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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2308415

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2308415

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2308415
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantSELARL BLT DROIT PUBLIC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 octobre 2023 et 4 octobre 2024, Mme B C, représentée par la SELARL AD Justitiam, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 août 2023 par laquelle le directeur du centre hospitalier (CH) du Forez a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de l'accident du 8 juin 2023 ;

2°) d'enjoindre au directeur du CH du Forez de reconnaitre l'imputabilité au service de l'accident dont elle a été victime le 8 juin 2023 et de la placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service avec toutes les conséquences de droit afférentes, dans le délai de trois mois suivant la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du CH du Forez une somme de 2 500 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le signataire de la décision attaquée était incompétent pour ce faire ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait dès lors que sa déclaration d'accident de service a bien été transmise dans les délais et qu'en tout état de cause le délai de quinze jours ne lui était pas opposable ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle a bien été victime d'un accident de service.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2024, le centre hospitalier du Forez, représenté par la SELARL BLT Droit public, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2024 pour le centre hospitalier du Forez n'a pas été communiqué en application des dispositions de l'article L. 611-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A, magistrate rapporteure,

- les conclusions de Mme Fullana Thevenet, rapporteure publique,

- les observations de Me Sengel pour Mme C et celles de Me Freger pour le CH du Forez.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, psychologue titulaire employée au sein du service de pédopsychiatrie du CH du Forez depuis juin 2006, soutient avoir été victime le 8 juin 2023 d'un accident de service causé par une altercation avec des collègues au cours d'une réunion de service. Par une décision du 8 août 2023, dont elle demande l'annulation, le directeur du CH du Forez a rejeté sa demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de cet accident au motif que celle-ci était tardive.

2. Aux termes de l'article L. 822-21 du code général de la fonction publique, " Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à : 1° Un accident reconnu imputable au service () ".

3. L'article 35-2 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière prévoit que " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à l'autorité investie du pouvoir de nomination dont il relève une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits / La déclaration comporte : 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Ce formulaire est transmis par l'autorité investie du pouvoir de nomination à l'agent qui en fait la demande, dans un délai de quarante-huit heures suivant celle-ci et, le cas échéant, par voie dématérialisée, si la demande le précise ;2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, s'il y a lieu, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant () ". Enfin, aux termes de l'article 35-3 du même décret : " I.-La déclaration d'accident de service ou de trajet prévue à l'article 35-2 est adressée à l'autorité investie du pouvoir de nomination dont relève le fonctionnaire, dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident / II.-Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 35-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale. () III.-Dans tous les cas, lorsque l'accident de service, l'accident de trajet ou la maladie professionnelle entraîne une incapacité temporaire de travail, le fonctionnaire adresse à l'autorité investie du pouvoir de nomination dont il relève, dans le délai de quarante-huit heures suivant son établissement, le certificat médical prévu au 2° de l'article 35-2 () / IV.-Lorsque les délais prévus aux I et II ne sont pas respectés, la demande de l'agent est rejetée. En cas d'envoi de l'avis d'interruption de travail au-delà de ce délai de quarante-huit heures, le montant de la rémunération afférente à la période écoulée entre la date d'établissement de l'avis d'interruption de travail et la date d'envoi de celui-ci à l'autorité investie du pouvoir de nomination peut être réduit de moitié () / Les délais prévus aux I, II et III ne sont pas applicables lorsque le fonctionnaire entre dans le champ de l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale ou s'il justifie d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes ".

4. Il résulte de ces dispositions que le bénéfice du congé pour invalidité temporaire imputable au service est subordonné à une demande en ce sens émanant du fonctionnaire, présentée dans les formes et délais qu'elles prévoient.

5. Pour rejeter la demande de Mme C, le directeur du CH du Forez s'est fondé sur la circonstance que si la requérante avait effectivement adressé un arrêt de travail à compter du 9 juin 2023, puis un arrêt de travail rectificatif en date du 11 juillet 2023, faisant état d'un accident de service, le formulaire prévu au 1° de l'article 35-2 du décret du 19 avril 1988 n'avait toutefois pas été transmis dans le délai de quinze jours prescrit par les dispositions du I. de l'article 35-3 du même décret, de sorte que sa transmission au 22 juillet 2023 était tardive et suffisait à justifier la décision en litige.

6. Si à l'appui de sa requête, Mme C produit plusieurs documents médicaux relatifs à l'accident de service dont elle soutient avoir été victime le 8 juin 2023 et à ses conséquences, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'arrêt de travail faisant état d'un accident de service est daté du 11 juillet 2023 et a été transmis à l'administration le 12 juillet suivant et que le formulaire de déclaration de service a été rempli et transmis le 22 juillet 2023. Par suite, il ne peut être tenu pour établi que Mme C a transmis, comme elle y était tenue, une déclaration complète d'accident de service dans les délais prescrits par les dispositions de l'article 35-3 du décret du 19 avril 1988. En outre, il n'est ni établi ni même allégué que Mme C entrerait dans le champ de l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale, qu'elle justifierait d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes. Enfin, si Mme C se prévaut du délai de deux ans, prévu au II. de l'article 35-3 du décret précité, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'aucun des arrêts de travail transmis par l'intéressée ne comporte les mentions relatives à la nature et au siège des lésions exigées au 2° de l'article 35-2 de ce même décret, de sorte que c'est bien le délai de quinze jours prévu au I. de l'article 35-3 du décret précité qui lui est opposable. Dans ces conditions, le directeur du CH du Forez était tenu, en application des dispositions précitées, de rejeter la demande de reconnaissance d'imputabilité au service. Par suite, l'ensemble des moyens articulés par Mme C à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation sont inopérants et doivent donc être écartés.

7. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 8 août 2023 par laquelle le directeur du CH du Forez a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de l'accident du 8 juin 2023.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de Mme C n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction de la requête ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la requérante dirigées contre le CH du Forez qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.

10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par le CH du Forez en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le CH du Forez au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au centre hospitalier du Forez.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Pascale Dèche, présidente,

Mme Ludivine Journoud, conseillère,

Mme Charlotte Pouyet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.

La rapporteure,

L. A

La présidente,

P. Dèche

La greffière,

S. Hosni

La République mande et ordonne à la directrice générale de l'agence régionale de santé Auvergne Rhône-Alpes en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière.

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