vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2309887 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | MARTINEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 novembre 2023 et le 4 février 2024, M. B C A, représentée par Me Martinez, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète du Rhône a refusé de reconnaître la France comme étant responsable de l'examen de sa demande d'asile, ensemble la décision par laquelle elle a rejeté son recours gracieux contre cette décision ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 300 euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour pour motif de santé et, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande au regard des circonstances administratives et médicales nouvelles ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- en refusant de prendre en charge sa demande d'asile, la préfète a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation ;
- il appartenait à la préfète du Rhône de réexaminer sa situation au regard de son état de santé et de lui délivrer un titre de séjour pour ce motif.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 décembre 2023 et le 2 avril 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est devenue sans objet dès lors que le requérant a été autorisé à déposer sa demande d'asile en France ;
- les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 26 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Pouyet.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant camerounais, né le 2 décembre 2001, est entré en France le 16 novembre 2022 et s'est présenté aux services de la préfecture du Rhône le 28 novembre 2022 pour solliciter l'asile. Les services de la préfecture lui ont adressé plusieurs convocations entre le 30 décembre 2022 et le 16 août 2023, auxquelles il a déféré. Par un courrier resté sans réponse du 6 novembre 2023, M. A a demandé à la préfète du Rhône qu'elle reconnaisse la France comme étant responsable de l'examen de sa demande d'asile.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
En ce qui concerne la demande d'asile présentée par M. A :
2. Il ressort des pièces du dossier que le 11 décembre 2023, soit postérieurement à l'enregistrement de la requête, la préfète du Rhône a convoqué M. A et lui a remis une attestation de demande d'asile en procédure normale, reconnaissant de ce fait implicitement la France comme responsable de l'examen de sa demande d'asile. Ainsi, et dès lors que M. A ne conteste pas avoir obtenu entière satisfaction, ses conclusions à fin d'annulation doivent être regardées comme ayant perdu leur objet en cours d'instance. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction relatives à la décision tendant à ce que la France soit reconnue responsable de la demande d'asile de M. A.
En ce qui concerne la demande d'admission au séjour présentée M. A au regard de son état de santé :
3. Aux termes de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger a présenté une demande d'asile qui relève de la compétence de la France, l'autorité administrative, après l'avoir informé des motifs pour lesquels une autorisation de séjour peut être délivrée et des conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements à ce stade, l'invite à indiquer s'il estime pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre et, dans l'affirmative, à déposer sa demande dans un délai fixé par décret. Il est informé que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, et sans préjudice de l'article L. 611-3, il ne pourra, à l'expiration de ce délai, solliciter son admission au séjour. Les conditions d'application du présent article sont précisées par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiant de son état-civil ; / 2°) Les documents justifiant de sa nationalité ; / 3°) Les documents justifiant de l'état-civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. Lorsque la demande de titre de séjour est introduite en application de l'article L. 431-2, le demandeur peut être autorisé à déposer son dossier sans présentation de ces documents ".
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment du courrier du 6 novembre 2023, par lequel l'intéressé se borne à demander à la préfète du Rhône " d'étudier et/ou de réexaminer sa situation par rapport aux circonstances médicales l'affectant ", que M. A aurait présenté une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade. Par suite, ses conclusions à fins d'injonction de délivrer un titre au regard de son état de santé ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête présentées à fin d'annulation et d'injonction relatives à la décision prise sur la demande d'asile présentée par M. A
Article 2 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A, à Me Martinez et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 6 septembre2024, à laquelle siégeaient :
Mme Dèche, présidente,
Mme Viallet, conseillère,
Mme Pouyet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
La rapporteure,
C. Pouyet
La présidente,
P. Dèche
La greffière,
S. Hosni
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026