mardi 30 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2308992 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | PAQUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 octobre 2023, Mme A B, représentée par Me Paquet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 juillet 2023 par lequel le préfet de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui délivrer dans un délai de huit jours une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler durant le temps de l'édiction de son titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans un délai de huit jours une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler durant le temps de ce réexamen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros H.T. à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- les décisions sont entachées d'une insuffisance de motivation, d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'une erreur d'appréciation des faits ; le préfet n'a pas examiné si elle entrait dans la catégorie des étrangers protégés contre l'éloignement en vertu de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision vise l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ne lui est pas applicable ;
- il y a lieu pour le tribunal d'ordonner avant dire droit, la communication de la preuve de la tenue d'une conférence audiovisuelle ou téléphonique ainsi que les extraits THEMIS relatifs à l'instruction de son dossier et donc de sa demande de titre afin que le préfet apporte la preuve que la délibération collégiale des trois médecins a bien eu lieu ;
- la procédure suivie est irrégulière dès lors que le préfet doit justifier de la saisine et de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), que le médecin rapporteur a siégé au sein du collège de médecins en méconnaissance de l'article R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et que le caractère collégial de la délibération du collège des médecins de l'OFII n'est pas établi en méconnaissance de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 ;
- le préfet de la Loire a méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation médicale ;
- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les décisions contestées méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le préfet a méconnu l'étendue de sa compétence en ne faisant pas usage de son pouvoir de régularisation ;
- la décision fixant le pays de destination méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 décembre 2023, le préfet de la Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 6 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 décembre 2023.
Mme B a été admise à l'aide juridictionnelle totale, par une décision du 29 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté modifié du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bardad, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante albanaise, née le 12 juillet 1972, est entrée régulièrement en France le 26 février 2022. Elle a sollicité l'asile, le 6 avril 2022, sa demande a fait l'objet d'une décision de rejet par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFPRA), le 27 juin 2022. La requérante a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, le 12 janvier 2023. Mme B a présenté une demande de titre de séjour, le 27 janvier 2023, sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 7 juillet 2023, le préfet de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme B demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, les décisions attaquées énoncent les motifs de droit et de fait sur lesquelles elles sont fondées. L'autorité administrative n'était pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de Mme B. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes des décisions attaquées que le préfet de la Loire, qui n'était pas tenu comme il a été dit ci-dessus de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation de l'intéressée, n'aurait pas procédé à l'examen particulier de la situation de Mme B ni davantage qu'il aurait commis une erreur d'appréciation des faits à cet égard, alors même que ces décisions, qui font état de l'absence d'obstacle à ce qu'elle quitte le territoire français, ne précisent pas que le préfet a examiné si l'intéressée entrait dans la catégorie des étrangers protégés contre l'éloignement en vertu de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. En troisième lieu, la circonstance que la décision attaquée mentionne à tort l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile résulte d'une erreur matérielle sans incidence sur la légalité de cette décision. L'autorité administrative a cité régulièrement les dispositions de l'article L. 425-9 du même code, applicables à la requérante, et s'est fondée sur ces dispositions pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par l'intéressée en qualité d'étrangère malade.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 27 décembre 2016 : " Au vu du certificat médical et des pièces qui l'accompagnent ainsi que des éléments qu'il a recueillis au cours de son examen éventuel, le médecin de l'office établit un rapport médical, conformément au modèle figurant à l'annexe B du présent arrêté ". Aux termes de l'article 5 de cet arrêté : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport () ". Enfin, aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 5 janvier 2017 : " Les conséquences d'une exceptionnelle gravité résultant d'un défaut de prise en charge médicale, mentionnées au 11° de l'article L. 313-11 du CESEDA, sont appréciées sur la base des trois critères suivants : degré de gravité (mise en cause du pronostic vital de l'intéressé ou détérioration d'une de ses fonctions importantes), probabilité et délai présumé de survenance de ces conséquences. / Cette condition des conséquences d'une exceptionnelle gravité résultant d'un défaut de prise en charge doit être regardée comme remplie chaque fois que l'état de santé de l'étranger concerné présente, en l'absence de la prise en charge médicale que son état de santé requiert, une probabilité élevée à un horizon temporel qui ne saurait être trop éloigné de mise en jeu du pronostic vital, d'une atteinte à son intégrité physique ou d'une altération significative d'une fonction importante. ".
6. Tout d'abord, il ressort de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), produit par le préfet de la Loire, qu'il a été émis par un collège de trois médecins le 7 juin 2023, lesquels ont été régulièrement désignés par le directeur général de l'OFII, par décision du 11 avril 2022 sur la base d'un rapport d'un médecin instructeur transmis au collège le 11 mai 2023 qui n'a pas siégé au sein de ce collège de médecins. Par suite, les moyens tirés des vices de procédure relatifs à l'absence d'avis du collège de médecins de l'OFII et à l'absence de preuve que le médecin rapporteur n'a pas siégé en son sein doivent être écartés.
7. Ensuite, les dispositions citées au point 5, issues de la loi du 7 mars 2016 relative au droit des étrangers en France et de ses textes d'application, ont institué une procédure aux termes de laquelle le préfet statue sur la demande de titre de séjour présentée par l'étranger malade au vu de l'avis rendu par trois médecins du service médical de l'OFII, qui se prononcent en répondant par l'affirmative ou par la négative aux questions figurant à l'article 6 précité de l'arrêté du 27 décembre 2016, au vu d'un rapport médical relatif à l'état de santé du demandeur établi par un autre médecin de l'Office, lequel peut le convoquer pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Cet avis commun, rendu par trois médecins, au vu du rapport établi par un quatrième médecin, le cas échéant après examen du demandeur, constitue une garantie pour celui-ci. Les médecins signataires de l'avis ne sont pas tenus de procéder à des échanges entre eux, l'avis résultant de la réponse apportée par chacun à des questions auxquelles la réponse ne peut être qu'affirmative ou négative. La circonstance que ces réponses n'aient pas fait l'objet de tels échanges, oraux ou écrits, est sans incidence sur la légalité de la décision prise par le préfet au vu de cet avis. Dès lors, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure du fait que le caractère collégial de la délibération du collège des médecins ne serait pas établi, doit être écarté, sans qu'il y ait lieu de faire droit à la demande de la requérante tendant à ordonner au préfet de la Loire de produire avant dire droit les échanges entre les trois médecins composant le collège de l'OFII ou des extraits " THEMIS " relatif à l'instruction du dossier de la requérante.
8. Enfin, la partie qui justifie de l'avis d'un collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi.
9. En l'espèce, pour refuser de délivrer un titre de séjour en qualité d'étrangère malade à Mme B, le préfet de la Loire s'est fondé sur l'avis rendu par le collège de médecins de l'OFII, le 7 juin 2023, selon lequel si l'état de santé de la requérante nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'offre de soins et les caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire et vers lequel elle peut voyager sans risque lui permettent de bénéficier effectivement d'un traitement approprié.
10. Mme B soutient d'une part, qu'elle présente une sclérose en plaque sévère et une hypertrophie de l'utérus avec un fibrome intra-mural en cours de traitement et d'autre part, qu'elle ne peut bénéficier des traitements nécessités par son état de santé en Albanie. Toutefois, et alors que les éléments produits en défense, par le préfet de la Loire, font état de ce que l'ensemble du traitement médical administré ou ayant été administré à l'intéressée à savoir les médicaments Ocrelizumab (OCREVUS), Laroxyl, Gabapentine, Duloxetine, Tramadol, Zolmitriptan, Macrogol, Vesicare est disponible dans son pays d'origine, les pièces produites par la requérante ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration dont a fait sienne le préfet de la Loire quant au fait qu'elle pouvait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté en litige méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation quant à l'application de ces dispositions doit être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ".
12. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est entrée très récemment en France, le 26 février 2022, à l'âge de 50 ans. Elle ne justifie, par ailleurs, d'aucune intégration sur le territoire français. Si elle se prévaut de la présence de son fils en France, ce dernier est également en situation irrégulière sur le territoire national. De plus, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé en Albanie et que sa présence sur le territoire français serait indispensable en raison de son état de santé. Dans ces conditions, les décisions attaquées n'ont pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le préfet de la Loire n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, il n'a pas entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation.
13. En sixième lieu, la requérante soutient que le préfet aurait méconnu l'étendue de sa compétence en ne faisant pas usage de son pouvoir de régularisation. Toutefois, d'une part, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Loire, qui a examiné par ailleurs si la vie privée et familiale de la requérante justifiait la délivrance d'un titre au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, a notamment estimé, concernant l'état de santé de l'intéressée, qu'"aucune circonstance particulière ne justifie de s'écarter de cet avis " et, d'autre part, il n'était pas tenu de faire usage de son pouvoir exceptionnel de régularisation. Par suite, le moyen doit être écarté.
14. En septième lieu, compte tenu de ce qui a été exposé au point 10 du présent jugement et tel que cela a été également exposé au point 3, Mme B n'est pas fondée à soutenir que l'obligation à quitter le territoire a méconnu les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la circonstance que l'obligation de quitter le territoire ne mentionne pas ces dernières dispositions étant sans incidence sur la légalité de cette décision.
15. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
16. Mme B soutient qu'elle encourt des risques en cas de retour en Albanie dès lors que son état de santé ne peut être pris en charge dans ce pays. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 10, elle n'établit pas l'absence dans son pays d'origine, de traitement médical nécessaire à la prise en charge de ses pathologies. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être qu'écarté. Par ailleurs, la demande d'asile de l'intéressée a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, le 6 avril 2022 et le moyen tiré de ce que ses craintes sont actuelles et réelles n'est, en tout état de cause, pas assorti des précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé à supposer que la requérante ait entendu soulever un tel moyen.
17. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de surseoir à statuer, que la requête de Mme B doit être rejetée y compris ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de la Loire.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2024.
La rapporteure,
N. BardadLe président,
J. Segado
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026