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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2309423

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2309423

vendredi 15 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2309423
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantDEME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 novembre 2023 et 15 janvier 2024, Mme C B épouse D, représentée par Me Deme, demande au tribunal :

1°) à titre principal :

- d'annuler les décisions du 28 août 2023 par lesquelles le préfet de la Loire a refusé de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée d'un an ;

- d'enjoindre au préfet de la Loire lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et, dans l'attente, de lui remettre une autorisation provisoire de séjour ;

2°) à titre subsidiaire :

- d'annuler la décision 28 août 2023 par laquelle le préfet de la Loire l'a obligée à quitter le territoire français ;

- d'enjoindre au préfet de la Loire de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et, dans l'attente, de lui remettre une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus d'autorisation provisoire de séjour :

- elle est entachée d'incompétence de son signataire ;

- elle est insuffisamment motivée en fait au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée de vices de procédure dès lors qu'il n'est pas établi que le collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ait régulièrement émis un avis sur l'état de santé de sa fille mineure préalablement à son édiction ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que l'état de santé de sa fille mineure nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle ne pourra pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans leur pays d'origine eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé en Algérie ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 6, 5) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus d'autorisation provisoire de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus d'autorisation provisoire de séjour ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;

- elle revêt un caractère disproportionné.

La requête a été communiquée au préfet de la Loire qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par un courrier du 20 février 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que, s'agissant de la décision portant refus d'autorisation provisoire de séjour, les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas applicables à la situation de Mme B épouse D, ressortissante algérienne, et qu'il y a lieu de substituer à cette base légale erronée celle tirée du pouvoir général de régularisation dont dispose l'autorité préfectorale pour délivrer une autorisation provisoire de séjour.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le règlement (UE) n° 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 ;

- le règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes, ni représentées.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Gueguen a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante algérienne née le 14 septembre 1974, est entrée régulièrement en France, le 19 novembre 2017. Par un premier arrêté du 4 juin 2019, le préfet de la Loire a refusé à l'intéressée la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français. Par un second arrêté du 8 octobre 2020, dont la légalité a été confirmée, tant par un jugement du tribunal du 1er juin 2021 que par un arrêt de la cour administrative d'appel de A du 13 juin 2022, le préfet de la Loire a de nouveau refusé à l'intéressée la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français. Le 27 septembre 2022, Mme D a sollicité la délivrance d'une " autorisation provisoire de séjour en qualité de parent accompagnant d'enfant mineur malade ". Enfin, par un arrêté du 28 août 2023, le préfet de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée d'un an, en l'informant qu'elle faisait l'objet d'un signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS). La requérante demande au tribunal, à titre principal, de prononcer l'annulation des décisions du 28 août 2023 par lesquelles le préfet de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée d'un an, et, à titre subsidiaire, de prononcer l'annulation de la décision précitée du 28 août 2023 portant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision portant refus d'autorisation provisoire de séjour :

2. En premier lieu, par un arrêté du 13 juillet 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la Loire le 24 juillet suivant, accessible tant au juge qu'aux parties, le préfet de la Loire a donné délégation permanente de signature à M. E F, sous-préfet de Saint-Étienne, secrétaire général de la préfecture de la Loire, à l'effet de signer tous actes, arrêtés, décisions, documents et correspondances administratives dans le cadre de la procédure relevant du droit des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application, en particulier l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié et les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de Mme D sur lesquelles le préfet de la Loire s'est fondé pour lui refuser la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour en qualité de parent d'enfant malade, en particulier la circonstance tirée de ce qu'aucune pièce du dossier de l'intéressée ne venait utilement contredire l'avis rendu le 8 février 2023 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) dont l'autorité préfectorale s'est appropriée le sens. Contrairement à ce que soutient la requérante, le préfet de la Loire n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à sa situation personnelle et familiale. Par suite, la décision contestée, qui comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et ont ainsi permis à la requérante d'en contester utilement le bien-fondé, est suffisamment motivée au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

4. En troisième lieu, d'une part, les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives aux différents titres de séjour qui peuvent être délivrés aux étrangers en général et aux conditions de leur délivrance s'appliquent, ainsi que le rappelle l'article L. 110-1 du même code " sous réserve () des conventions internationales ".

5. D'autre part, selon les termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, () se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. / Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9. ". En outre, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Enfin, selon les termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. ".

6. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " prévue par l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est délivrée par le préfet au vu d'un avis émis par un collège de trois médecins nommés par le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), après transmission à ce collège d'un rapport médical établi par un médecin de l'OFII ne siégeant pas au sein dudit collège. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans le pays dont l'étranger est originaire et que si ce dernier y a effectivement accès. Toutefois, la partie qui justifie de l'avis d'un collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.

7. Les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent de manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoints et leurs enfants mineurs peuvent s'installer en France. Par suite, le préfet de la Loire ne pouvait légalement se fonder sur les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour refuser à Mme D, ressortissante algérienne, la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour en qualité de parent d'enfant malade.

8. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.

9. En l'espèce, la décision contestée du 28 août 2023 trouve son fondement légal dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont dispose l'autorité préfectorale pour apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle d'un ressortissant algérien et en particulier de l'état de santé de son enfant, l'opportunité d'une mesure de régularisation de sa situation sous la forme de la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et renouvelable, laquelle base légale tirée du pouvoir général de régularisation appartenant à l'autorité préfectorale peut être substituée aux dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mentionnées de manière erronée par le préfet de la Loire, dès lors, en premier lieu, que ces bases légales sont équivalentes au regard des garanties qu'elles prévoient et en deuxième lieu, que l'administration dispose d'un pouvoir d'appréciation de portée équivalente pour appliquer l'une ou l'autre de ces bases légales. Dans ces conditions, et ainsi qu'en ont été informées les parties en application des dispositions de l'article L. 611-7 du code de justice administrative, il y a lieu, pour le tribunal, de procéder d'office à cette substitution de base légale et d'examiner la légalité de cette décision au regard de la base légale tirée du pouvoir général de régularisation dont dispose l'autorité préfectorale.

10. Tout d'abord, il ressort du bordereau produit en défense qu'au cours de l'instruction de la demande d'autorisation provisoire de séjour de Mme D en qualité de parent d'enfant malade, le collège de médecins de l'OFII, composé de trois médecins, a rendu un avis 8 février 2023 au vu d'un rapport médical rédigé par un autre médecin, le 24 janvier 2023, qui lui a été transmis le lendemain. Par suite, le moyen tiré des vices de procédure, tel qu'articulé, doit être écarté.

11. Ensuite, il ne ressort ni des termes de la décision contestée, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet de la Loire n'aurait pas procédé à un examen sérieux et particulier de la situation personnelle de Mme D. À cet égard, et contrairement à ce que soutient la requérante, la seule circonstance que l'autorité préfectorale ait confondu la date de naissance de sa fille mineure, née le 30 décembre 2011, avec celle de la délivrance de son passeport par les autorités algériennes le 7 janvier 2016, pour regrettable qu'elle soit, n'est pas, par elle-même, de nature à démontrer que le préfet de la Loire n'aurait pas procédé à un tel examen sérieux et particulier de sa situation personnelle, et en particulier de son droit au séjour au regard de l'état de santé de cette enfant. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit, tel qu'articulé, est infondé et doit être écarté.

12. Enfin, pour refuser la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour en qualité de parent d'enfant malade à Mme D, le préfet de la Loire s'est approprié le sens de l'avis émis par le collège de médecins du service médical de l'OFII qui a estimé que l'état de santé de sa fille mineure nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entrainer pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, elle pourrait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Pour contester cette analyse, la requérante soutient qu'il existe " un manque de prise en charge multidisciplinaire et de scolarisation adaptée " des " enfants en situation de polyhandicap " en Algérie, les " structures sanitaires pédiatriques ne dispos(a)nt pas de centre(s) de rééducation spécialisé pour enfant avec une prise en charge multidisciplinaire permettant son insertion scolaire et sociale à l'âge adulte " alors que sa fille mineure est lourdement handicapée. En l'espèce, s'il ressort des nombreuses pièces médicales versées au débat que l'enfant de Mme D, " polyhandicapée ", est atteinte d'une " encéphalopathie chronique depuis la petite enfance ", dont " l'origine reste indéterminée ", ainsi que d'un " trouble neuro-développemental avec polymicrogyrie ", à l'origine d'une " quadriparésie spastique déformante ", d'une " déficience intellectuelle sévère secondaire " et de " troubles du comportement et du sommeil ", qu'elle a été suivie par le " service de l'escale " de l'hôpital femmes mères et enfants (G A à compter de l'année 2012, qu'elle est suivie par l'équipe médicale des services de pédiatrie et de médecine physique et de réadaptation (MPR) pédiatrique du centre hospitalier universitaire (CHU) de Saint-Étienne depuis le mois de septembre 2019, qu'elle fréquente un institut médico-éducatif (IME) cinq jours par semaine et que sa " fragilité globale lui fait courir le risque de complications neurologiques, digestives et respiratoires sérieuses ", ces éléments ne sont pas de nature à infirmer l'analyse du collège de médecins de l'OFII en date du 8 février 2023. En effet, si la requérante se prévaut du certificat médical rédigé le 20 septembre 2023 par un professeur de l'unité médicale de génétique clinique de G A, relevant que sa fille mineure " présente une pathologie neuro développementale sévère associée à des comorbidités neurologiques et orthopédiques (scoliose sévère) ", laquelle " nécessite des soins de rééducation, ainsi qu'une prise en charge active de sa scoliose ", une " opération (étant) prévue ", et que " l'ensemble de ses symptômes s'intègrent dans un syndrome très probablement d'origine génétique pour lequel des investigations poussées sont en cours chez la patiente et chez ses deux parents ", ce certificat médical n'est pas de nature à démontrer que la jeune fille ne pourra bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine dès lors qu'il relève, dans des termes généraux et peu circonstanciées " que " l'ensemble de cette prise en charge et des investigations génétiques ne sont pas réalisables en Algérie ". De même, si Mme D verse au débat " l'examen des rapports soumis par les États parties à la convention relative aux droits de l'enfant lors de la 60ème session du 29 mai au 15 juin 2012 " comprenant les " observations finales " de l'Algérie, un document non daté relatif à l'ouverture de classes spéciales, au sein des établissements de l'éducation et de l'enseignement public relevant du secteur de l'éducation nationale en Algérie, faisant référence à un arrêté du 13 mars 2014 relatif à l'ouverture de ces classes, ainsi que la contribution de la Fédération algérienne des personnes handicapées du 30 mars 2022, ces éléments généraux et peu circonstanciés, pour la plupart anciens, ne sont pas davantage de nature à infirmer l'analyse du collège de médecins de l'OFII sur la possibilité pour sa fille mineure de bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé dans le pays dont elle est originaire eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans ce pays. Par suite, c'est sans commettre d' " erreur de droit " ni d' " erreur manifeste d'appréciation " que le préfet de la Loire a refusé de délivrer à la requérante une autorisation provisoire de séjour en qualité de parent d'enfant malade.

13. En quatrième lieu, Mme D n'ayant sollicité que la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour en qualité de parent d'enfant malade et le préfet de la Loire ne s'étant pas prononcé sur son droit au séjour à un autre titre, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 6, 5) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié est inopérant et ne peut, par suite, qu'être écarté.

14. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

15. Mme D soutient que la décision contestée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, dès lors qu'elle est installée en France depuis le 19 novembre 2017, où elle a effectué des séjours à plusieurs reprises dès l'année 2012 " pour assister aux suivis médicaux et neurochirurgicaux de sa fille " mineure ", qu'elle y réside avec ses quatre autres enfants " tous entrés régulièrement (sur le territoire français) avec des visas () et scolarisés depuis l'année 2017-2018 " et qu'elle y justifie d'une " très bonne insertion sociale " compte tenu de ce qu'elle " fait du bénévolat au sein d'une association () donnant des cours de français aux nouveaux arrivants " et " dispose de son propre logement ", alors qu'elle s'est " séparée de son mari en raison des (faits de) violences conjugales qu'elle a subies ". Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la durée de présence en France de la requérante, qui y est entrée pour la dernière fois à l'âge de quarante-trois ans, est notamment due à son maintien en situation irrégulière, l'intéressée ne contestant pas s'être soustraite à la précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 8 octobre 2020. Par ailleurs, Mme D ne justifie pas, par les pièces qu'elle produit, essentiellement composées de documents relatifs à l'état de santé et à la prise en charge médicale de sa fille mineure, de liens privés et familiaux suffisamment anciens, intenses et stables en France, à l'exception de ses quatre autres enfants respectivement nés en Algérie les 27 août 2001, 1er octobre 2003, 1er novembre 2013 et 27 novembre 2017, dont deux sont désormais majeurs, ni d'une insertion sociale et professionnelle particulière en dépit de la conclusion le 13 août 2019 d'un contrat de location pour un logement situé à Saint-Chamond. Enfin, si la requérante fait état de sa séparation avec son mari qui résiderait en France depuis le 23 octobre 2020 selon les termes non contestés de la décision attaquée, et s'il ressort des pièces du dossier que ce dernier a été condamné le 8 septembre 2021 par le tribunal correctionnel de Saint-Étienne à une peine de cinq mois d'emprisonnement délictuel avec sursis total et 300 euros d'amende pour des faits de violences conjugales commis sur la personne de son épouse les 29 janvier et 2 février 2021, elle ne se prévaut cependant d'aucune circonstance de nature à faire obstacle à la reconstitution de sa cellule familiale dans tout autre pays que la France, et notamment en Algérie, pays dont elle a la nationalité, où elle a vécu l'essentiel de son existence, où sa fille mineure pourra bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé et où ses deux autres enfants mineurs pourront poursuivre leur scolarité. Dans ces circonstances, eu égard aux conditions de son séjour en France, le préfet de la Loire n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de la requérante en lui refusant la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour en qualité de parent d'enfant malade. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est infondé et doit être écarté. Par les mêmes motifs, et en l'absence d'argumentation particulière, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision contestée sur la situation personnelle de l'intéressée, à supposer qu'il ait véritablement été soulevé, doit également être écarté.

16. En dernier lieu, selon les termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir et qui sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

17. En l'espèce, dès lors que le maintien sur le territoire français de la fille mineure de Mme D n'est pas une condition nécessaire à ce qu'elle bénéficie d'un traitement approprié à son état de santé, le préfet de la Loire n'a pas porté une atteinte disproportionnée à l'intérêt supérieur de cette enfant en refusant à la requérante la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour en qualité de parent d'enfant malade. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, tel qu'articulé, est infondé et doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

18. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus d'autorisation provisoire de séjour, le moyen tiré de ce que la décision contestée devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté.

19. En second lieu, en l'absence d'argumentation particulière, et en tenant compte des conséquences spécifiques de la décision contestée, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la mesure d'éloignement sur la situation personnelle et familiale de Mme D doivent être écartés par les mêmes motifs que ceux précédemment exposés aux points 15 et 17.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

20. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus d'autorisation provisoire de séjour, le moyen tiré de ce que la décision contestée devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.

21. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Selon les termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

22. Il ressort des termes mêmes des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

23. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

24. Enfin, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les motifs qu'invoque l'autorité compétente sont de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour et si la décision ne porte pas au droit de l'étranger au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. En revanche, lorsqu'il est saisi d'un moyen le conduisant à apprécier les conséquences de la mesure d'interdiction de retour sur la situation personnelle de l'étranger et que sont invoquées des circonstances étrangères aux quatre critères posés par les dispositions précitées de l'article L. 612-10, il incombe seulement au juge de l'excès de pouvoir de s'assurer que l'autorité compétente n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.

25. Pour prononcer à l'encontre de Mme D une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, le préfet de la Loire s'est fondé sur les motifs tirés de son " entrée en France récente ", de la " nature et (de l') ancienneté de ses liens avec la France " ainsi que de " la présence de deux précédentes mesures d'éloignement inexécutées ", estimant qu'une telle interdiction " ne port(ait) pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressée au regard de sa vie privée et familiale ".

26. En l'espèce, premièrement, il ne ressort ni des termes de la décision contestée, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet de la Loire n'aurait pas procédé à un examen sérieux et particulier de la situation personnelle de Mme D. S'il est loisible à la requérante de contester l'appréciation portée par l'autorité préfectorale pour prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée d'un an, cette divergence d'analyse n'est pas de nature à établir le défaut d'examen allégué. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit, tel qu'articulé, est infondé et doit être écarté.

27. Deuxièmement, Mme D soutient que la mesure d'interdiction de retour sur le territoire français en litige est " disproportionnée compte tenu des circonstances de l'espèce ", dès lors qu'elle est installée en France depuis le 19 novembre 2017, où elle a effectué des séjours à plusieurs reprises dès l'année 2012 " aux fins des suivis médicaux et neurochirurgicaux de sa fille ", que cette interdiction " va à l'encontre de la continuité des soins que (sa fille) pourrait être amenée à recevoir en France " et qu'elle " porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de (s)a vie privée et familiale ". Toutefois, la requérante ne conteste pas utilement qu'elle entrait dans le champ d'application des dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant au préfet de la Loire d'assortir la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire national. Par ailleurs, il résulte de ce qui a été précédemment exposé au point 15 que l'intéressée ne justifie pas de liens privés et familiaux suffisamment anciens, intenses et stables en France, où elle est présente depuis le 19 novembre 2017, et elle ne conteste pas davantage avoir fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement les 4 juin 2019 et 8 octobre 2020, alors par ailleurs, que la légalité de cette seconde mesure a été confirmée par les juridictions administratives compétentes. En outre, l'autorité préfectorale n'a édicté à son encontre qu'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, alors que la durée d'une telle interdiction pouvait être fixée à deux ans. Enfin, il résulte de ce qui a été dit au point 12 que Mme D ne démontre pas qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays dont elle est originaire, sa fille mineure ne pourrait effectivement y bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé, alors au surplus que le signalement dans le SIS d'un ressortissant d'un pays tiers faisant l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français n'interdit pas à un État membre de l'autoriser à entrer sur son territoire pour des motifs humanitaires ou d'intérêt national, ou en raison d'obligations internationales conformément aux dispositions du règlement du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes, et en particulier du c) du paragraphe 5 de son article 6. Par suite, en dépit de la durée de sa présence en France et alors même que cette présence ne représente pas une menace pour l'ordre public, le préfet de la Loire n'a pas fait une inexacte application des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant à l'encontre de Mme D une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, laquelle ne revêt pas, dans les circonstances de l'espèce, un caractère disproportionné, l'autorité préfectorale n'ayant pas davantage commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette mesure d'interdiction de retour sur la situation personnelle de l'intéressée.

28. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B épouse D et au préfet de la Loire.

Délibéré après l'audience du 23 février 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,

M. Bertolo, premier conseiller,

M. Gueguen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mars 2024.

Le rapporteur,

C. Gueguen

La présidente,

A. Baux

La greffière,

I. Rignol

La République mande et ordonne au préfet de la Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

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