mercredi 20 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2307742 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | MATHILDE MOULIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 septembre 2023, Mme A B, représentée par Me Moulin, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 5 juillet 2023 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne l'a rendue redevable, dans le cadre du dispositif de non-concurrence mis en place par les établissements publics de santé de la Loire, d'une indemnité fixée à 30% de la rémunération mensuelle moyenne perçue pendant ses six derniers mois d'activité au centre hospitalier universitaire, et fixé par conséquent cette indemnité à 1 667,41 euros par mois pendant une durée de vingt-quatre mois ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision en litige a pour effet de la priver de plus d'un tiers de ses revenus, après prélèvement à la source, pendant une période de vingt-quatre mois ; en tenant compte de cette indemnité, et alors que, mariée sous le régime de la séparation de biens et mère de trois enfants, elle doit contribuer à la moitié des dépenses du foyer, ses revenus, sous déduction de ce prélèvement, seront inférieurs à ses charges fixes, composées notamment d'une mensualité pour l'achat de sa maison, d'une mensualité pour un appartement à Lyon, de frais exposés pour le logement de sa fille ainée, scolarisée en classe préparatoire, et des autres dépenses fixes du couple ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens suivants :
* elle est fondée à exciper de l'illégalité de la décision du 1er juillet 2022 fixant les modalités de mise en œuvre de la clause de non concurrence, sur le fondement de laquelle est prise la mesure en litige ; cette décision est entachée d'une erreur de droit, en ce qu'elle a prévu un dispositif automatique, d'application générale et absolue, sans tenir compte notamment de l'ancienneté du praticien, ou de sa situation au moment de sa démission ; cette décision méconnaît également le principe de proportionnalité des mesures de police administrative ;
* la décision du 1er juillet 2022 méconnaît également les dispositions de l'article L. 6152-5-1 du code de la santé publique, en ce qu'elles ne fixent pas de règles de non-concurrence spécifiques par profession ;
* la décision du 5 juillet 2023 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que le directeur général du centre hospitalier universitaire ne pouvait se fonder sur le risque de concurrence engendré par d'autres praticiens exerçant une activité distincte de la sienne et que son remplacement a déjà été effectué au sein de l'établissement ; par ailleurs, elle ne disposait pas au sein du centre hospitalier universitaire d'une clientèle propre, mais coordonnait les soins support des patients pris en charge au sein de l'ICLN, de sorte que le risque de concurrence n'est pas démontré ; enfin, elle est médecin généraliste, qui ne constitue pas une profession en tension ;
* la décision du 5 juillet 2023 méconnaît le principe de l'individualisation et de la proportionnalité des sanctions ;
* le délai de convocation à l'entretien préalable prévu à l'article R. 6152-829 du code de la santé publique n'a pas été respecté ;
* le délai de notification de la décision prévu à l'article R. 6152-829 du code de la santé publique n'a pas été respecté.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 11 septembre 2023 sous le n° 2307564 par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision en litige.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Besse, président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes, d'une part, du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Selon les termes de l'article L. 522-3 dudit code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier, ou le cas échéant des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision litigieuse, qui la rend redevable d'une somme totale de 40 017,84 euros, sous forme d'une indemnité mensuelle de 1 667,41 euros pendant vingt-quatre mois, Mme B soutient qu'en tenant compte de cette indemnité, qui représente le tiers de ses revenus après prélèvement à la source, elle ne pourrait faire face à ses charges mensuelles. Toutefois, l'intéressée, qui dispose d'un salaire net mensuel de 6 105,94 euros, et est mariée, ne produit pas d'éléments suffisamment précis sur les charges mensuelles du foyer, ni sur la situation financière du couple, et sa capacité à faire face, pendant la durée de vingt-quatre mois en cause, à des dépenses qui seraient, selon ses allégations, légèrement supérieures à ses revenus. Au surplus, et en vertu de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, la contestation que pourrait former la requérante à l'encontre des différents titres de recettes qui doivent être émis en application de la décision, serait de nature à suspendre la force exécutoire de ces titres.
4. Dans ces conditions, et en l'état de l'instruction, l'exécution de la décision litigieuse ne peut pas être regardée comme caractérisant une situation d'urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de cette décision soit suspendue.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête présentées par Mme B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, y compris celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Copie en sera adressée au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne.
Fait à Lyon, le 20 septembre 2023.
Le juge des référés,
T. Besse
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026