lundi 13 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2309417 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | LEFEVRE-DUVAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les 8 et 9 novembre 2023, M. C D, représenté par Me Lefevre-Duval, demande au tribunal :
1°) de prononcer son admission à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les décisions du 6 novembre 2023 par lesquelles la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de 18 mois, ainsi que la décision du même jour prononçant son assignation à résidence ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 900 euros HT sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision du 6 novembre 2023 portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence dès lors que la délégation de signature de M. G A ne l'autorisait pas à signer les mesures d'éloignement ;
- les décisions portant interdiction de retour et fixant le pays de renvoi encourent en conséquence l'annulation par la voie de l'exception d'illégalité ;
- en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il sera en conséquence mis fin à la mesure d'assignation à résidence.
Par deux mémoire en défense, enregistrés le 9 novembre 2023, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les décisions attaquées ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à M. Delahaye.
Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delahaye, magistrat désigné ;
- les observations de Me Lefevre-Duval, représentant M. D, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et ajoute que la délégation de signature est insuffisamment précise, que l'obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et que l'interdiction de retour sur le territoire français de 18 mois est disproportionnée ;
- les déclarations de M. D, assisté par M. I, interprète en langue arabe.
La préfète du Rhône n'étant ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience conformément aux dispositions de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, ressortissant algérien né le 5 septembre 1993, demande l'annulation des décisions du 6 novembre 2023 par lesquelles la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de 18 mois
Sur l'aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions des articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur l'obligation de quitter le territoire français:
3. En premier lieu, il ressort des pièces que par arrêté du 13 octobre 2023, régulièrement publié le 16 octobre 2023 au recueil des actes administratifs spécial n°69-2023-230, accessible tant au juge qu'aux parties, la préfète du Rhône a donné délégation de signature à M. G A, adjoint au chef de bureau des affaires générales et du contentieux, chef de la section du contentieux, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme B E, directrice des migrations et de l'intégration, et de M. F H, chef du bureau des affaires générales et du contentieux, à l'effet de signer les documents visés à l'article 1er de cet arrêté, à savoir tous les actes administratifs établis par la direction des migrations et de l'intégration, à l'exception de ceux au nombre desquels ne figure pas la décision attaquée. Par suite, dès lors que cette délégation est suffisamment précise et qu'il n'est pas établi, ni même allégué que Mme E et M. H n'auraient pas été absents ou empêchés, le moyen tiré de l'incompétence de la décision en litige doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. M. D fait valoir à l'audience qu'il vit en France depuis deux ans, que son oncle et sa tante résident en France et qu'il est dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, célibataire sans enfant, a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement notifiée le 25 septembre 2022, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français de 12 mois, qu'il a été interpellé le 5 novembre 2023 pour des faits de détention illicite de substance, plante ou médicament inscrit sur les listes I et II ou classée comme psychotrope, de détention frauduleuse en vue de la vente de tabac manufacturé, et d'outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique, et qu'il est par ailleurs défavorablement connu des services de police pour des faits de refus d'obtempérer et de rébellion. Compte tenu de ces éléments, alors au demeurant qu'il ne justifie pas de la présence alléguée de membres de sa famille sur le territoire français, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la violation des stipulations précitées doit par suite être écarté.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
6. Eu égard à ce qui a été dit précédemment, le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la mesure d'éloignement à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
7. En premier lieu, eu égard à ce qui a été dit précédemment, M. D n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la mesure d'éloignement à l'encontre de la mesure portant interdiction de retour sur le territoire français.
8. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit les décisions portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
9. Compte tenu de l'ensemble de ce qui a été dit précédemment sur sa situation personnelle, M. D, qui a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et dont la présence en France représente une menace pour l'ordre public, n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Rhône, qui a pris en considération l'ensemble des critères mentionnés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a commis une erreur d'appréciation en lui interdisant de retourner sur le territoire français pour la durée de 18 mois, ni que cette mesure présenterait un caractère disproportionné au regard de sa situation.
Sur l'assignation à résidence:
10. Au regard de ce qui a été dit précédemment, le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision prononçant son assignation à résidence, ni à se prévaloir des dispositions de L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1 : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.
Article 3: Le présent jugement sera notifié à M. C D et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
L. DelahayeLa greffière,
C. Driguzzi
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N°2309417
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026