LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2309094

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2309094

vendredi 8 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2309094
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation8ème chambre
Avocat requérantPAQUET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 octobre 2023 et des mémoires enregistrés les 20 septembre et 26 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Paquet, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 septembre 2023 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de rétablir à son profit le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'OFII de reprendre le versement de l'allocation des demandeurs d'asile, de lui proposer un hébergement en centre d'accueil pour demandeur d'asile jusqu'au terme du mois suivant la notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile et de lui verser l'allocation des demandeurs d'asile due depuis le 19 juin 2023 jusqu'au terme de la procédure d'asile actuellement en cours pour un montant de 6 674 euros à parfaire, assortie des intérêts aux taux légal avec capitalisation des intérêts, dans un délai de 15 jours sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros hors taxe au titre des article L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision est entachée d'un défaut de motivation en fait ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation des faits et d'un défaut d'examen sérieux et complet de sa situation ;

- elle méconnaît le droit d'asile en tant que liberté fondamentale ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que les motifs retenus ne sont pas au nombre de ceux prévus par cet article et ajoutent à la loi, et ces motifs sont entachés d'inexactitude matérielle ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 juillet 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Viallet, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant togolais, est né le 27 septembre 1998. Le 28 novembre 2019 il a été placé en procédure Dublin par la préfecture des Hauts de Seine. Le 27 juillet 2020 il a été réacheminé vers l'Allemagne, Etat responsable de sa demande d'asile, puis est revenu en France, s'est présenté à la préfecture de Maine et Loire qui l'a de nouveau placé en procédure Dublin le 3 mars 2021. Déclaré en fuite après son retour en France, le délai de transfert a été prolongé jusqu'au 16 septembre 2022. Le 19 juin 2023, après l'expiration du délai de transfert, M. B a été admis par la préfecture du Rhône à présenter sa demande d'asile en procédure normale. Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, qui lui avait été accordé le 27 novembre 2019, a été suspendu le 14 avril 2021 au motif que l'intéressé n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en présentant une nouvelle demande d'asile en France après avoir été transféré vers l'Etat responsable de sa demande. Le 10 août 2023, il a sollicité le rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par sa requête, M. B demande l'annulation de la décision du 19 septembre 2023 par laquelle le directeur de l'OFII a refusé le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil.

2. En premier lieu, la décision attaquée cite les articles L. 551-16 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, précise l'identité du demandeur, rappelle la date à laquelle M. B a accepté les conditions matérielles d'accueil, et précise que l'autorité administrative a estimé qu'un autre Etat membre était responsable de sa demande d'asile, raison pour laquelle il a été placé en procédure Dublin, sa dernière attestation pour demandeur d'asile expirant le 18 août 2021. Elle indique ensuite que bien que la France soit depuis devenue responsable de l'examen de sa demande, M. B s'est maintenu en situation irrégulière jusqu'au 19 juin 2023, date à laquelle il s'est représenté aux autorités françaises. Enfin, elle relève que l'intéressé ne justifie ni de ses conditions d'existence ni des motifs pour lesquels il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français sans solliciter l'examen de sa demande d'asile, concluant défavorablement au rétablissement des conditions matérielles d'accueil après examen de ses besoins et de sa situation familiale. Dans ces conditions, la décision est suffisamment motivée, notamment en fait, et le moyen doit par suite être écarté.

3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et des termes de la décision attaquée tels qu'exposés au point 2 que le directeur de l'OFII aurait commis une erreur d'appréciation des faits et n'aurait pas procédé à un examen sérieux et complet de la situation de M. B. En outre, il ressort des pièces du dossier qu'il a bénéficié d'un nouvel examen de sa vulnérabilité le 19 juin 2023 qui ne laisse pas apparaître de facteur particulier de vulnérabilité. Par suite ces moyens doivent être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. ". Il résulte de ces dispositions que si le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'OFII, qui devra apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. B, placé en procédure " Dublin " les 28 novembre 2019 et 3 mars 2021 suite à ses demandes d'asile, a été déclaré en fuite à son retour en France et le délai de transfert vers l'Allemagne, Etat responsable de sa demande d'asile a été prolongé jusqu'au 16 septembre 2022. Il a déposé une nouvelle demande d'asile le 19 juin 2023, bien au-delà de l'expiration du délai de transfert. Le requérant, qui a sollicité le rétablissement de ses droits 28 mois après la décision de l'OFII lui retirant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil qu'il avait accepté le 27 novembre 2019 au motif qu'il n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en présentant une nouvelle demande d'asile en France après avoir été transféré vers l'Etat responsable de sa demande, ne justifie d'aucune raison expliquant sa fuite et le non-respect de ses obligations en matière d'asile. Par ailleurs, si M. B fait valoir qu'il n'a pas d'hébergement stable, dort la plupart du temps dans la rue et vit de la générosité des associations, et soutient qu'il a conservé des peurs et angoisses depuis une agression subie le 16 mai 2020, ces éléments ne sont pas de nature à remettre en cause la décision de l'OFII, ce alors qu'il ressort des pièces du dossier que le requérant a fait l'objet d'un nouvel examen de sa vulnérabilité le 19 juin 2023 qui ne laisse pas apparaître de facteur particulier de vulnérabilité. Dans ces conditions, l'OFII a pu légalement se fonder sur l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment sur le fait qu'il ne justifiait pas de ses conditions d'existence et des motifs pour lesquels il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français sans solliciter l'examen de sa demande d'asile entre le 18 août 2021 et le 19 juin 2023 pour rejeter sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Par suite, et contrairement à ce que soutient le requérant, la décision attaquée n'ajoute pas à la loi et n'est pas entachée d'inexactitude matérielle, et M. B n'est pas fondé à soutenir que le directeur de l'OFII aurait commis une erreur de droit et méconnu les dispositions précitées de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Si M. B soutient qu'à la date de la décision attaquée il ne dispose d'aucun moyen lui permettant de subvenir à ses besoins, le plaçant dans une situation de précarité extrême, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier qu'il se trouverait dans un état de vulnérabilité tel que la décision en litige puisse être regardée comme constitutive d'un traitement inhumain ou dégradant au sens des stipulations citées au point précédent. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté et le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir qu'il aurait été porté atteinte au droit constitutionnel d'asile, constitutif d'une liberté fondamentale.

7. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision du 19 septembre 2023 par laquelle le directeur territorial de l'OFII a refusé de rétablir à son profit le bénéfice des conditions matérielles d'accueil est entachée d'illégalité. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

DECIDE:

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 18 octobre 2024 à laquelle siégeaient :

Mme Dèche, présidente,

Mme Viallet, conseillère,

Mme Pouyet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2024

La rapporteure,

ML. VialletLa présidente,

P. Dèche

La greffière,

S. Hosni

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions