mercredi 18 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2308698 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | MASSOL |
Vu les procédures suivantes :
Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2023, et un mémoire complémentaire, enregistré le 18 octobre 2023, M. D F, retenu au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry (69125 Lyon - Saint Exupéry), représenté par Me Massol, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 13 octobre 2023 par lequel la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 6 mois ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire dans le délai de quinze jours ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- les décisions sont entachées d'incompétence ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il peut bénéficier d'un titre de séjour de plein droit en application des dispositions du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions des articles L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
- la décision portant refus de délai de départ volontaire méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français méconnaît les articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est disproportionnée au regard de sa situation personnelle ;
- les faits qui lui sont reprochés sont insuffisants pour caractériser un danger réel et actuel pour l'ordre public.
La préfète du Rhône a produit des pièces, enregistrées le 17 octobre 2023.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 18 octobre 2023, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Massol, représentant M. F, qui indique se désister des moyens relatifs à l'incompétence du signataire des décisions et maintient et développe oralement les moyens soulevés dans les écritures. Elle soutient en outre, que la décision est entachée d'une erreur de fait s'agissant de son logement à Saint-Bonnet-de-Mûre ; que le requérant est éligible, du fait de sa nationalité algérienne, à un titre de séjour de plein droit dès lors qu'il est père d'un enfant français sur lequel il exerce l'autorité parentale ; que l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre méconnaît les dispositions du 5) de l'article L. 611-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; qu'il est présent en France depuis 8 ans et que la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre est excessive,
- les observations de M. C, représentant la préfète du Rhône, qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés. Il indique notamment que le requérant se maintient illégalement sur le territoire français depuis 2015, notamment sous la fausse identité de M. A B, ressortissant tunisien, sous laquelle il a déjà fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement, est connu très défavorablement des services de police et a été condamné à deux peines d'emprisonnement ; que si le requérant se prévaut désormais de la nationalité algérienne, sa présence en France constitue une menace pour l'ordre publique ; qu'il ne justifie pas de sa présence continue en France ; qu'il a eu des déclarations contradictoires sur sa situation matrimoniale, y compris après son mariage ; que le mariage avec une ressortissante française dont il se prévaut est récent et qu'aucun élément ne corrobore l'existence de la vie commune et le fait que le requérant contribuerait à l'entretien et l'éducation de son enfant ; qu'il n'est pas fondé à se prévaloir des stipulations du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ; qu'il ne justifie pas de son insertion professionnelle ; qu'il n'existe pas d'obstacle à ce qu'il retourne dans son pays d'origine.
- et les observations de M. F qui confirme expressément qu'il a utilisé l'identité de G A B, ressortissant tunisien sous laquelle il est connu défavorablement des services de police et sous laquelle il a déjà fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement, incarcérations et placements en rétention. Il indique également qu'il souhaite rester en France auprès de son fils qui est malade.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D F, ressortissant algérien né le 14 novembre 1991, demande l'annulation des décisions du 13 octobre 2023 par lesquelles la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. F au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
3. En premier lieu, l'arrêté contesté comporte la mention des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré du défaut de motivation doit, par suite, être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'avant d'édicter les décisions en litige, la préfète du Rhône a pris en compte les conditions d'entrée et de séjour de M. F en France, notamment son maintien sous l'identité de M. G A B, l'existence d'une décision d'éloignement assortie d'une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre et non exécutée malgré sa validation par jugement du tribunal administratif de Lyon du 25 février 2022, et le fait qu'il est très défavorablement connu des services de police sous cette identité pour avoir été signalé à onze reprises pour des faits de vol avec violence et dégradation ou détérioration de bien par moyen dangereux pour autrui ayant entrainé une incapacité supérieure à huit jours . Elle a également pris en compte le mariage de M. F avec une ressortissante française et l'existence d'un enfant né de cette union en relevant que le requérant n'établissait pas subvenir aux besoins et à l'éducation de cet enfant. Enfin, elle a relevé que le requérant ne s'est pas présenté au rendez-vous fixé le 9 janvier 2023 à la préfecture pour le dépôt d'une demande de titre de séjour. Dans ces conditions la préfète du Rhône a bien procédé, à un examen complet et particulier de la situation personnelle du requérant avant d'édicter les décisions en litige. Le moyen tiré de l'absence d'un tel examen doit être écarté.
5. En troisième lieu, si le requérant se prévaut d'un calendrier de paiement établi par EDF mentionnant son nom et celui de son épouse, et une attestation d'hébergement établie par cette dernière, ces documents ne suffisent pas à démontrer que la décision serait entachée d'une erreur de fait s'agissant de la stabilité de son hébergement. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du Rhône aurait pris d'autres décisions si elle avait considéré que M. F justifiait d'un logement stable.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, aux termes des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () / 4. Au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins. Lorsque la qualité d'ascendant direct d'un enfant français résulte d'une reconnaissance de l'enfant postérieure à la naissance, le certificat de résidence d'un an n'est délivré au ressortissant algérien que s'il subvient à ses besoins depuis sa naissance ou depuis au moins un an ; / () ". Ces stipulations ne privent pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant algérien la délivrance d'un certificat de résidence lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public.
7. Il ressort des pièces du dossier que M. F a fait l'objet de multiples signalements notamment sous l'identité de G A B pour les faits rappelés au point 4 ci-dessus. Ces signalements dont certaines sont récents concernent des faits répétés et graves. Il a notamment été condamné le 11 février 2019 pour des faits de vol en réunion et rébellion à une peine d'emprisonnement de 3 mois, puis le 14 mars 2019 à une peine de 8 mois pour des faits de vol aggravé par deux circonstances, en récidive. M. F, indique également qu'il n'a pas pu se rendre, début 2023, au rendez-vous à la préfecture pour déposer son dossier de demande de titre car il était incarcéré. Enfin, il a été interpelé le 12 octobre 2023, en possession d'une fausse carte d'identité portugaise. Compte tenu de la gravité de ces faits et de leur caractère récent et répété, le requérant doit être regardé comme représentant une menace grave et actuelle pour l'ordre public. Ainsi, il n'est pas susceptible de se voir délivrer un titre de séjour de plein droit, notamment en qualité de parent d'un enfant français. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement prise à son égard serait entachée d'erreur de droit.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français :/ () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; (). ". Aux termes des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ;
9. Si M. F soutient que le centre de ses intérêts se trouve désormais en France et qu'il souhaite pouvoir être présent pour son fils, il n'établit pas, par les pièces qu'il produit, contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de celui-ci. Dans ces conditions il n'est pas fondé à se prévaloir des dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, le requérant dont les déclarations sur sa situation familiale ont varié au cours de ses auditions, ne justifie d'aucune insertion sur le territoire français et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait dépourvu d'attaches privées et familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, et au regard de ce qui a été dit aux points 4 et 7 sur son comportement, la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et ne méconnaît pas les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes raisons la décision l'obligeant à quitter le territoire français n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation.
10. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants (), l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Dans les circonstances rappelées ci-dessus, M. F n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'intérêt supérieur de son fils.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
11. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :/ 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
12. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. F n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision lui refusant un délai de départ volontaire.
13. En deuxième lieu, M. F ne conteste pas être entré irrégulièrement en France et, par suite, relever des prévisions du 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant d'établir l'existence d'un risque de soustraction à la mesure d'éloignement. Dès lors, ce motif suffit à lui seul à fonder la décision contestée et c'est sans méconnaître les dispositions des articles L. 612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la préfète du Rhône a pu lui refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire. Par ailleurs, le requérant ne justifie d'aucune circonstance particulière au sens des dispositions précitées. Il n'est donc pas fondé à soutenir que la décision lui refusant un délai de départ volontaire méconnaît les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois :
14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. F n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français à son encontre.
15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
16. M. F s'est vu refuser tout délai de départ volontaire pour exécuter l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre. Dès lors, seules des circonstances humanitaires pouvaient faire obstacle à ce que soit prononcée à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. Il ressort des pièces du dossier que la préfète a fixé la durée de l'interdiction de retour au regard des critères énoncés à l'article L. 612-10 précité. Or l'intéressé représente compte-tenu de ce qui a été rappelé ci-dessus, une menace grave et actuelle pour l'ordre public. Il a fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement qu'il n'a pas exécutées. Il ne justifie pas entretenir des liens quelconques avec son épouse et son fils. Dans ces conditions, et en tout état de cause, il n'est pas établi que des circonstances humanitaires justifieraient que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour. Dans ces conditions la préfète du Rhône n'a pas méconnu les dispositions précitées en lui interdisant de retourner sur le territoire français pour une durée de six mois. Elle n'a pas davantage commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. F doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1 : M. F est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. F est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D F et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2023.
La magistrate désignée,
C. Rizzato,
Le greffier,
T. Clément
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026