jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2309811 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ROBIN VERNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 novembre 2023, Mme G F, représentée par Me Vernet, demande au tribunal :
1°) avant dire droit, d'ordonner la communication, par la préfète du Rhône, de l'ensemble des données personnelles la concernant et concernant son fils mineur contenues dans le traitement automatisé de données " Visabio " ;
2°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
3°) d'annuler les décisions du 27 octobre 2023 par lesquelles la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office ;
4°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la production, par la préfecture du Rhône, des données issues du système " Visabio " permettra d'établir que son fils mineur A D a la nationalité d'un Etat membre de l'Union européenne, ce qui fait obstacle à son éloignement ;
- les décisions contestées ont été prises par une autorité incompétente, en l'absence de délégation de signature ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise sans examen complet préalable de sa situation personnelle, la préfète du Rhône s'étant abstenue de rechercher si son fils mineur peut se voir reconnaître la citoyenneté de l'Union européenne ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article 20 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;
- elle porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée ;
- elle méconnaît l'intérêt supérieur de son enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le délai de départ volontaire est illégale en conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale en conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
- cette décision méconnaît l'article 20 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
La préfète du Rhône a produit des pièces qui ont été enregistrées le 20 novembre 2023.
Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 20 décembre 2023.
La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Vernet, pour Mme F, qui a repris ses conclusions et moyens, et de Mme F, assistée téléphoniquement de Mme B, interprète en langue soussou.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
1. Mme F, ressortissante guinéenne née le 20 janvier 1992, est entrée régulièrement en France le 24 novembre 2021 accompagnée de son fils mineur, né en février 2018 en Guinée. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 4 avril 2022, et en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 12 octobre 2022. Par des décisions du 27 octobre 2023 dont elle demande au tribunal l'annulation, la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée d'office.
Sur l'admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Mme F ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle le 20 décembre 2023, il n'y a pas lieu de statuer sur ses conclusions tendant à son admission à titre provisoire au bénéfice de cette aide.
Sur la demande présentée avant dire droit :
3. Mme F, qui demande qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône, avant dire droit, de transmettre les données personnelles contenues dans le fichier " Visabio " la concernant elle-même et son fils mineur, n'établit pas le caractère utile de cette mesure dans le cadre du présent litige. Elle n'établit en particulier pas que parmi ces données figurerait un quelconque indice de la nationalité du père de son enfant. Il s'ensuit que la demande présentée avant dire droit par Mme F ne peut qu'être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme F et son fils A D sont entrés en France en novembre 2021 sous couvert de leurs passeports revêtus d'un visa Schengen " famille E " valables du 30 septembre au 30 décembre 2021. Alors que la préfète du Rhône détenait cette information, elle s'est abstenue de rechercher si le jeune fils de Mme F pouvait, de ce fait, prétendre à la citoyenneté de l'Union européenne. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir que les décisions attaquées ont été prises sans que l'autorité administrative ne procède à un examen particulier et attentif de sa situation personnelle et de celle de son enfant. Elle est, pour ce motif et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, fondée à demander l'annulation de la mesure d'éloignement prise à son encontre et des décisions subséquentes lui octroyant un délai de départ volontaire et fixant son pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement implique qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de la situation de Mme F. Il y a lieu d'impartir à l'autorité administrative un délai de deux mois courant à compter de la notification du présent jugement pour y procéder. La préfète du Rhône délivrera une autorisation provisoire de séjour à Mme F dans l'attente du réexamen de sa situation.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions que présente Mme F tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme F tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Les décisions du 27 octobre 2023 par lesquelles la préfète du Rhône a fait obligation à Mme F de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée d'office sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de procéder dans un délai de deux mois courant à compter de la notification du présent jugement au réexamen de la situation de Mme F et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme F est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme G F, à Me Vernet et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2024.
La magistrate désignée,
A. CLa greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026