LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2308158

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2308158

mercredi 18 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2308158
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantSCP MARLANGE-DE LA BURGADE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 septembre et 17 octobre 2023, M. F D, représenté par la Scp Marlange - De La Burgade, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 18 septembre 2023 du ministre de l'intérieur et des outre-mer le radiant des cadres pour inaptitude physique, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cet arrêté :

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de le réintégrer, provisoirement, comme élève commissaire de police et, à tout le moins, de réexaminer au plus vite, au regard des certificats médicaux produits, sa situation d'aptitude médicale pour le recrutement dans le corps des commissaires de police ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros en application de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée porte une atteinte grave et immédiate à sa situation ; en effet, il a débuté, le 4 septembre 2023, sa scolarité à l'Ecole nationale supérieure de la police qu'il a dû, subitement, interrompre, ce qui lui a fait perdre le bénéfice du concours externe ; en outre, il n'est pas envisageable d'attendre la décision du conseil médical supérieur qui n'est amené à se prononcer qu'à compter de la date à laquelle il disposera de son dossier, date qui demeure incertaine ; enfin, la décision attaquée lui fait perdre le bénéfice de son traitement comme élève-

-

commissaire sans qu'il n'ait droit à des indemnités de chômage, alors qu'il était nourri, logé et vêtu lors de sa scolarité ;

- sont propres à créer un doute sérieux, les moyens tirés : de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée,

d'un premier vice de procédure, en méconnaissance des dispositions de l'article 10 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986, en l'absence d'un des trois médecins psychiatres, lors de la séance du conseil médical ministériel en formation restreinte qui s'est tenue, le 12 septembre 2023, alors qu'il s'agissait d'apprécier pour la première fois d'une part, son aptitude c'est-à-dire celle d'une personne déclarant prendre un traitement pour corriger un trouble d'attention sans hyperactivité et d'autre part, son trouble de l'attention, le médicament prescrit et ses effets,

d'un deuxième vice de procédure, en méconnaissance des dispositions de l'article 9 du décret du 14 mars 1986, dès lors que son dossier n'a été instruit ni par le président ni par l'autre membre du conseil médical ministériel mais par un médecin généraliste qui n'est pas membre du conseil, qui au surplus a rendu l'avis médical d'inaptitude temporaire du 5 juillet 2023, ce qui le privait de toute objectivité et qui par ailleurs, s'est abstenu de recourir à l'expertise d'un médecin psychiatre agréé, l'avis ne se fondant d'ailleurs ni sur le certificat du professeur A, professeur des universités-praticien hospitalier (PU-PH), ni sur le certificat du docteur G, praticien attaché dans le service du professeur B à l'hôpital de la Pitié-

Salpêtrière, ni sur le certificat du professeur E, praticien hospitalier

d'un troisième vice de procédure dès lors que deux autres médecins, les docteurs Xerri et Mensah, qui ne sont pas membres dudit conseil, ont participé à la réunion du 12 septembre 2023, l'ont interrogé et sont demeurés dans la salle lors du délibéré,

de ce que l'avis dudit conseil et l'arrêté contesté ne sont pas motivés ; l'avis d'inaptitude en cause est plus défavorable que l'avis précédent qui prononçait son inaptitude temporaire d'un an ; le secret médical ne lui étant pas opposable, il est en droit de connaître les motifs de cet avis et notamment pourquoi d'une part, le conseil, et après lui l'arrêté attaqué, n'ont pas estimé pertinents les quatre avis précis et circonstanciés de psychiatres qu'il avait produits et d'autre part, en quoi, précisément, son trouble d'attention, tel que compensé par le traitement médicamenteux et dépourvu d'effets secondaires, conduisait à ne pas satisfaire aux exigences du seuil II, requis pour être commissaire de police.

de ce que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation et à tout le moins d'une inexactitude matérielle des faits ; en effet, ainsi que le prévoient les dispositions de l'article 11 de l'arrêté du 25 novembre 2022 pris en application du décret n° 95-654 du 9 mai 1945 relatif à l'appréciation des conditions de santé particulières exigées pour l'exercice des fonctions relevant des corps de fonctionnaires actifs des services de la police nationale, un traitement médicamenteux n'est pas, en soi, de nature à entrainer un avis d'inaptitude, dès lors que sa fonction compensatoire est satisfaisante,; son traitement, parfaitement adapté à sa constitution et à sa musculature, fait l'objet d'un suivi régulier, à la fois par un psychiatre qu'il consulte une fois par an, lequel décide d'adapter ou de poursuivre le traitement par la délivrance d'une ordonnance annuelle, et par son médecin généraliste, lequel renouvelle chaque mois l'ordonnance, à l'issue d'une consultation après avoir vérifié son poids et sa tension ; ce traitement n'entraîne ni les effets secondaires ni les effets indésirables parfois rencontrés ainsi que cela résulte des certificats produits, ni davantage de dépendance, de comportement hostile ou agressif, ou d'hallucinations, tels que décrits abstraitement par le ministre après lecture du dictionnaire Vidal ; la décision attaquée a ainsi été prise sur la base d'une information insuffisante des causes et des effets du traitement médicamenteux prescrit par son psychiatre, traitement en usage depuis 1944, qui bénéficie donc d'une pharmacovigilance très longue, quasi unique en médecine et unique en psychiatrie et qui se borne à permettre " une compensation du

handicap " conformément aux dispositions de l'article 51-2 du décret du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale ; les certificats médicaux produits sont circonstanciés, probants et émanent de quatre médecins spécialistes distincts dont l'un est professeur et auteur de travaux particulièrement reconnus en matière de traitement du trouble de l'attention ; ainsi l'avis d'inaptitude a été rendu sans procéder à un examen in concreto des documents médicaux versés mais en se fondant sur des considérations d'ordre général et dogmatique ; en outre, il importe peu que les quatre psychiatres qui l'ont examiné et/ou suivi ne soient pas médecins agréés puisque, d'une part, trois d'entre-eux sont praticiens hospitaliers, ce qui suffisait à permettre au conseil médical ministériel de se fonder sur leur avis en l'absence d'un membre psychiatre lors de la réunion du 12 septembre 2023, d'autre part, les médecins qui l'ont suivi pendant plusieurs années sont de ce seul fait particulièrement qualifiés pour émettre un avis sur son trouble d'attention (qualifié en l'occurrence de léger, avec un traitement à dosage modéré), sur l'effet compensatoire du traitement médicamenteux, l'absence d'effet secondaire et dès lors l'aptitude à exercer le métier de commissaire comme satisfaisant aux exigences du seuil II susmentionné ;

l'arrêté est manifestement disproportionné puisque, d'une part, l'administration n'a pas informé au préalable les candidats au concours de commissaire de police qu'elle s'opposerait par principe au recrutement de personnes prenant un médicament pour compenser un trouble de l'attention, tandis que ce concours considéré comme l'un des plus sélectifs de la fonction publique (40 reçus sur 1 200 inscrits) nécessite un ou deux ans de préparation, et que d'autre part, l'administration ne laisse même pas la possibilité d'être admis en cas d'arrêt du traitement, édictant au contraire un refus définitif et absolu ;

l'arrêté caractérise une discrimination au regard de l'état de santé, dans l'accès à un emploi public, en méconnaissance de l'article L. 131-1 du code général de la fonction publique dès lors que l'avis d'inaptitude médicale définitive le concernant est erroné, son traitement médicamenteux, loin de constituer une difficulté ou de poser un problème, contribuant à lui permettre d'être apte au métier de commissaire de police.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 octobre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que la décision attaquée ne porte atteinte à aucun droit acquis et qu'il est souhaitable d'attendre que le conseil médical supérieur ministériel statue sur son recours présenté à l'encontre de l'avis du conseil médical du 14 septembre 2023 ;

- aucun des moyens n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée ; en effet :

l'autorité signataire est compétente,

le requérant ne se prévaut d'aucune disposition légale ou réglementaire applicable qui imposerait la présence d'un médecin spécialiste lors de la séance du comité médical ministériel et en tout état de cause, dès lors que le conseil médical avait eu connaissance des rapports ou certificats médicaux rédigés par des médecins psychiatres, l'intéressé étant au surplus assisté de son propre médecin psychiatre, le conseil pouvait être considéré comme disposant de tous les éléments propres à éclairer son avis, l'absence d'un médecin spécialiste lors de la réunion du conseil médical ne prive dès lors l'intéressé d'aucune garantie ; ainsi le conseil médical était suffisamment éclairé ;

le conseil médical était régulièrement composé,

le requérant ne justifie pas de ce que les docteurs Xerri et Mensah auraient pris part aux débats lors de la réunion du conseil médical ministériel et seraient restés dans la salle lors du délibéré,

l'avis rendu, n'étant ni une peine ni une sanction, le moyen tiré de ce qu'il ne pouvait être plus sévère à l'avis initial du 5 juillet 2023 est inopérant.

le moyen tiré du défaut de motivation dudit avis, tenu au strict secret médical, est inopérant dès lors que seul l'arrêté portant radiation pour inaptitude physique du 18 septembre 2023 est contesté ; en tout état de cause, l'arrêté en litige est suffisamment motivé,

l'arrêté contesté n'est entaché d'aucune erreur d'appréciation, dès lors, d'une part que si le requérant fait état de ce qu'un traitement médicamenteux ne serait pas, en soi, de nature à entraîner un avis d'inaptitude dès lors que sa fonction compensatoire est satisfaisante, il est constant que les quatre certificats médicaux de médecins psychiatres sur lesquels il s'appuie pour caractériser l'erreur d'appréciation, sont établis par des médecins non agréés et par conséquent non habilités à apprécier son aptitude à exercer les fonctions auxquelles il prétend et dès lors, d'autre part, que les troubles de l'attention dont souffre le requérant, même traités, obèrent nécessairement sa capacité à exercer des missions aussi sensibles que celles de commissaire de police, en ce qu'elles requièrent notamment une gestion du stress et un sens des responsabilités, de la discrétion et de l'organisation,

le requérant n'apporte aucun élément de nature à justifier qu'il aurait subi une discrimination en raison de son état de santé dès lors que la fin de sa scolarité a été décidée afin de satisfaire aux conditions d'aptitude exigées pour exercer les missions de commissaire de police et qu'il se borne à affirmer qu'il est " parfaitement apte au métier de commissaire de police ".

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 28 septembre 2023 sous le n° 2308157 par laquelle M. D demande l'annulation de l'arrêté attaqué.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- le décret n° 95- 654 du 9 mai 1995 ;

- l'arrêté du 25 novembre 2022 pris en application du décret n° 95-654 du 9 mai 1945 relatif à l'appréciation des conditions de santé particulières exigées pour l'exercice des fonctions relevant des corps de fonctionnaires actifs des services de la police nationale

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Baux, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gaillard, greffière d'audience, Mme Baux a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me De La Burgade, représentant M. D qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens et qui après avoir rappelé le contexte du litige, précise que le trouble de l'attention de M. D est léger et diagnostiqué il y a quinze ans ; il ajoute que la condition d'urgence est remplie car la formation au sein de l'Ecole nationale supérieure de la police a débuté et qu'attendre que le juge du fond se prononce le conduirait à être privé d'une majeure partie de cette formation ; il rappelle qu'aucun médecin spécialiste n'a été consulté par le conseil médical ministériel qui n'a pas davantage diligenté d'expertise ; enfin, il souligne que la décision attaquée ne fait pas état des raisons qui ont conduit le ministre à

-

considérer que le trouble dont souffre le requérant serait incompatible avec les fonctions de commissaire de police et plus précisément en quoi sa pathologie et son traitement méconnaissaient les exigences posées par l'arrêté du 25 novembre 2022 relatif à l'appréciation des conditions de santé particulières exigées pour l'exercice des fonctions relevant des corps de fonctionnaires actifs des services de la police nationale, différentes en fonction du seuil de profil médical requis pour les fonctions ;

- les observations de M. C, représentant le ministre de l'intérieur et des outre-mer qui persiste dans ses conclusions.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience. Considérant ce qui suit :

1. M. D a été admis, sous réserve de l'agrément définitif de sa candidature et des résultats favorables à la visite médicale, au concours externe de commissaire de police au titre de l'année 2023. Le 5 juillet 2023, le médecin inspecteur régional des services centraux du ministère de l'intérieur et des outre-mer a émis à l'égard de M. D, un avis d'inaptitude médicale temporaire aux fonctions de commissaire de police, pour une durée d'un an. Par une ordonnance en date du 5 août 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Paris a, d'une part, suspendu la décision de refus de nomination de l'intéressé, révélée par l'avis du 5 juillet 2023 et d'autre part, enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de nommer provisoirement M. D, élève commissaire de police au sein de l'Ecole nationale supérieure de la police (ENSP) et de l'y inscrire pour la rentrée du 4 septembre 2023, jusqu'à ce que le comité médical ministériel se prononce sur son recours du 19 juillet 2023 et que l'autorité de nomination, le cas échéant, prenne une décision expresse sur le fondement de l'avis qu'il rendra. En exécution de cette ordonnance, M. D a intégré l'ENSP, le 4 septembre 2023. Par un avis du 12 septembre suivant, le conseil médical ministériel a émis un avis d'inaptitude physique définitive aux fonctions de commissaire de police à l'égard de M. D. En suivant, par l'arrêté en litige en date du 18 septembre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a mis fin à la scolarité du requérant pour inaptitude physique définitive et l'a radié des cadres. M. D demande notamment au juge des référés de prononcer la suspension de l'exécution de l'arrêté du 18 septembre 2023, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cet arrêté.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () " ; enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la

1.

situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'arrêté attaqué du 18 septembre 2023 par lequel le ministre de l'intérieur et des outre-mer l'a radié des cadres pour inaptitude physique définitive, M. D fait état de ce que la décision attaquée porte une atteinte grave et immédiate à sa situation dès lors, d'une part, que sa scolarité à l'ENSP a débuté depuis le 4 septembre 2023 et qu'il n'est pas envisageable d'attendre la décision du conseil médical supérieur qui n'est amené à se prononcer qu'à compter de la date à laquelle il disposera de son dossier, date qui demeure incertaine et d'autre part, que la décision attaquée lui fait perdre le bénéfice du concours de commissaire de police et de son traitement comme élève-commissaire. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la décision attaquée a pour effet de priver M. D du bénéfice de son admission au concours de commissaire de police et de ses attributs, soit notamment le versement d'un traitement et l'attribution d'un logement. En outre, dès lors que la formation à l'ENSP a débuté depuis le 4 septembre 2023, à supposer même que le comité médical supérieur le déclare finalement apte à l'emploi visé, la décision attaquée aura pour conséquence non seulement de le priver d'une majeure partie de la formation absolument nécessaire à l'exercice des fonctions de commissaire de police mais également, de décaler d'autant son évolution de carrière et son avancement. Ainsi, l'arrêté contesté doit être regardé comme causant un préjudice grave et immédiat à la situation du requérant et la condition d'urgence de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, comme remplie.

5. Enfin, les moyens tirés du défaut de motivation, du vice de procédure tiré de l'irrégularité de la composition du conseil médical ministériel qui s'est tenu le 12 septembre 2023, de l'erreur d'appréciation et de l'existence d'une discrimination au regard de l'état de santé dans l'accès à un emploi public en méconnaissance de l'article L. 131-1 du code général de la fonction publique sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté du 18 septembre 2023. Ainsi, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 18 septembre 2023 du ministre de l'intérieur et des outre-mer mettant fin à la scolarité de M. D pour inaptitude physique définitive et le radiant des cadres.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".

7. En l'espèce, eu égard aux motifs de suspension de l'arrêté contesté retenus par la présente ordonnance, il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de réintégrer, provisoirement, M. D, comme élève commissaire de police au sein de l'ENSP et ce, dès notification de la présente ordonnance et jusqu'à ce que le tribunal ait statué, au fond.

1.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. D et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 18 septembre 2023 par lequel le ministre de l'intérieur et des outre-mer a mis fin à la scolarité de M. D pour inaptitude physique définitive et l'a radié des cadres est suspendue.

Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer, dès notification de la présente ordonnance, de réintégrer, provisoirement, M. D, comme élève commissaire de police au sein de l'Ecole nationale supérieur de la police, jusqu'à ce que le tribunal ait statué, au fond.

Article 3 : L'Etat versera à M. D la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Lyon, le 18 octobre 2023.

La juge des référés,

A. Baux

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition, Un greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions