vendredi 15 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2309772 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | CADOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 novembre 2023, Mme D B, représentée par Me Cadoux, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 17 octobre 2023 par lesquelles la préfète du Rhône lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône :
- à titre principal, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour ;
- à titre subsidiaire, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer dans l'attente, dans un délai de sept jours à compter du jugement à intervenir, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles ont été signées par une autorité incompétente ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen particulier de sa situation, la préfète ayant pris sa décision en application pure et simple d'une position de principe ou d'un motif d'ordre général ;
En ce qui concerne la décision lui refusant un titre de séjour :
- elle méconnait les dispositions des articles L. 422-1 et R. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que la circulaire du 7 octobre 2008 et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire français.
Par une ordonnance du 12 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 janvier 2024.
Un mémoire en défense a été enregistré le 7 février 2024 pour la préfète du Rhône et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Le rapport de M. Bertolo a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante tchadienne, née le 17 octobre 1992, est entrée en France le 7 septembre 2020 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa long séjour afin d'y poursuivre des études supérieures. Elle a sollicité le 28 juin 2023 le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ". Par des décisions du 17 octobre 2023 dont la requérante demande au tribunal de prononcer l'annulation, la préfète du Rhône lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par Mme A C, directrice des migrations et de l'intégration, en vertu d'une délégation consentie à cet effet par un arrêté de la préfète du Rhône du 31 mai 2023, publié le lendemain au recueil des actes administratifs de la préfecture. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de ces décisions doit, dès lors, être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni d'aucune autre pièce du dossier que la préfète du Rhône, qui n'avait pas à énoncer l'ensemble des éléments de la situation de Mme B, n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressée préalablement à l'édiction de son arrêté. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit en l'absence d'un tel examen, doit être écarté.
4. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que les décisions contestées auraient été prises pour des motifs de principe et d'ordre général. Alors qu'il était loisible à la requérante d'apporter tout élément d'information complémentaire à la préfète du Rhône sur son changement d'orientation, il ressort des termes de la décision que la préfète a tenu compte de l'inscription de Mme B pour l'année 2023/2024 en 1ère année de MBA au sein de l'école de commerce de Lyon. L'erreur de droit alléguée doit par suite être écartée.
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
5. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () ". Il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement de titre de séjour présentée en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier et notamment au regard de sa progression dans le cursus universitaire, de son assiduité aux cours et de la cohérence de ses choix d'orientation, si le demandeur peut être regardé comme poursuivant effectivement ses études.
6. Pour refuser de renouveler le titre de séjour de Mme B, la préfète du Rhône s'est fondée sur la circonstance que Mme B, à son arrivée en France, s'est inscrite en qualité d'auditeur libre à l'université de Caen, formation qui n'était pas celle qu'elle avait déclarée pour l'obtention de son visa et qui ne lui conférait pas la qualité d'étudiante. La préfète a également relevé que l'intéressée s'était inscrite, au titre des années 2021/2022 puis 2022/2023, en troisième année de licence administration publique à l'université de Rouen, mais que l'intéressée n'avait validé aucun diplôme, les relevés de note produits mettant en évidence la validation d'une seule unité d'enseignement en deux ans. Enfin, la décision attaquée souligne que, pour l'année 2023/2024, l'intéressée s'était réorientée en 1ère année de MBA auprès de l'école de commerce de Lyon, sur présentation de sa licence de droit publique obtenue au Tchad en juillet 2019, mais qu'elle ne justifiait pas de la cohérence de son parcours. Si Mme B se prévaut de ce qu'elle a suivi avec assiduité ses cours de licence et qu'elle s'est présentée aux examens, ce dont elle justifie par une attestation versée aux débats, ses résultats très faibles et l'absence d'obtention de diplômes caractérisent une absence de progression et de sérieux dans le suivi de ses études. Par ailleurs, et en tout état de cause, Mme B ne justifie pas suivre avec assiduité sa nouvelle formation au sein de l'école de commerce de Lyon, et ne justifie pas davantage de la cohérence de cette formation avec son parcours antérieur. Enfin, la requérante ne peut utilement invoquer la circulaire du 7 octobre 2008 qui est dépourvue de valeur réglementaire. Par suite, la préfète du Rhône n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui accorder un titre de séjour en qualité d'étudiant.
7. Dès lors que Mme B n'a sollicité la délivrance d'un titre de séjour qu'en qualité d'étudiante et que la préfète du Rhône ne s'est pas prononcée sur son droit au séjour à un autre titre, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant et ne peut, par suite, qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
8. En l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
9. Mme B soutient que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français a pour conséquence l'impossibilité de mener à son terme son MBA et d'obtenir son diplôme. Toutefois, alors que l'intéressée n'a jamais obtenu de diplôme en France, elle ne justifie ni qu'elle suivrait avec assiduité sa formation actuelle, ni qu'elle aurait une chance sérieuse de pouvoir obtenir son diplôme. Par suite, en tout état de cause et compte tenu de ce qui a été dit au point 6, la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ne méconnait ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et n'est pas entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
10. En l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour et de celle lui faisant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit ainsi être rejetée, en ce comprises ses conclusions aux fins d'annulation, d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des frais liés au litige.
D É C I D E
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 23 février 2024, où siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Bertolo, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mars 2024.
Le rapporteur,
C. Bertolo
La présidente,
A. Baux
La greffière,
I. Rignol
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026