vendredi 15 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2309563 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL AD JUSTITIAM |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 novembre et 28 décembre 2023 sous le n° 2309563, M. D A, représenté par la SELARL Ad Justiciam (Me Thinon), demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 12 octobre 2023 par lesquelles le préfet de la Loire lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
- en cas d'annulation pour un motif de légalité externe, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
- en cas d'annulation pour un motif de légalité interne, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trente jours à compter de la même date.
Il soutient que :
- les décisions contestées sont entachées d'incompétence de leur signataire ;
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :
- elle revêt un caractère disproportionné ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
La requête a été communiquée au préfet de la Loire qui n'a pas produit de mémoire en défense.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 janvier 2024.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 novembre et 28 décembre 2023 sous le n° 2309568, Mme B C, représentée par la SELARL Ad Justiciam (Me Thinon), demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 12 octobre 2023 par lesquelles le préfet de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
- en cas d'annulation pour un motif de légalité externe, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
- en cas d'annulation pour un motif de légalité interne, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trente jours à compter de la même date.
Elle soutient que :
- les décisions contestées sont entachées d'incompétence de leur signataire ;
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :
- elle revêt un caractère disproportionné ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
La requête a été communiquée au préfet de la Loire qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 janvier 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes, ni représentées.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Gueguen a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A et Mme C, ressortissants kosovars respectivement nés les 29 novembre 1987 et 29 novembre 1988 à Mitrovica, déclarent être entrés en France le 22 novembre 2010 où ils sont respectivement connus des services préfectoraux sous les identités de Roki Osmani, ressortissant kosovar né le 29 novembre 1985 à Mitrovica, Samanta Dibrani, ressortissante de nationalité " kosovare, serbe monténégro " née le 2 novembre 1986 à Mitrovica, et B Demajli, pour avoir fait l'objet de précédentes mesures d'éloignement, le 2 juin 2006. Après avoir déposé des demandes d'asile qui seront rejetées tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le 29 avril 2011, que par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le 17 novembre suivant, les intéressés, qui avaient entre-temps fait l'objet de mesures d'éloignement le 24 juin 2011, ont sollicité des services de la préfecture de la Loire, le 8 décembre 2011, la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions alors applicables des articles L. 313-11, 7° et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par des arrêtés du 13 décembre 2012, dont la légalité sera confirmée tant par un jugement du tribunal, le 20 juin 2013, que par un arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon, le 3 juillet 2014, le préfet de la Loire a refusé à M. A et Mme C la délivrance d'un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourraient être éloignés d'office. Ayant " déposé une demande de régularisation " au cours de l'année 2015, M. A fera également fait l'objet de décisions du 24 février 2016 par lesquelles le préfet de la Loire lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office et l'a assigné à résidence, et le recours en excès de pouvoir formé par l'intéressé le 19 mai suivant à l'encontre de ces décisions sera rejeté par une ordonnance du tribunal du 18 juillet 2016. Les 27 juin 2016 et 12 mai 2017, M. A et Mme C ont sollicité des services de la préfecture de la Loire, la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions alors applicables des articles L. 313-10 et L. 313-11, 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que leur admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-14 du même code, et par des arrêtés du 14 mars 2019, dont la légalité a été confirmée tant par un jugement du tribunal, le 3 décembre 2019, que par une ordonnance de la cour administrative d'appel de Lyon, le 14 avril 2020, le préfet de la Loire leur a refusé la délivrance d'un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourraient être éloignés d'office. Les 14 janvier et 16 octobre 2021, M. A et Mme C ont une nouvelle fois sollicité des services de la préfecture de la Loire la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions alors applicables des articles L. 313-11, 7° et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Après avoir saisi la commission du titre de séjour qui le 10 mars 2023, a émis des avis favorables à la proposition de l'autorité préfectorale, par deux arrêtés en date du 12 octobre 2023, dont les requérants demandent au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet de la Loire a refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés d'office et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée de deux ans.
2. Les requêtes susvisées présentées par M. A et Mme C, concubins, ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, par suite, de les joindre pour statuer par un seul jugement.
3. Par un arrêté du 13 juillet 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la Loire le 24 juillet suivant, accessible tant au juge qu'aux parties, le préfet de la Loire a donné délégation permanente de signature à M. E F, sous-préfet de Saint-Étienne, secrétaire général de la préfecture de la Loire, à l'effet de signer tous actes, arrêtés, décisions, documents et correspondances administratives dans le cadre de la procédure relevant du droit des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour :
4. Selon les termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
5. M. A et Mme C soutiennent que les décisions contestées portent une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale, dès lors qu'ils résident sur le territoire français depuis " presque treize ans " et qu'ils y disposent de nombreuses attaches. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la durée de présence en France des intéressés, entrés irrégulièrement sur le territoire national le 22 novembre 2010 à l'âge de vingt-et-un ans, n'est due qu'à leur maintien en situation irrégulière, les requérants ne contestant pas s'être soustraits à au moins trois mesures d'éloignement dont ils ont fait l'objet les 24 juin 2011, 13 décembre 2012, et 14 mars 2019, M. A ayant également fait l'objet d'une telle mesure le 24 février 2016. Par ailleurs, si les intéressés versent au débat un document en langue italienne daté du 8 avril 2010, faisant état des dates et lieux de naissance de leurs quatre premiers enfants en Italie entre le 21 juillet 2004 et le 12 octobre 2008, l'extrait de l'acte de naissance de leur dernier fils, né le 23 juillet 2019 à Roanne, une lettre du département de la Loire datée du 27 février 2023 relative à l'attribution d'une aide financière d'un montant mensuel de 300 euros pour deux mois au bénéfice de cinq de leurs six enfants, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", valide du 30 janvier 2023 au 29 janvier 2024, délivrée à l'une des deux sœurs de M. A, mineure à la date de la décision en litige, la carte de résident, valide du 7 octobre 2015 au 6 octobre 2025, d'une personne que l'intéressé présente dans ses écritures comme étant son cousin, les récépissés de demandes de cartes de séjour, valides du 17 août 2023 au 16 février 2024 et du 1er septembre 2023 au 28 février 2024, respectivement délivrés à deux de leurs fils, la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale ", valide du 9 janvier 2023 au 8 janvier 2027, délivrée à une personne que M. A présente comme étant sa grand-mère, les cartes de résident, valides du 13 juillet 2014 au 12 juillet 2024, délivrées à deux personnes que l'intéressé présente comme étant son oncle et sa tante, ainsi que six témoignages respectivement rédigés les 20, 23, 24 novembre et 25 décembre 2023 par cinq connaissances et la compagne de l'un des frères de M. A, ces éléments ne suffisent pas à démontrer l'intensité et la stabilité des liens privés et familiaux dont ils entendent se prévaloir en France. En outre, les requérants n'établissent ni même n'allèguent être insérés socialement et professionnellement sur le territoire français, alors qu'il ressort des termes de la décision contestée que leurs conditions d'existence sont empreintes d'une grande précarité, les intéressés ne percevant pas de revenus fixes et ayant déclaré, lors de leurs passages devant la commission du titre de séjour, avoir des " petits boulots " et effectuer occasionnellement des emplois non déclarés. Enfin, alors que la mère de M. A fait également l'objet d'un refus de séjour assorti d'une mesure d'éloignement dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal du même jour, les requérants ne font état d'aucune circonstance de nature à faire obstacle à la reconstitution de leur cellule familiale dans tout autre pays que la France. Dans ces circonstances, eu égard aux conditions de leur séjour sur le territoire national, le préfet de la Loire n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. A et Mme C en leur refusant la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est infondé et doit être écarté.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, en l'absence d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour, le moyen tiré de ce que les décisions contestées devraient être annulées par voie de conséquence de l'illégalité de ces décisions ne peut qu'être écarté.
7. En second lieu, en l'absence d'argumentation particulière, et en tenant compte des conséquences spécifiques des décisions contestées, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences des mesures d'éloignement en litige sur la situation personnelle de M. A et Mme C doivent être écartés par les mêmes motifs que ceux précédemment exposés au point 5.
En ce qui concerne les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :
8. En premier lieu, selon les termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors applicable : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". L'article L. 612-10 du même code prévoit à cet égard que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
9. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les motifs qu'invoque l'autorité compétente sont de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour et si la décision ne porte pas au droit de l'étranger au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise.
10. Pour prononcer une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans à l'encontre des intéressés, le préfet de la Loire, après avoir précisé qu'il avait procédé à un examen d'ensemble de leurs situations au regard de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a relevé, s'agissant de M. A, que l'intéressé était entré en France le 22 novembre 2010, qu'il s'était soustrait aux cinq précédentes mesures d'éloignement dont il avait l'objet et qu'il était défavorablement connu des services de la police nationale pour des faits de " violence commise en réunion sans incapacité " et de " dégradation ou détérioration du bien d'autrui commis en réunion " commis le 17 février 2016 et ayant donné lieu à sa condamnation à une peine de trois mois d'emprisonnement avec sursis, et, s'agissant de Mme C, que son conjoint et ses enfants avaient également vocation à regagner leur pays d'origine et qu'elle s'était soustraite aux trois précédentes mesures d'éloignement dont elle avait fait l'objet alors que la dernière de ces mesures lui avait été notifiée le 22 mars 2019 et avait été confirmée tant par le tribunal le 3 décembre 2019 que par la cour administrative d'appel le 14 avril 2020.
11. En l'espèce, les requérants, qui ne contestent pas le principe même des interdictions de retour sur le territoire national dont ils font l'objet, soutiennent qu'elles constituent des " décision(s) disproportionnée(s) " dès lors qu'elles les empêcheront de " voir (leur) famille et notamment (leurs) enfants " et qu'ils résident en France " depuis treize années ". Cependant, il résulte de ce qui a été précédemment exposé au point 5 que M. A et Mme C ne justifient pas de la stabilité et de l'intensité des liens privés et familiaux dont ils se prévalent sur le territoire français, alors qu'ils y résident irrégulièrement et ont fait l'objet de précédentes mesures d'éloignement les 2 juin 2006, 24 juin 2011, 13 décembre 2012, 24 février 2016 et 14 mars 2019. Dans ces conditions, en dépit de la durée de présence en France des intéressés et alors même qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que cette présence représenterait une menace pour l'ordre public à la date des décisions contestées, le préfet de la Loire n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant à l'encontre de M. A et Mme C une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, soit la durée maximale prévue par les dispositions de l'article L. 612-8 du même code.
12. En second lieu, en l'absence d'argumentation particulière, et en tenant compte des conséquences spécifiques des décisions contestées, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté par les mêmes motifs que ceux précédemment exposés au point 5.
13. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les requêtes de M. A et Mme C doivent être rejetées en toutes leurs conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2309563 et n° 2309568 de M. A et Mme C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Mme B C et au préfet de la Loire.
Délibéré après l'audience du 23 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Bertolo, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mars 2024.
Le rapporteur,
C. Gueguen
La présidente,
A. Baux
La greffière,
I. Rignol
La République mande et ordonne au préfet de la Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Nos 2309563 - 2309568
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026