarer la nationalité française, correspond à la période pendant laquelle ce placement a été réalisé en vertu d'un jugement ou d'une ordonnance de l'autorité judiciaire, soit en urgence par le procureur de la République sous réserve de confirmation par le juge des enfants, soit par le juge des enfants.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. A a, le 2 juin 2021, souscrit devant la directrice des services de greffe du tribunal judiciaire de Bourg-en-Bresse une déclaration de nationalité fondée sur les dispositions précitées du 1° de l'article 21-12 du code civil. Un refus d'enregistrement de sa déclaration lui a été opposé au motif qu'il ne justifiait pas avoir été confié au service de l'aide sociale à l'enfance depuis au moins trois ans à la date de sa déclaration, condition posée par l'article 21-12. M. A a saisi le tribunal judiciaire de Lyon pour contester ce refus.
9. Le requérant soutient qu'il remplissait les conditions posées par l'article 21-12 du code civil lui permettant de faire constater sa nationalité française, et qu'il ne pouvait donc pas faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Toutefois, si M. A a été provisoirement recueilli par les services de l'aide sociale à l'enfance le 18 mai 2018, soit plus de trois ans avant la date de sa déclaration de nationalité, il n'a été confié au service de l'aide sociale de l'Ain que par une ordonnance du juge des enfants du tribunal de grande instance de Bourg-en-Bresse du 6 juin 2018. Dès lors, lorsque l'intéressé a souscrit sa déclaration de nationalité, il ne justifiait pas avoir été confié depuis au moins trois années au service de l'aide sociale à l'enfance et donc pouvoir réclamer, dans les conditions prévues par les dispositions citées ci-dessus, le bénéfice de la nationalité française. Par suite, l'exception de nationalité française invoquée par le requérant ne soulève pas de difficulté sérieuse imposant qu'il soit sursis à statuer dans l'attente de la décision judiciaire, et le moyen tiré de ce que M. A ne pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français dès lors qu'il est de nationalité française doit être écarté.
10. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
11. M. A est entré en 2018 en France, où il a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance et a été scolarisé. Toutefois, il est célibataire et sans charge de famille et ne justifie d'aucune attache familiale en France. En outre, le requérant, qui est défavorablement connu des services de police notamment pour des faits de violence et a d'ailleurs fait l'objet d'un rappel à la loi en 2021, ne justifie pas d'une insertion socio-professionnelle particulière sur le territoire français. Par ailleurs, il a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire français le 18 août 2021 et son recours formé à l'encontre de cette mesure d'éloignement a été rejeté par la cour administrative d'appel de Lyon le 8 juin 2023, laquelle a annulé un jugement du 23 juin 2022 du tribunal administratif de Lyon qui avait lui-même annulé la décision préfectorale pour erreur manifeste d'appréciation. Dans ces conditions, la mesure d'éloignement du 14 septembre 2023 n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. A une atteinte disproportionnée eu égard aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs et en l'absence d'argumentation distincte, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de cette mesure sur la situation personnelle du requérant doit être écarté.
En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
12. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
13. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. A, la préfète de l'Ain a relevé l'existence d'un risque de soustraction à la mesure d'éloignement prononcée à son encontre. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressé est dépourvu de document d'identité ou de voyage et ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local d'habitation, ayant lui-même déclaré lors de son audition être sans domicile fixe. Par ailleurs, alors que son recours formé à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet en 2021 a finalement été rejeté par la cour administrative d'appel de Lyon le 8 juin 2023, M. A s'est maintenu sur le territoire français. Dans ces conditions, et alors que le requérant ne justifie pas d'une circonstance particulière qui aurait dû conduire l'autorité préfectorale à considérer que le risque de soustraction n'était pas établi, le moyen tiré de la méconnaissance des articles cités au point précédent doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
14. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
15. M. A a fait l'objet d'une mesure d'éloignement pour laquelle aucun délai de départ volontaire n'a été accordé et entre dès lors dans les cas prévus aux dispositions précitées, pour lesquels l'autorité préfectorale doit assortir son obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour, sauf s'il existe des circonstances humanitaires de nature à justifier qu'une telle interdiction ne soit pas décidée. La situation personnelle de M. A ne relève pas de circonstances humanitaires au sens des dispositions précitées devant conduire la préfète à s'abstenir d'assortir la mesure d'éloignement sans délai d'une interdiction de retour sur le territoire français. M. A est célibataire, sans charge de famille, et n'a aucune attache familiale en France. En outre, il est connu pour des faits délictueux, la préfète n'ayant d'ailleurs pas commis d'erreur de fait en relevant dans son arrêté des faits de violence et de menace de crime ou délit. Enfin, il a fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français en 2021. Dans ces conditions, la préfète de l'Ain n'a pas fait une inexacte application des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni porté une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale en lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté.
16. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A à fin d'annulation et celles tendant à ce qu'il soit sursis à statuer doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
17. Compte tenu de ses motifs, le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête n° 2307715 de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la préfète de l'Ain.
Lu en audience publique le 20 septembre 2023.
La magistrate désignée,
S. de Mecquenem
Le greffier,
T. Clément
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026