vendredi 1 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2309954 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | LAUBRIET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 novembre 2023, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 20 novembre 2023 par lequel la préfète du Rhône a décidé de son transfert aux autorités autrichiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile.
Il soutient que :
- il a été interpellé et placé en garde à vue par les autorités autrichiennes qui l'ont obligé à déposer une demande d'asile ;
- il a séjourné durant deux ans en Autriche avant d'être contraint de quitter ce pays suite au rejet de sa demande de protection internationale et au risque d'être renvoyé en Turquie ;
- il s'oppose à son renvoi en Autriche, dès lors qu'un retour dans son pays d'origine l'exposerait à des traitements inhumains et dégradants compte tenu de son appartenance ethnique kurde et de son opposition à l'actuel gouvernement turc ;
- il a trouvé un travail sous contrat à durée indéterminée (CDI) sur le territoire français, où il ne bénéficie pas des aides de l'État ;
- il souhaite pouvoir demeurer en France qui est en mesure de garantir ses droits à la vie et à la liberté.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2023, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution du 4 octobre 1958 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative au statut des réfugiés, signée à Genève le 28 juillet 1951, et le protocole relatif au statut des réfugiés, conclu à New-York le 31 janvier 1967 ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003, modifié par le règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014 ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Gueguen, conseiller, pour statuer en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La première vice-présidente du tribunal, chargée par intérim des fonctions de présidente du tribunal pour la période du 1er au 31 décembre 2023, a désigné M. Gueguen, conseiller, pour statuer en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle la préfète du Rhône n'était ni présente, ni représentée.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue avec l'assistance de M. Clément, greffier :
- le rapport de M. Gueguen ;
- les observations de Me Laubriet, avocate de permanence, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins et à ce que le requérant soit admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, en précisant que, par l'argumentaire développé dans sa requête présentée de manière manuscrite, l'intéressé doit être regardé comme soutenant que l'arrêté de transfert en litige est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ainsi que d'une méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'un renvoi dans son pays d'origine, où il a été pourchassé par des milices islamistes après l'assassinat de son père, l'exposera à des traitements inhumains et dégradants compte tenu de son appartenance ethnique kurde et de son engagement au sein du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ;
- et les observations de M. B, assisté de M. C, interprète en langue turque, qui déclare, en réponse aux différentes questions qui lui ont été posées, que ses demandes d'asile ont été rejetées en Autriche et qu'un retour en Turquie, où sa mère et sa fille ont été blessées et où certaines de ses connaissances ont été condamnées à plusieurs années d'emprisonnement par le gouvernement actuel, l'exposera à des traitements inhumains et dégradants.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant turc né le 1er mars 1980, déclare être entré en France le 31 juillet 2023. Le 17 août suivant, l'intéressé a sollicité son admission au séjour au titre du droit d'asile auprès des services de la préfecture du Rhône. Lors de l'instruction de cette demande, la consultation des données dactyloscopiques enregistrées dans la base de données centrale et informatisée du système " Eurodac " a révélé que les empreintes digitales de M. B avaient été relevées le 26 octobre 2016 par les autorités de contrôle compétentes en Suisse, le 30 janvier 2017 par les autorités de contrôle compétentes en Allemagne et le 5 janvier 2021 par les autorités de contrôle compétentes en Autriche, à l'occasion de demandes de protections internationales dans ces pays. Saisies le 11 septembre 2023 d'une demande de reprise en charge de l'intéressé en application des dispositions de l'article 18 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, les autorités suisses et allemandes ont respectivement rejeté la requête de la préfète du Rhône les 15 et 12 septembre suivant. Également saisies le 11 septembre 2023 d'une demande de reprise en charge de M. B en application des mêmes dispositions, puis, le 4 octobre suivant, d'une demande de réexamen en application des dispositions de l'article 5 du règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 portant modalités d'application du règlement (CE) n° 343/2003 du Conseil établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des États membres par un ressortissant d'un pays tiers, modifié par le règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014, les autorités autrichiennes ont explicitement accepté la requête de la préfète du Rhône le 6 octobre 2023 en application des dispositions de l'article 25 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013. Par un arrêté du 20 novembre 2023, dont le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation, cette autorité a décidé de transférer M. B aux autorités autrichiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile. Parallèlement, par un arrêté du même jour, l'autorité préfectorale a assigné l'intéressé à résidence dans le département du Rhône pour une durée de quarante-cinq jours, en l'obligeant à se présenter une fois par semaine, les mercredis, y compris les jours chômés ou fériés, à 8 heures 30, auprès des services de la police aux frontières de Lyon, afin de faire constater qu'il respecte la mesure d'assignation à résidence dont il fait l'objet.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Selon les termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sur le fondement des dispositions citées au point précédent.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. D'une part, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride : " 1. Les États membres examinent toute demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l'un quelconque d'entre eux, y compris à la frontière ou dans une zone de transit. La demande est examinée par un seul État membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable. () ". Selon les termes de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente qui enregistre sa demande et procède, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, à la détermination de l'Etat responsable en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride () ". Et aux termes l'article L. 571-1 du même code : " Lorsque l'autorité administrative estime que l'examen d'une demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat qu'elle entend requérir, en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, il est procédé à l'enregistrement de la demande selon les modalités prévues au chapitre I du titre II. () ".
5. D'autre part, aux termes de l'article 53-1 de la Constitution du 4 octobre 1958 : " La République peut conclure avec les Etats européens qui sont liés par des engagements identiques aux siens en matière d'asile et de protection des Droits de l'homme et des libertés fondamentales, des accords déterminant leurs compétences respectives pour l'examen des demandes d'asile qui leur sont présentées. / Toutefois, même si la demande n'entre pas dans leur compétence en vertu de ces accords, les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif. ". Selon les termes du paragraphe 1 de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. () ". Par ailleurs, les considérants introductifs de ce règlement invitent les États membres de l'Union européenne, au point (14), à faire du respect de la vie familiale, conformément aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, " une considération primordiale () lors de l'application du présent règlement ". De même, le point (17) de ces considérants invite les États membres à " déroger aux critères de responsabilité, notamment pour des motifs humanitaires et de compassion, afin de permettre le rapprochement des membres de la famille, de proches ou de tout autre parent et examiner une demande de protection internationale introduite sur son territoire () même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères obligatoires fixés par le présent règlement ". En outre, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dont les stipulations ont été reprises à l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Enfin, aux termes de l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Le présent article ne fait pas obstacle au droit souverain de l'Etat d'accorder l'asile à toute personne dont l'examen de la demande relève de la compétence d'un autre Etat. ".
6. Il résulte des dispositions précitées du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 que si une demande d'asile est examinée par un seul État membre et qu'en principe cet État est déterminé par application des critères d'examen des demandes d'asile fixés par son chapitre III, dans l'ordre énoncé par ce chapitre, l'application de ces critères est toutefois écartée en cas de mise en œuvre de la clause dérogatoire énoncée au paragraphe 1 de l'article 17 du même règlement, qui procède d'une décision prise unilatéralement par un État membre. Si la mise en œuvre, par les autorités françaises, des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 doit être assurée à la lumière des exigences définies par les dispositions du second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, en vertu desquelles les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif, la faculté laissée à chaque État membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
7. L'Autriche, État membre de l'Union européenne, est partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York de 1967, qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il doit ainsi être présumé que le traitement réservé aux demandeurs d'asile dans cet État membre est conforme aux exigences de la convention de Genève et de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cependant, cette présomption peut être renversée s'il y a des raisons sérieuses de croire qu'il existe des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs d'asile, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
8. En l'espèce, M. B soutient que l'examen de sa demande de protection internationale doit être prise en charge en France, au titre du droit souverain des autorités françaises d'accorder l'asile sur leur territoire, y compris lorsque cet examen relève de la compétence d'un autre État. Toutefois, si le requérant soutient avoir été interpellé puis placé en garde à vue par les autorités autrichiennes qui l'auraient " obligé à déposer une demande d'asile ", les éléments qu'il verse au débat, essentiellement composés de documents en langues étrangères, dont des captures d'écran du réseau social " Twitter ", ainsi que de photographies non datées, ne sont pas de nature à démontrer l'existence de défaillances systématiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs de protection internationale en Autriche, à supposer que l'intéressé ait entendu se prévaloir de telles défaillances. Par ailleurs, si M. B fait état de ses craintes en cas de retour dans son pays d'origine, la décision en litige, qui ne constitue pas une " obligation de quitter le territoire français ", contrairement à ce qu'il soutient dans ses écritures, mais un arrêté de transfert, n'a, par elle-même, ni pour objet, ni pour effet, d'entrainer son retour en Turquie, mais d'assurer l'examen de sa demande d'asile en Autriche. S'il ressort à cet égard des pièces produites en défense que les autorités autrichiennes ont expressément accepté la reprise en charge de l'intéressé sur le fondement des dispositions de l'article 18, 1., d) du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relatives à la reprise en charge d'un ressortissant de pays tiers ou d'un apatride dont la demande d'asile a été rejetée, M. B, qui a fait état lors de l'audience publique, sans plus de précisions, de ce que sa demande de protection internationale aurait été rejetée à deux reprises en Autriche, n'établit ni même n'allègue qu'il ne pourrait solliciter auprès des autorités autrichiennes un réexamen de sa demande d'asile sur la base de nouveaux éléments tenant soit à l'évolution de sa situation personnelle, soit à l'évolution de la situation dans le pays dont il est originaire, ni même qu'il ne pourrait le cas échéant former un recours effectif à l'encontre d'une mesure d'éloignement prise à son encontre en faisant valoir tout élément relatif à sa situation personnelle et aux risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine. Enfin, si le requérant, qui n'est présent en France que depuis moins de quatre mois à la date de la décision contestée, fait état de son souhait de rester sur le territoire français où il déclare, sans le démontrer, avoir trouvé un travail sous contrat à durée indéterminée (CDI), ces seules circonstances ne sont pas de nature à démontrer qu'il aurait transféré le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire national. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Rhône a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas application de la clause discrétionnaire prévue par les dispositions précitées du paragraphe 1 de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, ni qu'elle a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en décidant de son transfert aux autorités autrichiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2023.
Le magistrat désigné,
C. Gueguen
Le greffier,
T. Clément
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026