jeudi 16 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2309653 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DANDAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2023, la SARL Zam-Zam, représentée par Me Dandan, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, toutes mesures nécessaires à la préservation de la liberté d'entreprendre et du respect des droits de la défense ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence doit être regardée comme remplie dès lors que l'arrêté en litige, en date du 13 novembre 2023, par lequel la préfète du Rhône a prononcé, pour une durée de quinze jours à compter de la notification dudit arrêté, sa fermeture, lui cause un préjudice financier grave et immédiat ; elle ne possède aucun établissement secondaire, ne peut donc plus légalement exercer son activité et se trouve privée de l'intégralité de ses ressources pendant quinze jours soit de la somme de 55 332,48 euros alors que ses charges fixes s'élèvent à 28 423, la préfète du Rhône euros par mois et qu'il convient d'y ajouter les salaires devant être versés à ses salariés pour un montant de 10 472,17 euros ; enfin, la mesure contestée porte une atteinte grave à sa réputation ;
- l'arrêté en litige porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'entreprendre et à son droit d'exercer une activité économique ;
- il a été porté atteinte à son droit de se défendre dès lors qu'elle n'a pas bénéficié du respect du principe du contradictoire ;
- ont été méconnues les dispositions des articles L. 122-1 et L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté est entaché de détournement de pouvoir et de procédure ;
- la mesure est disproportionnée alors que sa bonne foi doit être prise en compte.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Baux, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ". Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code précité mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
2. Par un arrêté du 13 novembre 2023, la préfète du Rhône a, sur le fondement des dispositions des articles L. 8272-2, L. 8221-1 à L. 8221-5 du code du travail, prononcé, pour une durée de quinze jours à compter de la notification dudit arrêté, la fermeture de l'établissement à l'enseigne " Société Zam-Zam ", sis 23 rue Paul Bert, à Lyon 3ème. La SARL Zam-Zam a introduit, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une demande tendant à ce que soit prise toutes mesures permettant de préserver sa liberté d'entreprendre et le respect des droits de la défense.
3. Pour justifier d'une situation d'urgence particulière impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un très bref délai, la société requérante se borne à soutenir qu'elle se trouvera privée de l'intégralité de ses ressources durant quinze jours, que son chiffre d'affaires annuel s'élevant à 1 327 979,26, sa perte financière pour une fermeture d'une durée de quinze jours devra être estimée à la somme de 55 332,48 euros et que celle-ci doit nécessairement s'analyser au regard de ses charges fixes qui s'élèvent à 28 423,69 euros par mois. Enfin, la société requérante fait état de ce qu'elle doit également assumer le paiement des salaires de ses employés qui se sont élevés, au cours du mois d'octobre 2023, à la somme totale 10 472,17 euros. Toutefois, si la société requérante verse au débat la " balance générale " pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2023 ainsi que les bulletins de salaire de ses employés, pour les mois d'août et octobre 2023, il résulte de l'instruction que nombre des salariés ont été recrutés, pour certains seulement depuis le mois de juillet voire d'août 2023, que d'autres l'ont été, en octobre 2023, qu'en tout état de cause les bulletins ainsi versés ne permettent pas de justifier des montants des salaires dont fait état la requérante ni davantage que la société Zam-Zam ne pourrait se passer, sans exposer de frais supplémentaires, de nombre de ses employés au cours de la période de fermeture administrative contestée. Dans ces conditions, si les éléments produits par la société font état de ce qu'elle connaîtra une perte de chiffre d'affaires, il n'apparaît pas, au vu de son activité, des pièces produites et de ses conditions d'exploitation, que cette mesure de fermeture limitée à quinze jours et dont il ne reste que onze jours de fermeture à appliquer, entraînera des conséquences économiques et financières difficilement réparables justifiant une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté du commerce et de l'industrie, que les conclusions de la société Zam-Zam présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées, ensemble ses conclusions au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Zam-Zam est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Zam-Zam.
Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 16 novembre 2023.
La juge des référés,
A. Baux
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026