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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2308434

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2308434

lundi 9 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2308434
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantLEFEVRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 octobre 2023, M. B E, représenté par Me Lefevre, demande au tribunal :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 6 octobre 2023 par lequel la préfète de l'Ain lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a assigné à résidence dans l'Ain pour 45 jours ;

3°) d'enjoindre à la préfète de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 200 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté a été signé par un auteur incompétent pour édicter la totalité des décisions qu'il contient ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales puisqu'il vit en concubinage avec sa compagne en France, laquelle est enceinte, souffre de diabète et justifie d'un contrat à durée indéterminée ;

- elle est insuffisamment motivée en fait et n'a pas été précédé d'un examen particulier de sa situation, ses problèmes de santé n'étant pas mentionnés ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français étant illégale, la décision refusant un délai de départ volontaire et la décision fixant le pays de destination le sont en conséquence tout autant ;

- la décision lui refusant un délai de départ volontaire est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;

- l'interdiction de retour attaquée doit être regardé comme abrogeant la précédente interdiction de retour de deux ans dont il faisait l'objet ;

- l'interdiction de retour attaquée est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, par le fait qu'elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et par sa disproportion :

- la décision l'assignant à résidence est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, ses modalités étant particulièrement lourdes pour une personne qui travaille et attend un nouveau-né.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2021, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a délégué à Mme Marie Chapard les pouvoirs qui lui sont attribués en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 9 octobre 2023, Mme Marie Chapard a présenté son rapport et entendu :

- les observations de Me Lefevre, pour M. E, reprenant les conclusions et moyens de ses écritures, en faisant notamment valoir qu'il sollicite l'aide juridictionnelle provisoire, qu'il pensait exécuter les mesures d'éloignement en se rendant en Italie, que sa compagne, avec qui il vit depuis 5 ans est franco-tunisienne et enceinte de leur enfant, dont il a reconnu la paternité en mai 2023, qui sera français, que son faux titre italien n'a pas eu d'autre fin que celle de trouver un travail, que ses problèmes de santé n'ont pas été pris en compte par la préfète, que l'interdiction de retour abroge nécessairement les précédentes sauf à porter cette interdiction à cinq années et que les modalités de son assignation à résidence démontrent une erreur manifeste d'appréciation ;

- les observations de M. E, assisté de M. A G, interprète en langue arabe, qui a soutenu qu'il est entré en France pour la première fois en 2018, a effectué des allers retours avec l'Italie pensant exécuter ses mesures d'éloignement, qu'il habite depuis 5 ans avec sa compagne, qu'il a toujours travaillé et est aujourd'hui en contrat à durée indéterminée, a une formation de pizzaiolo et suivi des études jusqu'au secondaire, n'a que des cousins en France, ses parents étant en Tunisie, qu'il souhaiterait régulariser sa situation pour continuer à travailler dans la restauration.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant tunisien né le 20 avril 1995, entré irrégulièrement en France en avril 2022, demande l'annulation de l'arrêté du 6 octobre 2023 par lequel la préfète de l'Ain lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français et l'a assigné à résidence.

Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Le premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 dispose que " dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Aux termes de l'article 61 du décret susvisé du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence (). / L'admission provisoire est accordée par () le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle () sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. Au cas particulier, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. L'arrêté attaqué a été signé par M. F C, chef du bureau de l'éloignement et du contentieux, qui dispose d'une délégation de compétence en vertu d'un arrêté édicté par la préfète de l'Ain le 25 septembre 2023 et publié au recueil des actes administratifs du même jour. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cette décision manque en fait et doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 de ce code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. "

6. La décision portant obligation de quitter le territoire français en litige mentionne les conditions d'entrée et de séjour en France de M. E ainsi que les précédentes mesures d'éloignement doit il a fait l'objet. Elle fait état d'éléments quant à sa situation personnelle et familiale. Elle comporte ainsi l'énoncé des éléments de fait qui en constituent le fondement. Par ailleurs, le préfet n'était pas tenu de mentionner l'ensemble de la situation de l'intéressé. Cette décision satisfait donc à l'exigence de motivation prévue par l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes mêmes de l'arrêté attaqué, qui font état d'éléments de fait propres à la situation de l'intéressé, que la préfète n'aurait pas procédé, ainsi qu'elle y était tenue, à l'examen particulier de la situation de l'intéressé. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige serait entaché d'illégalité, faute d'avoir été précédé d'un examen particulier de l'affaire.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / () ".

8. M. E n'a pas été en mesure de présenter un passeport en cours de validité et n'a pas établi être entré régulièrement en France. Il ne justifie pas être titulaire d'un titre de séjour. Ainsi, il entre dans le cas visé au 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile où le préfet peut prononcer une obligation de quitter le territoire français.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Il appartient à l'autorité administrative qui envisage de procéder à l'éloignement d'un ressortissant étranger en situation irrégulière d'apprécier si, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour en France, ainsi qu'à la nature et à l'ancienneté de ses liens familiaux sur le territoire français, l'atteinte que cette mesure porterait à sa vie familiale serait disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision serait prise.

10. Il n'est pas sérieusement contesté que le requérant vit en concubinage avec sa compagne, laquelle serait de nationalité franco-tunisienne selon ses déclarations. Il ressort des pièces du dossier que le couple attend un enfant, dont l'intéressé a reconnu la paternité par un acte de reconnaissance daté du 27 septembre 2023. Il déclare à l'audience ne pas avoir d'autres attaches sur le territoire national et avoir ses parents en Tunisie, pays qu'il a quitté à l'âge de 23 ans et où il a donc passé la plus grande partie de son existence. Si M. E indique travailler en contrat à durée indéterminée dans la restauration, il ne produit cependant aucune pièce en attestant et il est constant qu'il a obtenu cet emploi en faisant usage d'un faux document d'identité italien. Dans ces conditions, et alors même que sa compagne partage sa nationalité tunisienne, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français en litige porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / ()".

12. M. E ne démontrant pas l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet, il n'est pas fondé à se prévaloir, par la voie de l'exception, de son illégalité à l'encontre des décisions fixant le pays de destination et lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire. En outre, s'agissant du délai de départ volontaire, il ressort des pièces du dossier que le requérant est entré irrégulièrement sur le territoire français, n'a pas demandé son admission au séjour, et n'a pas exécuté les précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Il se trouve ainsi dans le cas où, en application du 1° et du 5° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet peut obliger un étranger à quitter le territoire français sans délai.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 (), l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

14. M. E ne démontrant pas l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sans délai dont il fait l'objet, il n'est pas fondé à se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de ces décisions à l'encontre de la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

15. Lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où l'étranger fait état de circonstances humanitaires qui y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code précité, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

16. D'une part, le préfet a refusé d'octroyer à M. E un délai de départ volontaire et il se trouve donc dans le cas où, en application de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il fait l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français. Le requérant ne justifie d'aucune circonstance humanitaire faisant obstacle à ce qu'une telle mesure soit prise à en encontre. D'autre part, en fixant à un an la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, laquelle se substitue aux interdictions de retour précédentes et ne s'y ajoute pas, le préfet a pris en compte les éléments de la vie privée et familiale de l'intéressé tels que développés au point 10, mais également l'existence de précédentes mesures d'éloignement qui n'ont pas été exécutées. Il n'a ainsi pas fait une inexacte application de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni violé les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

17. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 732-3 de ce code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable une fois dans la même limite de durée ". L'article L. 733-1 de ce code dispose que : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie () ". Aux termes de l'article L. 733-2 du même code : " L'autorité administrative peut, aux fins de préparation du départ de l'étranger, lui désigner, en tenant compte des impératifs de la vie privée et familiale, une plage horaire pendant laquelle il demeure dans les locaux où il réside, dans la limite de trois heures consécutives par période de vingt-quatre heures () ". L'article R. 733-1 de ce code dispose que : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".

18. D'une part, une mesure d'assignation à résidence prise en application de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile consiste, pour l'autorité administrative qui la prononce, à déterminer un périmètre que l'étranger ne peut quitter et au sein duquel il est autorisé à circuler et, afin de s'assurer du respect de cette obligation, à lui imposer de se présenter, selon une périodicité déterminée, aux services de police ou aux unités de gendarmerie. D'autre part, si une décision d'assignation à résidence prise en application de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit comporter les modalités de contrôle permettant de s'assurer du respect de cette obligation et notamment préciser le service auquel l'étranger doit se présenter et la fréquence de ces présentations, ces modalités de contrôle sont divisibles de la mesure d'assignation elle-même.

19. L'arrêté attaqué prévoit que M. E devra se présenter les lundis, mercredis, vendredis et dimanches avant midi au commissariat de Bourg-en-Bresse pour faire constater qu'il respecte l'assignation à résidence dont il fait l'objet. Il n'établit pas que ces modalités seraient incompatibles avec l'exercice d'une activité professionnelle ou avec l'état de grossesse de sa compagne.

20. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 6 octobre 2023.

DÉCIDE :

Article 1 : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et à la préfète de l'Ain.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2023.

La magistrate désignée,

M. D,

Le greffier,

T. Clément

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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