jeudi 24 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2309859 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | HASSID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 novembre 2023, Mme A B, représentée par Me Hassid, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions implicites nées du silence gardé par le préfet du Rhône sur ses demandes de titre de séjour des 7 mars 2018, 12 juin 2019 et 25 mai 2022 ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer dans le délai d'un mois une carte de résident ou, à titre subsidiaire, une carte de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros (HT) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la décision portant rejet de sa demande de titre de séjour du 25 mai 2022 est dépourvue de motivation ;
- la procédure suivie n'a pas été régulière, faute de saisine de la commission du titre de séjour ;
- l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est méconnu ainsi que les articles L. 423-23, L. 435-1 ou les anciens articles L. 313-11 (7°) et L. 313-14 de ce même code et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et les décisions critiquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 mars 2025, la préfète du Rhône demande au tribunal de constater que la requête a perdu son objet en ce qui concerne le refus de délivrance d'un titre de séjour d'un an et conclut au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Elle soutient que :
- un titre de séjour d'un an a été délivré à la requérante ;
- les conclusions tendant à l'annulation du refus d'une carte de résident sont irrecevables, faute de comparution personnelle de l'intéressée pour le dépôt de sa demande.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 31 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Le rapport de Mme Reniez a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une lettre remise à son destinataire le 12 mars 2018, Mme B, ressortissante géorgienne née en 1953, a sollicité du préfet du Rhône un titre de séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 alors applicable du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou, à défaut, une carte pluriannuelle ou le renouvellement de sa carte de séjour temporaire sur le fondement du 11° de ce même article. Par une lettre reçue le 20 juin 2019, elle a complété son dossier en se prévalant notamment de sa durée de présence sur le territoire français et de l'exercice d'une activité professionnelle. Enfin, par une lettre reçue le 30 mai 2022, Mme B a sollicité la délivrance d'une carte de résident sur le fondement de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, subsidiairement, d'une carte de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 ou L. 435-1 du même code. Elle conteste les décisions implicites nées du silence gardé par le préfet du Rhône sur ces diverses demandes.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus d'une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an :
2. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 10 février 2025, la préfète du Rhône a accordé en cours d'instance à la requérante une carte de séjour temporaire valable du 10 février 2025 au 9 février 2026. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre le refus de délivrance d'un tel titre.
En ce qui concerne le rejet de la demande de carte pluriannuelle présentée par la requérante au titre de son état de santé :
3. Si Mme B a sollicité une carte de séjour pluriannuelle sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 alors applicable du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle ne soulève toutefois aucun moyen à l'encontre du refus opposé à sa demande et ses conclusions dirigées contre ce refus ne peuvent par suite qu'être rejetées.
En ce qui concerne le rejet implicite de la demande de carte de résident présentée le 30 mai 2022 :
4. Il résulte des dispositions des articles R. 431-2 et R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'en dehors des titres dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice dès lors qu'ils figurent sur la liste prévue à l'article R. 431-2 de ce code, la demande d'un titre de séjour est effectuée par comparution personnelle au guichet de la préfecture ou, si le préfet le prescrit, par voie postale.
5. Si l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que le silence gardé sur une demande de titre de séjour vaut décision implicite de rejet, le silence gardé par l'administration sur une demande de titre irrégulièrement présentée par voie postale en méconnaissance de la règle de comparution personnelle en préfecture ne fait pas naître une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.
6. Alors que la préfète du Rhône indique sans être contredite que le dépôt par voie postale d'une telle demande n'a pas été prescrit, il est constant que la requérante n'a présenté sa demande de carte de résident que par un courrier adressé à la préfecture reçu le 30 mai 2022. Dans ces conditions, le silence gardé par le préfet du Rhône sur la demande présentée par Mme B par voie postale n'a pas fait naître de décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir et les conclusions de la requérante dirigées contre la décision qu'elle dit être née de ce silence doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
7. Le présent jugement constate que les conclusions de la requête à fin d'annulation ont partiellement perdu leur objet et doivent être rejetées pour le surplus. Par suite, ce jugement n'implique aucune mesure d'exécution et les conclusions de Mme B à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce et en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 visé ci-dessus, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 200 euros à Me Hassid, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme B dirigées contre les décisions implicites portant refus de lui délivrer un titre de séjour d'une durée d'un an.
Article 2 : L'Etat versera à Me Hassid la somme de 1 200 euros au titre des frais d'instance sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Hassid et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 7 avril 2025, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
Mme Lacroix, première conseillère,
Mme Reniez, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 avril 2025.
La rapporteure,Le président,
E. ReniezA. Gille
La greffière,
K. Schult
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026