mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2309319 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | PETIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés les 2 novembre 2023, 26 décembre 2023 et 11 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Petit, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 août 2023 par lequel la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire " mention vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de s'assurer de l'effacement de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen effectué en application de la décision prononçant l'interdiction de retour sur le territoire français ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 alinéa 2 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de délivrance d'un titre de séjour :
- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence de production de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- il méconnaît l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché' d'erreur de fait dès lors que le défaut de prise en charge médicale peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité ;
- il méconnaît les articles 3 et 24 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît l'article 7 de la convention relative aux droits des personnes handicapées du 30 mars 2007 ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'administration ne peut faire valoir dans son mémoire en défense l'existence d'un traitement approprié est disponible en Angola, à la place du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui ne s'est pas prononcé sur la disponibilité du traitement, sans outrepasser ses compétences ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale compte tenu de l'illégalité du refus de séjour ;
- elle méconnaît les articles 3 et 24 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle méconnaît l'article 7 de la convention relative aux droits des personnes handicapées du 30 mars 2007 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale compte tenu de l'illégalité du refus de séjour ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale compte tenu de l'illégalité du refus de séjour et de la mesure d'éloignement ;
- elle dépourvue de base légale ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation en droit ;
- il ne peut lui être reproché de n'avoir pas exécution une mesure d'éloignement alors qu'il disposait d'une attestation de protection contre une mesure d'éloignement en octobre 2020 ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que l'examen d'une vie privée et familiale en France ne constitue pas un des critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation ;
- elle est entachée d'illégalité sur son principe et sa durée.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 janvier 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale, par une décision du 28 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention relative aux droits des personnes handicapées ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté modifié du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bardad, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant angolais né le 2 juillet 1967, est entré irrégulièrement en France, le 22 novembre 2017, selon ses déclarations. Sa demande d'asile a été rejetée, le 6 décembre 2018, par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, puis par la Cour nationale du droit d'asile, le 7 novembre 2019. M. A a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, le 5 décembre 2019. Le recours qu'il a exercé à l'encontre de cette décision a été rejeté, par un jugement du tribunal administratif de Lyon, le 27 avril 2020, puis par une ordonnance du président de la cour administrative de Lyon, le 15 juillet 2021. M. A a sollicité, le 16 novembre 2022, une autorisation provisoire de séjour sur le fondement de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en qualité de parent d'un enfant malade. Par une décision du 23 août 2023, la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de six mois. M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la préfète du Rhône a produit l'avis rendu par le collège de médecins, le 7 juin 2023. Il ressort des pièces du dossier et notamment des mentions de l'avis et de son bordereau de transmission que cet avis a été régulièrement rendu par un collège de trois médecins, après avoir fait préalablement l'objet d'un rapport par un autre médecin qui n'a pas participé à la formation qui a rendu l'avis. Cet avis contient l'ensemble des mentions requises par l'arrêté susvisé du 27 décembre 2016. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9. ".
4. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'accès effectif ou non à un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
5. Pour refuser de délivrer l'autorisation provisoire de séjour sollicitée, la préfète du Rhône s'est fondée sur l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 7 juin 2006 selon lequel l'état de santé de l'enfant de M. A, Samuel Landu Vatomene A, nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et, qu'au vu des éléments du dossier, son état de santé pouvait lui permettre de voyager sans risques vers son pays d'origine.
6. Pour contester ce refus, le requérant se prévaut de plusieurs documents médicaux dont un certificat médical du docteur D, neuropédiatre à l'Hôpital femme mère enfant, du 3 novembre 2023, postérieur à la décision attaquée, et un certificat médical du 28 novembre 2022 du docteur C, neuropédiatre, qui le suit dans le cadre du service des soins et d'aide à domicile. Il ressort des pièces médicales ainsi produites que Samuel est suivi en neuropédiatrie depuis le mois de février 2018 en raison d'une pathologie neurologique chronique invalidante d'origine indéterminée, qu'il présente un polyhandicap avec une absence d'autonomie dans la vie quotidienne, qu'il souffre également de troubles du comportement de type trouble du spectre autistique sévère (niveau 3) avec auto-agressivité pour lesquels il bénéficie d'un traitement médicamenteux associant RISPERDAL, ATARAX, MELATONINE, qu'il bénéficie d'un accompagnement éducatif, de kinésithérapie, d'orthophonie, d'ergothérapie et d'un suivi par un neuropédiatre une fois par an. Il fait valoir, en s'appuyant sur ces pièces médicales, que l'absence de prise en charge médicale risquerait d'entraîner une régression psychomotrice et/ou la majoration des troubles du comportement. Toutefois, en l'espèce, ni ces éléments, ni les autres pièces produites ne suffisent à remettre en cause l'appréciation portée par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dont a fait sienne la préfète du Rhône, quant au fait qu'un défaut de prise en charge médicale ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité au sens et pour l'application des dispositions précitées. Par ailleurs, si le requérant fait valoir que son fils n'a pas été convoqué pour être examiné par les médecins du collège qui a rendu cet avis ni davantage par un neuro-pédiatre ou un spécialiste des troubles du spectre autistique, aucune disposition du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'impose une telle convocation ni un tel examen médical, et il n'apparaît pas que ce collège de médecins n'aurait pas été en mesure de porter une appréciation sur l'état de santé de l'enfant au vu des pièces médicales qui leur ont été communiquées. Par ailleurs, la circonstance que le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne s'est pas prononcé dans son avis sur la disponibilité d'un traitement en Angola n'est pas de nature à entacher d'irrégularité cet avis et d'illégalité la décision attaquée dès lors que l'absence de prise en charge médicale ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de ce que la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation au regard de ces dispositions ni d'erreur de fait, doivent être écartés.
7. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article 7 de la convention relative aux droits des personnes handicapées signée à New York le 30 mars 2007 " () Dans toutes les décisions qui concernent les enfants handicapés, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
8. Le requérant se prévaut de l'état de son enfant et de la prise en charge médicale et pluridisciplinaire dont son fils a besoin. Il soutient notamment que la situation de handicap de son fils est incompatible avec tout changement de lieu de vie et, en particulier, avec une expulsion du centre d'hébergement au sein duquel ils résident, que le droit pour son fils à une éducation spécialisée dans le cadre d'un parcours d'éducation adapté lui a été reconnu en France. Toutefois, et alors que comme il a été dit ci-dessus, il ne ressort pas des pièces du dossier que le défaut de prise en charge médicale de Samuel aurait des conséquences d'une exceptionnelle gravité, les éléments produits par le requérant, concernant particulièrement l'état de santé de cet enfant et sa prise en charge médicale, éducative et pluridisciplinaire, ne suffisent pas à établir que le refus de séjour contesté a méconnu l'intérêt supérieur de Samuel. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et du deuxième alinéa de l'article 7 de la convention relative aux droits des personnes handicapées signée à New York le 30 mars 2007 doivent être écartés.
9. En quatrième lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 24 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, qui créent seulement des obligations entre Etats sans ouvrir de droits aux intéressés.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été précédemment exposé, le requérant n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour à l'encontre de la mesure d'éloignement.
11. En second lieu, pour les motifs exposés aux points 6 et 8, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, l'article 7 de la convention internationale relative aux droits des personnes handicapées et de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur la situation personnelle du requérant doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
12. L'illégalité de la décision portant refus de séjour n'étant pas établie, le requérant ne peut, par voie d'exception, se prévaloir de cette illégalité à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
13. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant refus de séjour et de la mesure d'éloignement n'étant pas établie, le requérant ne peut, par voie d'exception, se prévaloir de cette illégalité à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de six mois.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ". Aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".
15. Il ressort des pièces du dossier et en particulier des termes de la décision attaquée, que la préfète du Rhône a précisé les motifs y compris de droit pour lesquels elle prononçait une interdiction de retour sur le territoire français, au regard des critères fixés par les dispositions de l'article L. 612-10 précité, dispositions dont elle a fait application. La circonstance que l'autorité administrative se serait bornée à mentionner qu'en " application des dispositions des articles L. 612-6 à L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une interdiction de retour peut être prononcée à l'encontre d'un étranger obligé de quitter le territoire français " n'est pas, à elle seule, de nature à révéler une insuffisance de motivation ou un défaut de base légale.
16. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient le requérant, l'autorité administrative pouvait légalement se fonder sur sa vie privée et familiale notamment au regard de son pays d'origine pour apprécier la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France. La préfète rappelle, d'ailleurs, la nature et l'absence d'ancienneté de ces liens ainsi que la mesure d'éloignement dont M. A a fait l'objet, le 5 décembre 2019, pour prononcer une interdiction de retour d'une durée de six mois. Le requérant ne saurait soutenir qu'il ne peut lui être reproché de n'avoir pas exécuté cette mesure d'éloignement du 5 décembre 2019 alors que l'attestation de protection contre une mesure d'éloignement du 6 octobre 2020, dont il se prévaut, est postérieure à la mesure d'éloignement en cause et au jugement du tribunal administratif de Lyon du 27 avril 2020 confirmant cette mesure d'éloignement. En outre, compte tenu notamment de ce qui a été dit aux points 6 et 8, et en l'absence de circonstance humanitaire faisant obstacle à ce qu'une interdiction de retour sur le territoire soit prononcée à son encontre, M. A, qui n'a pas exécuté la mesure d'éloignement en cause, n'est pas fondé à soutenir que l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée d'une durée de six mois serait entachée d'erreur d'appréciation, d'erreur de droit ou d'illégalité dans son principe et sa durée. Par suite, l'ensemble des moyens doit être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée y compris ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.
La rapporteure,
N. BardadLe président,
J. Segado
La greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026