mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2308135 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | BONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 septembre 2023, M. B C A, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2023 par lequel la préfète du Rhône a décidé sa remise aux autorités espagnoles, responsables de sa demande d'asile ;
3°) d'annuler la décision du 27 septembre 2023 par laquelle la préfète du Rhône l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
M. A soutient que :
- il n'a pas pu rester en Espagne en raison de sa méconnaissance de la langue espagnole et a rejoint la France, pays dont il maîtrise la langue.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2023, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bodin-Hullin pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 octobre 2023 :
- le rapport de M. Bodin-Hullin, magistrat désigné,
- les observations de Me Bonnet, avocat pour M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, et ajoute que la décision de remise aux autorités espagnoles est insuffisamment motivée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 3 octobre 2001, déclare être entré en France le 9 juin 2023. L'intéressé a présenté une demande d'asile, le 27 juin 2023, auprès des services de la préfecture du Rhône. Toutefois, il est apparu après consultation du fichier Eurodac que l'intéressé avait déposé une demande d'asile en Espagne, le 25 avril 2023. Les autorités espagnoles ont été saisies, le 13 juillet 2023, d'une demande de reprise en charge de M. A sur le fondement de l'article 18 du règlement n° 604/2013 et ces autorités ont implicitement fait connaître leur accord pour la réadmission de l'intéressé le 1er août 2023. Par un arrêté du 27 septembre 2023, la préfète du Rhône a prononcé la remise de M. A aux autorités espagnoles, responsables de sa demande d'asile et par une décision du même jour a assigné le requérant dans le département du Rhône pour une durée de quarante-cinq jours. M. A demande au tribunal de prononcer l'annulation de ces décisions.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision prononçant la remise aux autorités espagnoles :
3. La décision attaquée du 27 septembre 2023 vise les articles L. 521-1 à L. 521-7 et l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. La décision contestée rappelle que M. A a été identifié en Espagne le 25 avril 2023 où il a demandé l'asile, et qu'en conséquence les autorités espagnoles ont été saisies le 13 juillet 2023, sur le fondement de l'article 18 du règlement précité, d'une demande de reprise en charge et ont fait connaître leur accord explicite pour la réadmission du requérant le 1er août 2023. Il résulte ainsi de ces éléments que la décision en litige comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et permet d'identifier les raisons pour lesquelles la préfète du Rhône a estimé que l'examen de la demande d'asile de M. A relevait de la responsabilité des autorités espagnoles. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. Aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4 () / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé. ".
5. M. A doit être regardé comme soutenant que l'article 5 du règlement précité a été méconnu. Il ressort des pièces produites en défense que M. A a bénéficié d'un entretien le 27 juin 2023 avec un agent du service compétent de la préfecture du Rhône en langue française au cours duquel il a pu exposer sa situation personnelle et familiale, le compte rendu de cet entretien, signé par le requérant étant versé à l'instance. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 5 du règlement du 26 juin 2013 susvisé, doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 27 septembre 2023 de la préfète du Rhône portant remise aux autorités espagnoles.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
7. M. A ne soulève aucun moyen spécifique à l'encontre de la décision prononçant son assignation à résidence.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 27 septembre 2023 par laquelle la préfète du Rhône l'a assigné à résidence.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2308135 de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A, à Me Bonnet et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
F. Bodin-Hullin
La greffière
C. Driguzzi La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026