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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2307954

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2307954

jeudi 23 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2307954
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU 9ème chambre
Avocat requérantSELARL BS2A BESCOU ET SABATIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 septembre 2023, M. C F, représenté par Me Sabatier (Selarl BS2A Bescou et Sabatier Avocats associés), demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 25 août 2023 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " et à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- les décisions attaquées ont été prises par une autorité incompétente, en l'absence de délégation de signature ;

En ce qui concerne la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :

- il n'est pas établi qu'un rapport médical a été rédigé et qu'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a été émis préalablement au refus de séjour ;

- il n'est pas non plus démontré qu'un avis aurait été rendu par un collège de trois médecins dûment et préalablement habilités par le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- il n'est pas davantage démontré que l'auteur du rapport médical n'a pas siégé au sein du collège de médecins ayant émis l'avis ;

- " il appartiendra à la préfète du Rhône de démontrer le caractère non obsolète de l'avis sur lequel elle se serait fondée " ;

- les vices de procédure entachant la légalité du refus de séjour contesté l'ont privé d'une garantie ;

- son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité ;

- il ne peut pas bénéficier d'un traitement approprié en Arménie, son pays d'origine ;

- cette décision de refus de séjour porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en conséquence de l'illégalité du refus de séjour ;

- cette décision méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée ;

En ce qui concerne la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire :

- cette décision est illégale en conséquence de l'illégalité des décisions de refus de séjour et d'obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- cette décision est illégale en conséquence de l'illégalité des décisions de refus de séjour et d'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La préfète du Rhône a produit des pièces qui ont été enregistrées les 27 septembre 2023 et 3 octobre 2023.

L'Office français de l'immigration et de l'intégration a produit des pièces qui ont été enregistrées le 4 octobre 2023.

M. F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 28 septembre 2023.

La présidente du tribunal a désigné Mme Allais pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.

Le rapport de Mme Allais, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. F, ressortissant arménien né le 13 mai 1969, est entré en France le 1er octobre 2017 accompagné de son fils D né en 2000. Sa demande d'asile a fait l'objet d'une décision de rejet de la part de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 30 avril 2018, confirmée le 23 janvier 2019 par la Cour nationale du droit d'asile.

2. Un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valide du 21 octobre 2019 au 20 avril 2020 a été délivré à M. F en qualité d'étranger malade. Il en a sollicité le renouvellement le 1er décembre 2020, et a complété sa demande le 23 janvier 2023 en se prévalant de ses liens personnels et familiaux sur le territoire français d'une part, et de motifs exceptionnels d'autre part.

3. Par des décisions du 25 août 2023, la préfète du Rhône a rejeté les demandes de titre de séjour présentées par M. F, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office. M. F demande au tribunal l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen dirigé contre l'ensemble des décisions attaquées :

4. L'arrêté attaqué a été signé par Mme A E, directrice des migrations et de l'intégration, qui disposait d'une délégation consentie à cet effet par un arrêté de la préfète du Rhône du 31 mai 2023 publié le lendemain au recueil des administratifs spécial de la préfecture. Le moyen tiré de l'incompétence de l'autorité signataire de l'acte attaqué manque dont en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne spécifiquement le refus de délivrance d'un titre de séjour :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ". Selon l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ". L'article 5 de l'arrêté susvisé du 27 décembre 2016 dispose quant à lui que : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport () ".

6. Tout d'abord, il ressort des pièces du dossier qu'un rapport médical a été établi sur l'état de santé de M. F le 30 mai 2023, et qu'un avis a été émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 7 juin 2023.

7. Il ressort ensuite de cet avis du 7 juin 2023 qu'il a été émis par un collège composé de trois médecins membres du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, et que le médecin rapporteur n'a pas participé à cet avis.

8. Il en résulte que M. F n'est pas fondé à contester la régularité de la procédure à l'issue de laquelle le refus de séjour qu'il conteste a été pris, étant précisé qu'en soutenant dans ses écritures " qu'il appartiendra à la préfète du Rhône de démontrer le caractère non obsolète de l'avis sur lequel elle se serait fondée ", le requérant ne conteste pas utilement la régularité de cette procédure.

9. En deuxième lieu, la partie qui justifie de l'avis d'un collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi.

10. Il ressort des pièces du dossier que M. F est suivi depuis 2017 à l'hôpital de la Croix-Rousse pour une hépatopathie sévère. Selon le docteur B, praticien hospitalier chef de service adjoint de l'institut d'hépatologie de Lyon, l'intéressé est porteur d'une cirrhose liée au virus de l'hépatite C. Malgré un traitement antiviral efficace, la cirrhose s'est compliquée de manifestations d'hypertension portale avec des varices œsophagiennes qui ont justifié des traitements endoscopiques, des décompensations ascitiques, des œdèmes des membres inférieurs et, plus récemment, une thrombose de la veine porte. Dans ce contexte, le docteur B atteste en septembre 2023 que l'état de santé de M. F nécessite une surveillance spécialisée de son hypertension portale avec des contrôles endoscopiques réguliers, des contrôles d'imagerie du fait d'un risque de carcinome hépatocellulaire et dans le cadre de la surveillance de sa thrombose porte.

11. Selon l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration précité, émis le 7 juin 2023, l'état de santé de M. F nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Il ressort en outre de cet avis que M. F peut voyager sans risque vers son pays d'origine.

12. D'une part, la préfète du Rhône s'étant appropriée cet avis, il n'est pas contesté que l'état de santé de M. F nécessite une prise en charge médicale dont le défaut est susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité.

13. D'autre part, si le requérant, fait valoir que la prise en charge et le traitement dont il a besoin sont indisponibles dans son pays d'origine, il n'a produit à l'appui de cette affirmation aucun élément de nature à contredire utilement l'avis du collège de médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration quant à la question de la disponibilité du traitement. A cet égard, l'attestation du docteur B datée du 11 septembre 2023 mentionnant que l'intéressé n'avait pas eu accès aux soins nécessités par son état de santé dans son pays d'origine avant son départ ne contredit pas l'avis, M. F ayant quitté son pays d'origine en 2017. Le requérant n'est, dans ces conditions, pas fondé à soutenir que le refus de séjour opposé à sa demande méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

14. En troisième lieu, selon l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Et aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

15. M. F se prévaut de son état de santé et de sa présence en France, avec son fils D, depuis août 2017. S'il est vrai que ce dernier fait preuve sur le territoire national d'une remarquable intégration et que par un jugement de ce jour le tribunal annule la mesure d'éloignement qui a été décidée à son encontre par la préfète du Rhône, il n'en demeure pas moins que M. F n'établit pas, ainsi qu'il a été dit précédemment, ne pas pouvoir être soigné dans son pays d'origine, dans lequel vivent son épouse et un autre de ses fils. Dans ces circonstances, M. F n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. Il ne ressort enfin pas des pièces du dossier que cette décision serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.

En ce qui concerne spécifiquement l'obligation de quitter le territoire français :

16. En premier lieu, M. F n'ayant pas démontré l'illégalité du refus de séjour, il n'est pas fondé à s'en prévaloir à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la mesure d'éloignement.

17. En deuxième lieu, si, aux termes du 9° de l'article L. 611-3, ne peut faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français " l'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ", il résulte de ce qui a été dit aux points 11 à 13 du présent jugement que M. F, qui n'établit pas l'indisponibilité du traitement dont il a besoin en Arménie, n'entre pas dans le champ d'application de ces dispositions.

18. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 15 précédent.

En ce qui concerne spécifiquement la décision octroyant un délai de départ volontaire de trente jours :

19. M. F n'ayant pas démontré l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à s'en prévaloir à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle un délai de trente jours lui a été octroyé pour exécuter la mesure d'éloignement.

En ce qui concerne spécifiquement la décision fixant le pays de renvoi :

20. En premier lieu, M. F n'ayant pas démontré l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à s'en prévaloir à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi.

21. En second lieu, selon l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

22. A l'appui du moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées, M. F expose qu'un retour dans son pays d'origine, qui est l'Arménie et non Haïti comme cela est mentionné dans les écritures de son avocat, l'expose à des mauvais traitements du fait qu'il y sera privé de toute prise en charge médicale adaptée. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le requérant n'établit pas, ainsi qu'il lui appartient, qu'il ne pourrait pas bénéficier en Arménie d'un traitement approprié à son état de santé.

23. Il résulte de tout ce qui précède que M. F n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions qu'il conteste.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

24. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions de la requête présentées à fin d'injonction sous astreinte ne peuvent, par suite, qu'être rejetées également.

Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :

25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante, la somme réclamée par le requérant au profit de son avocat sur le fondement combiné à celui de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. F est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C F, à Me Sabatier et à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.

La magistrate désignée,

A. Allais La greffière,

S. Lecas

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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