LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2307962

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2307962

jeudi 23 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2307962
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU 9ème chambre
Avocat requérantSELARL BS2A BESCOU ET SABATIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 septembre 2023, M. A B, représenté par Me Sabatier (Selarl BS2A Bescou et Sabatier Avocats associés), demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 25 août 2023 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sous trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", et à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- les décisions attaquées ont été prises par une autorité incompétente, en l'absence de délégation de signature ;

En ce qui concerne spécifiquement le refus de séjour :

- cette décision est entachée d'erreur de droit, en l'absence d'examen préalable, réel et sérieux de sa demande d'admission exceptionnelle par le travail ;

- cette décision porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée ;

- cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est illégale en conséquence de l'illégalité du refus de séjour opposé à sa demande ;

- elle porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée ;

En ce qui concerne les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de renvoi :

- elles sont illégales en conséquence de l'illégalité du refus de séjour opposé à sa demande.

La préfète du Rhône a produit des pièces qui ont été enregistrées les 27 septembre 2023 et 3 octobre 2023.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 28 septembre 2023.

La présidente du tribunal a désigné Mme Allais pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.

Le rapport de Mme Allais, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant arménien né le 12 mars 2000, est entré irrégulièrement en France le 1er octobre 2017, avec son père. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile les 15 octobre 2019 et 7 septembre 2020. En décembre 2019, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", en se prévalant de l'état de santé préoccupant de son père. Il a ultérieurement complété sa demande en se prévalant d'autres fondements, et sollicitant ainsi la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant et son admission exceptionnelle au séjour. Par les décisions contestées prises le 25 août 2023, la préfète du Rhône a refusé de délivrer à M. B un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Selon l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".

3. M. B, entré en France en 2017 à l'âge de 17 ans, justifie par les pièces versées au dossier d'une remarquable intégration dans la société française, par l'apprentissage de la langue, son parcours scolaire, son implication dans le tissu associatif et ses perspectives d'intégration professionnelle. En effet, le requérant, qui a suivi plusieurs semaines de stage d'apprentissage de la langue française, était inscrit au titre de l'année universitaire 2022-2023 en préparation du diplôme universitaire " passerelle - étudiants en exil " à l'université Jean Moulin Lyon 3. La coordinatrice administrative des formations à destination des étudiants en exil atteste à cet égard, le 18 novembre 2022, du sérieux et de l'assiduité de M. B, de ses progrès notables qui lui permettront de s'insérer sur le marché du travail en se basant sur ses compétences en orfèvreries, et témoigne de ce que l'intéressé " prouve par son attitude quotidienne qu'il est déterminé à s'intégrer et à s'insérer dans le tissu socio-économique français ". L'intéressé pratique par ailleurs la lutte sportive à un très haut niveau, et est impliqué dans la gestion et l'animation sportive de deux clubs, l'association lyonnaise Dojo Olympic et l'ASVEL Lutte. Il ressort de l'attestation émanant du dirigeant de ce dernier club que M. B a réalisé un " travail acharné " pour mener le club au meilleur niveau, et que si sa situation administrative le permet, son implication pourra se traduire, au sein du club, par le statut d'entraîneur. Enfin, le requérant avait également produit à l'appui de sa demande adressée à la préfète du Rhône une promesse d'embauche en qualité de carrossier en contrat à durée indéterminée, datée du 29 octobre 2020, émanant de la société Carstar. Il ressort de l'ensemble de ces éléments qu'en refusant de délivrer un titre de séjour à M. B, la préfète du Rhône a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'application des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens soulevés, que M. B est fondé à demander l'annulation du refus de séjour opposé à sa demande par la préfète du Rhône le 25 août 2023. Il est, par voie de conséquence, également fondé à demander l'annulation des décisions subséquentes du même jour par lesquelles la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

5. Les motifs du présent jugement impliquent nécessairement qu'il soit fait injonction à la préfète du Rhône de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Un délai d'un mois courant à compter de la notification du présent jugement est imparti à l'autorité administrative pour exécuter cette mesure d'injonction. Il n'y a en revanche pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette mesure d'une astreinte.

Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 200 euros au conseil de M. B par application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation de ce conseil à percevoir la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions du 25 août 2023 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de délivrer à M. B un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office sont annulées.

Article 2 : Il est fait injonction à la préfète du Rhône de délivrer à M. A B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera au conseil de M. B la somme de 1 200 euros par application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation par ce conseil à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A B est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Sabatier et à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.

La magistrate désignée,

A. Allais La greffière,

S. Lecas

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions