LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2308591

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2308591

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2308591
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantFRERY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 octobre 2023, M. A C, représenté par Me Fréry demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 10 février 2023 par laquelle le préfet de l'Ain a refusé d'enregistrer sa demande de délivrance d'un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à titre principal à la préfète de l'Ain de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) d'enjoindre à titre subsidiaire à la préfète de l'Ain de lui octroyer un rendez-vous afin qu'il puisse faire enregistrer sa demande de titre de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative, et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cette dernière renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la décision de refus d'enregistrement attaquée est dépourvue de motivation ;

- l'absence de motivation révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- la décision attaquée méconnaît son droit d'être entendu prévu par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en méconnaissance de l'article L.112-3 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle méconnaît les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que la décision attaquée n'est qu'une décision confirmative de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour opposée au requérant le 8 juin 2022 ;

- aucun des moyens de la requête de M. C n'est fondé.

Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle n°2023/003952 du 31 août 2023, M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signé à New York le 26 janvier 1990 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de Mme B, magistrate rapporteure,

- et les observations de Me Tronquet substituant Me Fréry pour M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, né le 27 avril 1987 à Achtarak (ex-URSS), de nationalité arménienne, déclare être entré en France le 7 décembre 2016. Il a déposé une demande de protection internationale le 18 janvier 2017 qui a été rejetée tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, que par la Cour nationale du droit d'asile en dernier lieu le 12 juillet 2018. Le 10 août 2018, le préfetde l'Ain a pris à son encontre une décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Le 5 septembre 2019, M. C a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par un arrêté du 25 septembre 2019 le préfet de l'Ain a refusé de lui délivrer le titre de séjour demandé. La légalité de cette décision a été confirmée par le tribunal administratif de céans le 28 janvier 2021. Le 20 décembre 2021, M. C a sollicité son admission au séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 8 juin 2022 cette demande a de nouveau été refusée par la préfète de l'Ain. Le 10 février 2023, l'intéressé a réitéré son dépôt d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur les mêmes fondements que précédemment. La préfète de l'Ain a refusé d'enregistrer cette demande par une décision du même jour notifiée par voie administrative au guichet. M. C demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, la décision en litige mentionne les considérations de droit et de fait sur lesquelles la préfète de l'Ain s'est fondée, ainsi que des éléments propres à la situation personnelle de M. C et fait notamment référence à la décision du 8 juin 2022 par laquelle la préfète lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour. Elle est ainsi suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

3. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs qu'exposés ci-dessus, la décision attaquée fait référence à une précédente décision de refus de délivrance de titre de séjour opposée au requérant le 8 juin 2022, dont il ressort des pièces du dossier qu'elle est réputée notifiée au 10 juin 2022, ainsi qu'au caractère dilatoire et abusif de la nouvelle demande de titre de séjour présentée par M. C sans qu'il ne fasse valoir d'élément nouveau susceptible de permettre un nouvel examen de sa situation. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation personnelle du requérant doit être écarté.

4. En troisième lieu, le droit d'être entendu, notamment énoncé par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne (UE) et affirmé par un principe général du droit de l'UE, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décisiondéfavorable, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français. Une atteinte à ce droit garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

5. En l'espèce, M. C indique lui-même dans ses écritures qu'après avoir sollicité le 13 juin 2022 la communication des motifs de la décision implicite de rejet sur sa demande de titre de séjour du 20 décembre 2021, il a sollicité l'enregistrement d'une nouvelle demande de titre de séjour et a obtenu le 23 janvier 2023, l'octroi d'une date de rendez-vous fixée au 10 février suivant à 8 heures 30. Il est constant que M. C a bien été reçu au guichet de la préfecture de l'Ain le 10 février 2023, où il a pu faire valoir ses observations et où la décision attaquée lui a été notifiée par voie administrative. Par suite, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision de refus d'enregistrement attaquée méconnaît les stipulations susvisées de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'UE.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception. / Les dispositions de l'alinéa précédent ne sont pas applicables : 1° Aux demandes abusives, notamment par leur nombre ou leur caractère répétitif ou systématique ; (). ".

7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, outre l'obligation de quitter le territoire français qui lui a été opposée le 10 août 2018 à la suite du rejet définitif de sa demande d'asile et qu'il n'a pas exécutée, M. C a introduit deux demandes de titre de séjour antérieures. La première sur le fondement de l'article L.313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, le 5 septembre 2019, qui a fait l'objet d'une décision de refus le 25 septembre suivant, et la deuxième introduite le 20 décembre 2021 sur le fondement des articles L.423-23 et L.435-1 du code précité, ayant fait l'objet d'une décision de refus le 8 juin 2022. Par ailleurs, dans le cadre de sa troisième demande de titre de séjour introduite le 10 février 2023, M. C n'a fait valoir aucun élément nouveau au guichet de la préfecture. Il justifiait d'ores et déjà d'une promesse d'embauche antérieure examinée par les services de la préfecture de l'Ain et celle produite en pièce-jointe de la requête datée du 4 octobre 2023 est postérieure à la date de la décision attaquée. C'est sans commettre d'erreur de droit que la préfète de l'Ain a considéré que sa demande était dilatoire et abusive dès lors que ses demandes présentent un caractère répétitif. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.

8. En dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". D'autre part, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".

9. Un refus d'enregistrement d'une demande de titre de séjour ne porte pas par lui-même une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de refus sur la situation personnelle de l'intéressé, doivent être écartés en ce qu'ils sont inopérants. En outre, la décision attaquée qui se borne à refuser l'enregistrement d'une nouvelle demande de titre de séjour de l'intéressé qui ne fait,par ailleurs, pas l'objet d'une mesure d'éloignement exécutoire, n'a pas pour effet de séparer M. C de ses enfants mineurs. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer en Arménie, pays d'origine de M. C et de son épouse. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

10. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du 10 février 2023 par lequel la préfète de l'Ain a refusé d'enregistrer sa demande de délivrance d'un titre de séjour doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au bénéfice du conseil de M. C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la préfète de l'Ain.

Copie en sera adressée à Me Fréry.

Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Pascale Dèche, présidente,

Mme Marie-Laure Viallet, conseillère,

Mme Ludivine Journoud, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.

La rapporteure,

L. B

La présidente,

P. Dèche

La greffière,

N. Boumedienne

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Une greffière.

N°2308591

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions