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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2309293

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2309293

lundi 6 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2309293
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDANDAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 novembre 2023, Mme A B, représentée par la SARL RD avocat (Me Dandan), demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le recteur de l'académie de Lyon a refusé de formuler trois propositions d'admission conformément au droit à la poursuite d'études ;

2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Lyon de lui formuler trois propositions d'admission en première année de master, dont une au moins dans la région académique dans laquelle elle a obtenu son diplôme de licence, tenant compte de son projet personnel et professionnel, dans le délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son profit, d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que son projet professionnel est de devenir avocate, profession règlementée accessible uniquement aux titulaires d'une première année de master mention droit, elle a saisi le rectorat pendant deux années universitaires différentes pour faire valoir son droit à la poursuite d'études, la rentrée universitaire est passée depuis plusieurs mois, elle a introduit en vain des recours contentieux dirigés contre ses refus d'admission en première année de master et les délais classiques d'instruction des requêtes en excès de pouvoir sont incompatibles avec la nécessité pour elle de jouir de son droit à la poursuite d'études dès la prochaine rentrée ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors qu'il existe une véritable obligation pour le recteur de formuler trois propositions d'admission en première année de master à chaque étudiant qui le saisit au titre du droit à la poursuite d'études ; le recteur doit solliciter autant d'universités que nécessaire pour aboutir à formuler trois propositions d'admission, et doit être en mesure de prouver la matérialité des diligences effectuées ; le recteur n'a sollicité qu'une vingtaine de master ; le recteur n'a pas saisi la commission d'accès au deuxième cycle.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 2 novembre 2023 sous le n° 2309292 par laquelle Mm B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Vaccaro-Planchet, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

3. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 612-36-3 du code de l'éducation : " 1. - Un étudiant titulaire du diplôme national de licence qui, au titre d'une année universitaire, n'a reçu aucune réponse positive à ses demandes d'admission en première année d'une formation conduisant au diplôme national de master peut saisir le recteur de la région académique dans laquelle il a obtenu son diplôme national de licence en vue de la mise en œuvre du troisième alinéa de l'article L. 612-6. A la condition qu'il existe au moins deux universités dans cette région, l'étudiant doit justifier que ces demandes d'admission sont au moins au nombre de cinq, qu'elles portent sur des mentions définies par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur comme compatibles avec la mention du diplôme national de licence qu'il a. obtenu, qu'elles concernent au moins deux mentions de master distinctes et qu'elles ont été adressées à au moins deux établissements d'enseignement supérieur. () /. Le recteur de région académique présente à l'étudiant qui remplit les conditions de saisine, après accord des chefs d'établissement concernés, au moins trois propositions d'admission dans une formation conduisant au diplôme national de master. Ces propositions tiennent compte du projet personnel et professionnel de l'étudiant, de l'offre de formation existante, des capacités d'accueil telles que définies à l'article L. 612-6 et de la compatibilité de la mention du diplôme national de licence obtenu par l'étudiant avec les mentions de master existantes, telle que définie par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur. Le recteur de région académique veille à ce que l'une au moins des trois propositions d'inscription faites à l'étudiant concerne l'établissement dans lequel il a obtenu sa licence lorsque l'offre de formation dans cet établissement le permet et, à défaut, un établissement de la région académique dans laquelle l'étudiant a obtenu sa licence. () ".

4. Il résulte de l'ensemble des dispositions citées au point 3 que, sous certaines conditions, l'étudiant titulaire du diplôme national de licence qui, au titre d'une année universitaire, n'a reçu aucune réponse positive à ses demandes d'admission en première année d'une formation conduisant au diplôme national de master peut saisir le recteur de la région académique dans laquelle il a obtenu son diplôme national de licence en vue de se voir proposer, après accord des chefs d'établissement concernés, au moins trois propositions d'admission dans une formation conduisant au diplôme national de master, lesquelles doivent tenir compte du projet personnel et professionnel de l'étudiant, de l'offre de formation existante, des capacités d'accueil telles que définies à l'article L. 612-6 du code de l'éducation et de la compatibilité de la mention du diplôme national de licence obtenu par l'étudiant avec les mentions de master existantes telles que définies par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur.

5. Mme B, étudiante titulaire d'une licence en droit de l'université Lyon III obtenue en obtenue en 2022, a saisi le recteur de l'académie de la région Auvergne Rhône-Alpes dans le cadre de la procédure prévue à l'article R. 612-36-3 du code de l'éducation et ne s'est vu proposer par le recteur aucune admission dans une formation conduisant au diplôme national de master.

6. Pour caractériser l'urgence, Mme B soutient que son projet professionnel est de devenir avocate, profession règlementée accessible uniquement aux titulaires d'une première année de master mention droit, qu'elle elle a saisi le rectorat pendant deux années universitaires différentes pour faire valoir son droit à la poursuite d'études, que la rentrée universitaire est passée depuis plusieurs mois, qu'elle a introduit en vain des recours contentieux dirigés contre ses refus d'admission en première année de master et que les délais classiques d'instruction des requêtes en excès de pouvoir sont incompatibles avec la nécessité pour elle de jouir de son droit à la poursuite d'études dès la prochaine rentrée. Toutefois, si la requérante soutient avoir saisi le recteur et que ce dernier ne lui a transmis aucune proposition de master favorable, il ressort des courriels adressés par la plateforme "trouvermonmaster" que la dernière notification de rejet de sa demande d'admission en master est intervenue le 13 octobre 2023 et précise que " les services rectoraux continuent leurs recherches afin de [lui] proposer une poursuite d'études en première année de master compatible avec [son] projet personnel et professionnel ". En outre, les 10 et 17 octobre 2023 la requérante a été informée de ce que le rectorat avait soumis des demandes d'admission à cinq nouvelles universités la concernant. Ainsi, la requérante ne justifie pas que le recteur se serait prononcé de manière définitive sur sa capacité à lui proposer ou pas une inscription. Par suite, Mme B ne peut être regardée comme justifiant, par les éléments qu'elle invoque, d'une situation d'urgence au sens de l'article R. 522-1 du code de justice administrative.

7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'apprécier l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse, que la requête présentée par Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Lyon le 6 novembre 2023.

La juge des référés,

V. VACCARO-PLANCHET

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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