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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2309163

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2309163

vendredi 17 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2309163
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantCLEMENT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et des pièces enregistrés les 28 octobre, 2 novembre, 15 et 16 novembre 2023 sous le n°2309163, M. B D, représenté par Me Clément, demande au tribunal, dans le dernier état de ses conclusions :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 19 octobre 2023 par lequel le préfet de l'Isère a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en exécution de l'interdiction judiciaire du territoire français prononcée à son encontre ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour en qualité de demandeur d'asile dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient, dans le dernier état de ses moyens, que :

-il n'est pas justifié de la compétence de la signataire de l'arrêté attaqué ;

-l'arrêté attaqué est insuffisamment motivée et révèle un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle, notamment en ce qu'il ne tient pas compte de sa qualité de demandeur d'asile ;

-il n'a pas été précédé d'une procédure contradictoire ;

-il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 721-3, L. 721-4 et L. 541-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-il est contraire aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La préfecture de l'Isère a produit des pièces les 31 octobre, 1er, 2 et 16 novembre 2023.

II. Par une requête et des pièces enregistrées les 2 et 15 novembre 2023 sous le n°2309290, M. D, représenté par Me Clément, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 31 octobre 2023 par lequel le préfet de l'Isère l'a maintenu en rétention administrative ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

-il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté attaqué ;

-l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

-il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors que sa demande d'asile, présentée avant son placement au centre de rétention, ne peut être regardée comme dilatoire et dès lors qu'il dispose de garanties de représentation ;

-il a pour conséquence de porter atteinte à son droit à un recours effectif et méconnaît ainsi les articles 3 et 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Le préfet de l'Isère a produit des pièces le 16 novembre 2023.

Vu :

- les arrêtés attaqués ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à Mme Feron.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Feron ;

- les observations de Me Clément, avocat de M. D, qui conclut aux mêmes fins que dans la requête par les mêmes moyens, en invoquant en outre, à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, le moyen tiré de la violation de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Me Clément précise en outre que M. D entend contester devant la cour nationale du droit d'asile le refus d'asile qui lui a été opposé par l'office français de protection des réfugiés et des apatrides.

-les observations de Me Iririra-Nganga, substituant Me Tomasi, avocat du préfet de l'Isère, qui conclut au rejet de la requête.

-les observations de M. D qui déclare qu'il veut rester en France et que son frère en Algérie peut rassembler les documents nécessaires à établir la réalité des risques qu'il dit encourir en cas de retour dans son pays d'origine.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B D, ressortissant algérien né le 3 février 1992, déclare être entré en France le 1er avril 2021. Le 5 janvier 2023, il a été condamné en dernier lieu par la cour d'appel de Grenoble à une peine d'emprisonnement de trois ans dont un an avec sursis pour cinq agressions sexuelles commises entre le 10 septembre 2021 et le 4 juillet 2022, dont trois sur des mineures de plus de 15 ans, et pour la détention d'un faux document d'identité. La cour d'appel de Grenoble l'a en outre condamné à une peine d'interdiction du territoire d'une durée de dix ans. Par un arrêté du 19 octobre 2023 dont M. D demande l'annulation, le préfet du Rhône a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné en application de cette interdiction judiciaire du territoire français. Il l'a par ailleurs placé au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry à sa sortie d'incarcération.

2. Il est statué sur les requêtes n°s 2309163 et 2309290, relatives à la fixation du pays de destination et au maintien en rétention de M. D, par un seul jugement en application du troisième alinéa du L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions des articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

Sur l'arrêté du 19 octobre 2023 portant fixation du pays de renvoi :

4. D'une part, aux termes de l'article 131-30 du code pénal, auquel renvoie l'article L. 641-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'elle est prévue par la loi, la peine d'interdiction du territoire français peut être prononcée, à titre définitif ou pour une durée de dix ans au plus, à l'encontre de tout étranger coupable d'un crime ou d'un délit./ L'interdiction du territoire entraîne de plein droit la reconduite du condamné à la frontière, le cas échéant, à l'expiration de sa peine d'emprisonnement ou de réclusion./ Lorsque l'interdiction du territoire accompagne une peine privative de liberté sans sursis, son application est suspendue pendant le délai d'exécution de la peine. Elle reprend, pour la durée fixée par la décision de condamnation, à compter du jour où la privation de liberté a pris fin. /() ".

5. D'autre part, aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office () d'une peine d'interdiction du territoire français (). " Aux termes de l'article L. 721-4 du même code : : L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi :/ 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. "

6. Il résulte de ces dispositions qu'aussi longtemps que la personne condamnée n'a pas obtenu de la juridiction qui a prononcé la condamnation pénale le relèvement de sa peine d'interdiction du territoire, l'autorité administrative est tenue de pourvoir à son exécution en édictant à son encontre une décision motivée fixant son pays de destination, sous réserve qu'une telle décision n'expose pas l'intéressé à être éloigné à destination d'un pays dans lequel sa vie ou sa liberté serait menacée, ou d'un pays où elle serait exposée à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. Il ressort des pièces du dossier que le 24 avril 2023, alors qu'il était incarcéré au centre pénitentiaire de Grenoble-Varces, M. D a adressé une demande d'asile au préfet de l'Isère. Le préfet conteste avoir reçu une telle demande. Toutefois, M. D produit son récit d'asile manuscrit, le document daté du 21 avril 2023 par lequel les services pénitentiaires ont transmis sa demande au préfet par lettre recommandée et enfin l'accusé de réception de son courrier par la préfecture de l'Isère le 24 avril 2023. M. D, qui établit ainsi avoir adressé une demande d'asile au préfet de l'Isère le 24 avril 2023, a en outre fait part de cette demande d'asile en cours aux services de police lors de l'audition du 7 octobre 2023, soit antérieurement à l'édiction de l'arrêté attaqué portant fixation du pays de destination. Dans ces conditions, le préfet de l'Isère, qui avait nécessairement connaissance de la demande d'asile présentée par M. D, ne pouvait, à la date de l'arrêté en litige, fixer pour pays de destination le pays d'origine de M. D destination sans méconnaître les dispositions précitées du 1° de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête n°2309163, que l'arrêté du 21 octobre 2023 fixant le pays à destination duquel M. D pourra être reconduit en exécution de l'interdiction judiciaire de territoire français prononcée à son encontre doit être annulé. Il incombera au préfet de l'Isère, en application de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de fixer à nouveau, en tenant compte de l'évolution de la situation de l'intéressé, le pays à destination duquel M. D pourra être reconduit en exécution de l'interdiction judiciaire du territoire français prise à son encontre.

Sur l'arrêté du 31 octobre 2023 portant maintien en rétention administrative :

9. En premier lieu, compte tenu de sa formulation, l'arrêté du préfet de l'Isère du 21 août 2023, publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, doit être lu comme ayant donné délégation à M. A C, directeur de cabinet de la préfecture de l'Isère, pour signer tous les arrêtés relevant de la règlementation sur la police des étrangers. Par suite, l'arrêté en litige du 31 octobre 2023 signé par M. C n'est pas entaché d'incompétence.

10. En deuxième lieu, l'arrêté en litige, qui vise l'article L. 754-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux demandes d'asile présentées en rétention et qui cite par ailleurs les déclarations de M. D relatives à sa demande d'asile antérieurement déposée en détention le 24 avril 2023, est suffisamment motivé.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 754-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande d'asile d'un étranger placé ou maintenu en rétention n'est pas recevable si elle est formulée plus de cinq jours après qu'il s'est vu notifier ses droits en matière d'asile dans les conditions prévues à l'article L. 744-6. Toutefois, cette irrecevabilité n'est pas opposable à l'étranger qui invoque, au soutien de sa demande, des faits survenus après l'expiration de ce délai. / L'irrecevabilité de la demande d'asile peut être opposée par l'autorité administrative lorsque cette demande a été présentée par un étranger, en provenance d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr en application de l'article L. 531-25, au-delà des cinq premiers jours de rétention dans le seul but de faire échec à l'exécution effective et imminente de la décision d'éloignement ". L'article L. 754-2 de ce code dispose : " Lorsqu'un étranger placé ou maintenu en rétention présente une demande d'asile, l'autorité administrative peut procéder, pendant la rétention, à la détermination de l'État responsable de l'examen de cette demande conformément à l'article L. 571-1 et, le cas échéant, à l'exécution d'office du transfert dans les conditions prévues à l'article L. 751-13 ". Aux termes de l'article L. 754-3 de ce code : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. / Cette décision de maintien en rétention n'affecte ni le contrôle ni la compétence du juge des libertés et de la détention exercé sur le placement et le maintien en rétention en application du chapitre III du titre IV. La décision de maintien en rétention est écrite et motivée. / A défaut d'une telle décision, il est immédiatement mis fin à la rétention et l'autorité administrative compétente délivre à l'intéressé l'attestation mentionnée à l'article L. 521-7 ".

12. Il résulte de ces dispositions que l'autorité administrative ne peut ordonner le maintien en rétention administrative d'un ressortissant étranger ayant présenté une demande d'asile durant cette rétention que si elle estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement préalablement prise à son encontre. La circonstance qu'un étranger présente une demande d'asile postérieurement à son placement en rétention administrative ne saurait, à elle seule et sans une appréciation au cas par cas, permettre de présumer que cette demande n'a été introduite qu'en vue de faire échec à son éloignement.

13. Il ressort des pièces du dossier que M. D est entré en France, selon ses déclarations, au mois d'avril 2021 et n'a présenté de demande d'asile que deux ans plus tard, le 24 avril 2023. Il a ensuite réitéré sa demande d'asile au centre de rétention le 31 octobre 2023. Il ne fait pas état de circonstances qui l'auraient empêché de déposer une demande d'asile entre les mois d'avril 2021 et d'avril 2023 ni ne soutient que sa volonté de demander l'asile reposerait sur des éléments dont il n'avait pas déjà connaissance lors de son entrée en France. Il ressort en outre des pièces du dossier qu'à la date de sa demande d'asile le 24 avril 2023, il s'était déjà soustrait à l'exécution d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en date du 14 juillet 2022 et avait été condamné le 5 janvier 2023, comme il a été dit, à une peine d'interdiction judiciaire du territoire français d'une durée de dix ans. Par ailleurs, M. D ne dispose d'aucun document d'identité et produit, en guise de justificatif de résidence, une promesse d'hébergement valable à compter de sa levée d'écrou qui ne correspond pas à l'adresse à laquelle il résidait avant son incarcération d'après les mentions de sa fiche pénale. Il ne justifie donc pas de garanties de représentation, comme l'a d'ailleurs relevé la cour d'appel de Lyon dans son ordonnance du 31 octobre 2023 prolongeant la rétention. Dans ces conditions, le préfet, qui a pu à juste titre estimer que les demandes d'asile formulées par M. D n'avaient d'autre objet que de faire échec à l'exécution de son interdiction définitive de territoire français, n'a commis ni erreur de droit ni erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en décidant de son maintien en rétention.

14. En dernier lieu, l'étranger dont la demande d'asile fait l'objet d'un traitement selon la procédure accélérée prévue au 3° de l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose du droit de contester la décision de rejet qui lui est opposée par l'office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) devant la cour nationale du droit d'asile (CNDA), juridiction devant laquelleil peut faire valoir utilement l'ensemble de ses arguments dans le cadre d'une procédure écrite et se faire représenter à l'audience par un conseil ou par toute autre personne. Dans ces conditions, le droit à un recours effectif, tel que garanti par l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, n'implique pas nécessairement que l'étranger puisse se maintenir sur le territoire français jusqu'à l'issue de son recours devant la CNDA. Par suite, et en tout état de cause, M. D n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige, en le privant d'un recours suspensif auprès de la CNDA, serait contraire aux stipulations combinées des articles 3 et 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. D à fin d'annulation de l'arrêté du 31 octobre 2023 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

16. Compte tenu de ses motifs et eu égard au rejet de la demande d'asile de M. D prononcé par l'OFPRA le 9 novembre 2023, le présent jugement n'implique pas de délivrance à l'intéressé d'une attestation de demandeur d'asile ni n'implique aucune autre mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant doivent par suite être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

17. Dans l'instance n°2309163, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, une somme de 1 000 euros à verser à Me Clément, avocat de M. D, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Clément renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

18. Dans l'instance n°2309290, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, la somme que M. D réclame sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

DECIDE :

Article 1er : M. D est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : L'arrêté du 19 octobre 2023 par lequel le préfet de l'Isère a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en exécution de l'interdiction judiciaire du territoire français prononcée à son encontre est annulé.

Article 3 : Dans l'instance n°2309163, une somme de 1 000 euros est mise à la charge de l'Etat, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à Me Clément, avocat de M. D, sous réserve que Me Clément renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet de l'Isère.

Copie en sera adressée à Me Clément.

Lu en audience publique le 16 novembre 2023

La magistrate désignée,

C. FERON La greffière,

E. GROS

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

Une greffière,

N°2309163-2309290

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