lundi 16 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2308247 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | PERRIER FABIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 octobre 2023, et un mémoire en réplique enregistré le 11 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Perrier, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision, la suspension de l'exécution de la décision 48 SI du 18 avril 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a notifié un retrait de quatre points à la suite d'une infraction commise le 1er avril 2023 à 12h22 à Virignin, lui a rappelé les pertes de points précédentes et l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il y a urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige, car il vit à la campagne, éloigné de tout transport en commun, et sans commerce de proximité ; âgé de 74 ans, il souffre de problèmes de santé, qui nécessitent un suivi régulier auprès de plusieurs médecins et l'obligent à se déplacer, alors d'une part que son épouse, elle-même atteinte de pathologies, ne peut conduire que sur de courtes distances, et d'autre part qu'il ne dispose pas de moyens financiers suffisants pour faire appel à un taxi ou un VTC ; enfin, il n'a jamais commis d'infraction de nature délictuelle ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; en effet :
* il n'a pas reçu les informations préalables au retrait de points prévues par les dispositions des articles L. 233-3 et R. 233-3 du code de la route ; en particulier, la mention du paiement de l'amende figurant sur le relevé intégral, s'agissant des infractions en date des 4 octobre 2020, 1er avril 2023 et 8 septembre 2021 ne permet pas d'apporter la preuve de l'information préalable ; il en est de même pour les infractions du 31 août 2203 et 3 novembre 2009 ;
* la décision ne prend pas en compte le fait qu'il a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière le 12 avril 2023 et ainsi récupéré quatre points sur son permis de conduire.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 octobre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il n'y a pas d'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige, dès lors que la décision est la conséquence de la négligence imputable au requérant, et que l'atteinte à la situation personnelle du requérant doit être mise en balance avec les exigences de la sécurité routière ; les éléments mis en avant par le requérant pour justifier de la condition d'urgence ne sont pas suffisamment étayés et en tout état de cause la gêne occasionnée au requérant, qui n'exerce plus d'activité professionnelle, ne peut justifier de l'urgence à suspendre la décision en litige ;
- les moyens soulevés ne sont pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige ; notamment, si la décision adressée à M. A ne fait pas mention des points qui lui ont été restitués, l'intéressé a effectivement bénéficié d'un ajout de quatre points, suite à son stage de sensibilisation à la sécurité routière, ainsi qu'en atteste le relevé d'information intégral et, en dépit de cet ajout, son solde de points reste nul ; l'absence d'information préalable aux retraits de points n'est pas démontrée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 2 octobre 2023 sous le n° 2308246 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision en litige.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Besse, président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Besse.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du 1er alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si ses effets sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse. Dans un litige relatif à la perte de validité d'un permis de conduire, le juge doit se livrer à une appréciation globale de la condition d'urgence et rechercher, notamment, si la décision dont la suspension est demandée répond, eu égard à la gravité ou au caractère répété des infractions au code de la route commises par l'intéressé sur une période de temps donnée, à des exigences de protection et de sécurité routière.
3. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision " 48 SI " en litige, M. A fait valoir qu'il est âgé de 75 ans, que son état de santé requiert qu'il consulte régulièrement des médecins, notamment pour le traitement de son diabète et le suivi cardiologique dont il bénéficie, et qu'habitant en zone rurale et ne pouvant avoir accès à des transports en commun ni prendre un taxi ou un VTC en raison de ses moyens financiers modestes, il doit se rendre à ses rendez-vous en voiture. Toutefois, les pièces produites permettent seulement d'établir que le requérant bénéficie de quelques rendez-vous médicaux de contrôle par an et il ne ressort pas suffisamment des pièces du dossier que l'épouse du requérant, qui soutient pouvoir conduire seulement sur de courtes distances, sans qu'aucun document ne vienne déterminer précisément les distances sur lesquelles elle pourrait conduire un véhicule, ne pourrait l'amener à ces rendez-vous ponctuels. En outre, la réalité et l'imputabilité au requérant des infractions d'où résulte la décision en litige ne sont pas discutées en l'état de l'instruction. Or, il ressort des pièces du dossier que le requérant s'est rendu coupable de onze infractions depuis mars 2016, dont un franchissement d'une ligne continue en octobre 2020, un refus de priorité à un carrefour en septembre 2021, le non-respect de l'arrêt à un stop en août 2021 et le non-respect de l'arrêt à un feu rouge en avril 2023, ayant occasionné les pertes respectivement de trois, quatre, quatre et quatre points. Au regard d'une part de cette accumulation d'infractions y compris récemment, qui ont conduit à ce que le solde de points affectés au permis de construire de M. A soit nul, en dépit des points qu'il a pu récupérer, en dernier lieu suite à un stage de sensibilisation à la sécurité routière, et qui révèle un manquement persistant aux règles de vigilance et de sécurité qui s'imposent à tous les conducteurs et caractérise un comportement routier dangereux pour lui-même et pour autrui, et, d'autre part, aux conséquences, énoncées précédemment, pour le requérant de la perte de validité de son permis de conduire résultant de la décision en litige, dont il n'a d'ailleurs demandé la suspension que plusieurs mois après sa notification, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le sérieux des moyens invoqués, de rejeter les conclusions de la requête, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Lyon, le 16 octobre 2023.
Le juge des référés,
T. Besse
La greffière,
C. Driguzzi
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026