mardi 30 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2309308 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | GILLIOEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Gillioen, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 16 octobre 2023 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de délivrance d'un titre de séjour :
- il est entaché d'un défaut de motivation et d'examen de sa situation personnelle ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 ;
- il justifie du caractère réel et sérieux de ses études et dispose de ressources financières ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale compte tenu de l'illégalité du refus de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré, le 9 novembre 2023, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 6 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 décembre 2023.
Un mémoire a été enregistré, le 10 janvier 2024, pour M. A qui n'a pas été communiqué.
Vu :
- l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Lyon n° 2309307 du 17 novembre 2023 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention franco-sénégalaise relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Dakar le 1er août 1995 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bardad, première conseillère,
- les observations de Me Stadler, substituant Me Gillioen, avocat de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant sénégalais né le 24 avril 1996, est entré en France, le 30 août 2020, sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour valant titre de séjour portant la mention " étudiant " afin de poursuivre des études supérieures. Il a sollicité, le 28 juin 2023, le renouvellement de son titre de séjour. Par une décision du 16 octobre 2023, la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée. La préfète du Rhône n'était pas tenue d'énoncer l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle et familiale de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'absence de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que l'autorité administrative n'aurait pas procédé à l'examen particulier de la situation personnelle de M. A.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise : " Les ressortissants de chacun des Etats contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation qui ne peut être assuré dans le pays d'origine, sur le territoire de l'autre Etat, doivent, pour obtenir le visa de long séjour prévu à l'article 4, présenter une attestation d'inscription ou de pré-inscription dans l'établissement d'enseignement choisi (). Ils doivent en outre justifier de moyens d'existence suffisants, tels qu'ils figurent en annexe. Les intéressés reçoivent le cas échéant, un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant. Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite des études ou du stage, ainsi que de la possession de moyens d'existence suffisants ". Pour l'application de ces stipulations, il appartient à l'administration de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études, en en appréciant la réalité, le sérieux et la progression.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A, lors de son arrivée en France, s'est inscrit, au titre de l'année 2020/2021, en première année de master " Lettres " auprès de l'université Lyon 2 et qu'il a obtenu un diplôme de maîtrise. Il a poursuivi son cursus en deuxième année en 2021/2022, sans valider son année à la suite d'absences injustifiées pour l'ensemble des unités d'enseignement. M. A a expliqué qu'il avait rencontré des difficultés financières et de logement l'ayant contraint à abandonner ses études. La même année, il a été admis en première année de master " Journalisme " auprès de l'établissement d'enseignement supérieur privé, Institut supérieur de formation au journalisme de Lyon. Il a également renoncé à poursuivre cette formation car il n'aurait pu, selon ses allégations, trouver un contrat en alternance et acquitter les frais de scolarité. M. A n'a pas suivi d'études au titre de l'année 2022/2023 dès lors qu'il n'aurait pas été sélectionné dans un master correspondant à sa spécialité sans justifier, toutefois, ses déclarations. Enfin, au titre de l'année 2023/2024, il s'est inscrit en première année de master " Métiers de l'Enseignement, de l'Éducation et de la Formation Professorat des écoles " à l'université Lyon 1. Il ressort ainsi des pièces du dossier que depuis son entrée en France, le 30 août 2020, M. A n'a validé qu'une seule année d'études, à savoir une première année de master " Lettres ". Il s'est, de nouveau, inscrit en première année de master au titre de l'année 2023/2024. Le cursus universitaire du requérant n'a donc connu aucune progression à l'issue de l'année scolaire 2020/2021. Par ailleurs, les éléments produits par le requérant ne permettent pas d'établir qu'il aurait rencontré des difficultés de nature à justifier l'absence de progression de ses études. La circonstance qu'il ait obtenu des diplômes au Sénégal et en France de " Lettres " avec une mention assez-bien ou qu'il serait pris financièrement en charge par son cousin demeure sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Dans ces conditions, la préfète du Rhône n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que les études suivies par M. A ne présentaient pas de progression ni de caractère sérieux.
6. Il résulte de ce qui précède, que la préfète du Rhône a pu, pour ce seul motif, et sans commettre d'erreur de droit au regard des stipulations de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 refuser de renouveler le titre de séjour étudiant de M. A.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, compte tenu de ce qui vient d'être dit, le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité du refus de séjour à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre.
8. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / () ".
9. M. A fait valoir qu'il réside régulièrement en France depuis plus de trois ans et qu'il a établi le centre des intérêts personnels sur le territoire national. Toutefois, tel que cela a été précédemment exposé, il n'est pas justifié du caractère sérieux et de la progression des études qu'il a entreprises. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant, qui avait été titulaire d'un titre de séjour afin de poursuivre des études ne lui donnant pas vocation à s'établir durablement en France, est dépourvu d'attaches privées et familiales dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-quatre ans. Dans ces conditions, la décision par laquelle la préfète lui a fait obligation de quitter le territoire français n'a pas porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, cette décision n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée y compris ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2024.
La rapporteure,
N. BardadLe président,
J. Segado
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026