mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2309146 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COUDERC ZOUINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 octobre 2023 et 22 janvier 2024, M. D B, représenté par Me Zouine, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 18 août 2023 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence portant la " mention vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et de le munir sans délai d'un récépissé l'autorisant à travailler ou, en cas d'annulation de la seule obligation de quitter le territoire français de réexaminer sa demande et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce réexamen sous le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros H.T. à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de délivrance d'un titre de séjour :
- il a été signé par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'un vice de procédure ;
- la décision attaquée ne mentionne pas la date de l'avis rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- il méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne peut bénéficier d'un traitement médical approprié à son état de santé en Algérie ;
- il a levé le secret médical et demande que le dossier sur lequel s'est fondé le collège des médecins de l'OFII pour rendre son avis soit versé aux débats ;
- il appartient à la préfecture de justifier de la réalité et de la régularité de l'avis ;
- le refus de titre de séjour méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale compte tenu de l'illégalité du refus de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
- elle est illégale compte tenu de l'illégalité du refus de titre de séjour et de la mesure d'éloignement ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale compte tenu de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'erreur d'appréciation ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de droit dans la mesure où l'administration n'a ni visé ni pris en considération les quatre critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 janvier 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 12 janvier 2024, la clôture de l'instruction initialement fixée au 28 décembre 2023, a été fixée au 22 janvier 2024.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale, par une décision du 14 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ensemble l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bardad, première conseillère,
- et les observations de Me Zouine, avocat de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B, ressortissant algérien né le 5 octobre 1999, est entré en France, le 24 mars 2018, sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour valable du 20 mars au 19 avril 2018. Il a sollicité l'asile, le 10 avril 2018. Sa demande a été rejetée, le 27 septembre 2018, par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, puis par la Cour nationale du droit d'asile, le 7 mars 2019. M. B a présenté une demande de titre de séjour, le 12 novembre 2019, sur le fondement de l'article 6, 7) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié en invoquant son état de santé. Par un arrêté du 14 août 2020, le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Le recours qu'il a exercé à l'encontre de cette décision a été rejeté, par un jugement du tribunal administratif de Lyon, le 29 décembre 2020, puis par un arrêt de la cour administrative de Lyon, le 4 novembre 2021. M. B a présenté une nouvelle demande de titre de séjour, le 6 février 2023, d'une part, en qualité d'étranger malade et, d'autre part, sur le fondement de l'article 6, 5) de l'accord franco-algérien précité. Par une décision du 18 août 2023, la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de six mois. M. B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme A C, directrice des migrations et de l'intégration en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté du 31 mai 2023 de la préfète du Rhône publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du Rhône le 1er juin 2023, accessible au juge et aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la préfète du Rhône a produit l'avis rendu par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, le 27 juin 2023, établissant qu'elle a saisi ce collège et s'est fondée sur cet avis pour prendre la décision litigieuse.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment des mentions de l'avis et de son bordereau de transmission que cet avis a été régulièrement rendu par un collège de trois médecins, après avoir fait préalablement l'objet d'un rapport par un autre médecin qui n'a pas participé à la formation qui a rendu l'avis. Cet avis contient l'ensemble des mentions requises par l'arrêté susvisé du 27 décembre 2016.
5. En quatrième lieu, le fait que la décision attaquée ne mentionne pas la date à laquelle le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rendu son avis n'est pas, à lui seul, de nature à entacher la décision attaquée d'illégalité.
6. En cinquième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : / () / 7. Au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable aux ressortissants algériens pour la mise en œuvre des stipulations précitées : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / () ". Aux termes de l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 313-22 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa de l'article R. 313-22. Le médecin de l'office () transmet son rapport médical au collège de médecins. / Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. () / Le collège à compétence nationale, composé de trois médecins, émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'office. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / () L'avis est transmis au préfet territorialement compétent, sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. ".
7. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'accès effectif ou non à un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
8. Pour refuser de délivrer le titre de de séjour sollicité, la préfète du Rhône s'est fondée sur l'avis du collège des médecins de l'OFII du 27 juin 2023 selon si lequel l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, y bénéficier effectivement d'un traitement approprié.
9. Pour contester ce refus, M. B fait valoir qu'il est atteint, depuis sa naissance, d'une quadriplégie spastique avec séquelles neuro-périnéales, qu'il présente, outre une scoliose dorso-lombaire, une vessie neurologique rétentionniste qui nécessite des sondages intermittents évacuateurs pluri quotidiens pour lesquels du matériel hydrophile à usage unique est indispensable. Il se prévaut d'un certificat médical du 15 septembre 2023 selon lequel les soins qui lui sont proposés dont l'endoprothèse urétrale ne sont pas réalisables en Algérie et d'un second certificat médical du 20 février 2023 indiquant le matériel hydrophile à usage unique n'est pas disponible en Algérie, ni remboursé et que la prise en charge de l'intéressé ne peut se faire de manière optimale et sans risque dans son pays d'origine. M. B fait en outre valoir que le médicament TOVIAZ n'est pas disponible en Algérie et n'est pas substituable (Marge Thérapeutique Etroite). Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et en particulier des éléments produits en défense par la préfète du Rhône que la pose d'une prothèse endo-urétale peut être réalisée en Algérie et que des médicaments tels que DITROPAN (OXYBUTININE CHLORHYDRATE et le VISCARE (SOLIFENACINE SUCCINATE) sont disponibles dans ce pays alors que le service médical rendu par les spécialités DITROPAN, CERIS, VESICARE et TOVIAZ reste modéré dans le traitement symptomatique de l'incontinence urinaire. Par ailleurs, si M. B fait valoir qu'il est porteur d'une pompe à Baclofène intrathécale et s'il se prévaut à ce sujet particulièrement d'un certificat médical du 4 janvier 2023 selon lequel il bénéficie de soins qu'il ne peut suivre qu'en France (arthrodèse vertébrale, pompe à baclofène), il ressort également des pièces du dossier d'une part, que la pose d'une pompe à baclofène est une intervention pratiquée en Algérie et que le Baclofène peut être administré, dans ce pays, sous la forme de comprimés sécables. Les éléments ainsi exposés et les autres éléments produits par M. B, notamment d'ordre médical, ne suffisent pas à remettre en cause l'appréciation portée par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dont a fait sienne la préfète du Rhône, quant au fait que le requérant peut bénéficier effectivement d'un traitement adapté dans son pays pour les pathologies dont il souffre. Par suite, la préfète du Rhône n'a pas méconnu les stipulations de l'article 6 de l'accord Franco-algérien ni commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant d'accorder à M. B un titre de séjour en raison de son état de santé.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : / () / 5. Au ressortissant algérien qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
11. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France, le 24 mars 2018. Il est célibataire, sans charge de famille, sans emploi et domicilié auprès d'un centre communal d'action sociale. Il ne justifie d'aucune intégration particulière sur le territoire national alors qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident son père et ses deux frères. S'il se prévaut de la présence en France de sa mère et de sa sœur, ces dernières font également l'objet d'une mesure d'éloignement. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Rhône aurait porté à son droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, l'autorité administrative n'a pas méconnu les stipulations précitées de l'article 6, 5° de l'accord franco-algérien et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle et professionnelle du requérant
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été précédemment exposé, le requérant n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour à l'encontre de la mesure d'éloignement.
13. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne le délai de départ volontaire :
14. Le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire n'étant pas entachés d'illégalité, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de ces décisions doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
15. L'illégalité de la décision portant refus de séjour et de la mesure d'éloignement n'étant pas établie, le requérant ne peut, par voie d'exception, se prévaloir de cette illégalité à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
16. En premier lieu, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois, comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée. Par suite, elle est suffisamment motivée
17. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
18. Pour contester l'interdiction de retour d'une durée de six mois, le requérant soutient que la mesure n'est pas fondée au regard de sa durée et des conditions de son séjour sur le territoire français et du fait que sa présence ne constitue pas une menace à l'ordre public. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et notamment des termes de la décision attaquée d'une part, que M. B ne justifie pas d'une vie privée et familiale ancienne, stable et intense en France et d'autre part, qu'il s'est soustrait à la mesure d'éloignement prononcée à son encontre, le 14 août 2020. Si le requérant expose que les quatre critères mentionnés par les dispositions de l'article L. 612-10 non pas tous été visés dans la décision attaquée, en l'espèce, la préfète du Rhône a ainsi pris en considération les critères, énoncés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile quand bien même elle n'aurait pas retenue l'existence d'une menace à l'ordre public prononcer sa décision, critère dont elle n'était pas tenue de faire état dans la décision attaquée, dès lors qu'elle ne l'a pas retenu pour prononcer sa décision. Par suite, compte tenu de ces éléments, l'autorité administrative n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées ni entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard des mêmes dispositions.
19. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner la communication du dossier sur lequel le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'est prononcé, que la requête de M. B doit être rejetée y compris ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.
La rapporteure,
N. BardadLe président,
J. Segado
La greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026