LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2309152

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2309152

jeudi 2 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2309152
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantPINHEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 octobre 2023, M. B doit être regardé comme demandant au Tribunal d'annuler les décisions du 26 octobre 2023 par lesquelles le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, en fixant le pays de destination, et lui a interdit le retour pendant deux ans.

Il soutient qu'il est marié et a deux enfants avec une personne " qui a tous ses papiers ".

Par un mémoire en défense enregistré le 30 octobre 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête en soutenant qu'elle est irrecevable en l'absence de conclusions et moyens, subsidiairement que les éventuels moyens de légalité externe ou interne ne sont pas fondés.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu :

- la désignation d'office de Me Pinhel,

- la décision du 26 octobre 2023 assignant à résidence dans la Loire,

- les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :

- les observations de Me Pinhel, pour le requérant, qui conclut aux mêmes fins que la requête en soulevant formellement des moyens tirés de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, y compris pour l'interdiction de retour.

- et les déclarations de M. B.

Le préfet de l'Isère n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant de la république du Kosovo né en 1995, déclare être entré en France en 2016. Sa demande d'asile a été rejetée en dernier le 25 novembre 2018 par la Cour nationale du droit d'asile. Par un arrêt rendu le 3 décembre 2019 en matière correctionnelle, la Cour d'appel de Lyon l'a condamné à 24 mois d'emprisonnement pour des faits de vol avec violences. Par jugement rendu le 18 août 2021 par le Tribunal correctionnel de Saint-Etienne, il a également été condamné à une peine de 6 mois d'emprisonnement pour violence sur personne dépositaire de l'autorité publique, circulation sans assurance et prise du nom d'un tiers.

2. En parallèle, il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire sans délai, avec interdiction de retour, prononcées le 16 décembre 2020 par le préfet de la Loire. Par jugement du 8 avril 2021, le Tribunal a confirmé la mesure d'éloignement mais annulé les décisions refusant le délai de départ et interdisant le retour. En exécution de cette décision, le préfet de la Loire lui a accordé, le 14 avril 2021, un délai de départ de trente jours. Constatant qu'il n'avait pas exécuté la mesure d'éloignement, le même préfet l'a assigné à résidence, le 7 octobre 2022, pour une durée de 45 jours.

3. Par décisions du 26 octobre 2023 dont il demande l'annulation, prise à la suite d'une interpellation pour des faits de dégradation de boites aux lettres commis à Vienne qui ont donné lieu à une convocation devant la juridiction répressive, le préfet de l'Isère l'a de nouveau obligé à quitter le territoire, cette fois-ci sans délai, en fixant le Kosovo comme pays de destination, et l'a interdit de retour en France pendant deux ans. Par décision distincte du même jour prise par le préfet de la Loire, il a été assigné à résidence en vue de l'exécution de cette mesure d'éloignement.

4. En premier lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire () à la sûreté publique, () à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales () ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".

5. Si le requérant fait valoir qu'il réside en France avec son épouse ayant obtenu le statut de réfugié et ses deux enfants nés en 2018 et 2023, il ressort des pièces que le couple est marié depuis un an seulement à la date de la décision attaquée et il n'est établit aucune communauté de vie antérieurement à sa sortie d'incarcération ainsi que le soulignait déjà le jugement précité du Tribunal. Il ne ressort par ailleurs pas des pièces produites que M. B, qui réside irrégulièrement en France malgré une mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée et alors qu'il a déjà fait l'objet de deux condamnations pénales, outre une interpellation à la suite d'un signalement pour des violences conjugales en octobre 2022, participe réellement à l'entretien et l'éducation de ses jeunes enfants. Dans ces conditions, il n'est pas établi que l'obligation de quitter le territoire sans délai porte une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale, eu égard aux buts poursuivis par une telle décision, ou à l'intérêt supérieur de ses enfants. Par suite, les moyens tirés de la violation des stipulations précitées doivent être écartés.

6. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour () l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

7. Il résulte des dispositions précitées qu'en l'absence de circonstances humanitaires et compte tenu du refus d'accorder un délai de départ volontaire à M. B, le préfet de l'Isère devait assortir la mesure d'éloignement d'une interdiction de retour en France. S'il est vrai que la durée de deux ans retenue est importante eu égard à sa situation familiale en France, l'atteinte portée n'apparait pas disproportionnée dès lors que le comportement de l'intéressé constitue actuellement une menace à l'ordre public et qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement, le requérant étant au demeurant libre de demander l'abrogation de cette mesure s'il justifie résider hors de France en application de l'article L. 613-7 du code précité.

8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 26 octobre 2023. Ses conclusions en ce sens doivent, par conséquent, être rejetées sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au préfet de l'Isère.

Copie en sera adressée à Me Pinhel et au préfet de la Loire.

Jugement rendu public par mis à disposition au greffe le 2 novembre 2023.

Le magistrat désigné,

R. Reymond-Kellal

Le greffier,

T. Clément

La République mande et ordonne aux préfets de la Loire et de l'Isère en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions