lundi 27 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2309963 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | LAUBRIET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 novembre 2023, M. C B, retenu au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, avant-dire droit, la mise à disposition de son dossier par la préfecture ;
3°) d'annuler les décisions du 20 novembre 2023 par lesquelles la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée de douze mois ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions contestées :
- elles sont entachées d'incompétence de leur signataire ;
- elles sont insuffisamment motivées au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 611-3, 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il est le père de deux enfants mineures et qu'il a toujours cherché à participer à leur entretien et à leur éducation à hauteur de ses moyens ;
- elles sont entachées d'une erreur de fait, d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent les stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur de qualification juridique des faits au regard des dispositions de l'article L. 612-2, 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-2, 3° et L. 612-3, 4° et 8° du même code, dès lors qu'il dispose de garanties de représentation suffisantes et n'a jamais déclaré ne pas vouloir se conformer à la mesure d'éloignement dont il fait l'objet ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois :
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et revêt un caractère disproportionné ; en effet :
• il justifie de circonstances humanitaires ;
• il est présent en France depuis le mois d'octobre 2014, où il a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance (ASE) alors qu'il n'avait pas encore seize ans, et il y dispose désormais d'importants liens privés et familiaux alors qu'il n'a plus aucune famille au Mali ;
- son signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS) l'empêchera également d'obtenir un visa ou un titre de séjour et constitue une mesure d'expulsion automatique dans tout l'espace Schengen.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône qui n'a pas produit de mémoire en défense mais qui a versé, les 24 et 27 novembre 2023, des pièces au dossier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le règlement (UE) n° 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 ;
- le règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Gueguen, conseiller, pour statuer en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue avec l'assistance de M. Clément, greffier :
- le rapport de M. Gueguen ;
- les observations de Me Laubriet, avocate de permanence, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens mais déclare se désister du moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions contestées ; elle insiste en particulier, d'une part, sur les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, dès lors que le requérant est présent en France depuis l'année 2014, qu'il a été pris en charge par les services de l'ASE alors qu'il était mineur, qu'il a bénéficié d'un titre de séjour portant la mention " salarié " dont il a sollicité le renouvellement, et qu'il est le père de deux enfants, nés sur le territoire français, à l'éducation et l'entretien desquels il contribue effectivement, et, d'autre part, sur le caractère disproportionné de l'interdiction de retour sur le territoire national pour une durée de douze mois dont l'intéressé fait l'objet ;
- les observations de M. B, assisté de M. D, interprète en langue bambara, par téléphone, qui déclare, en réponse aux différentes questions qui lui ont été posées, qu'il peut s'exprimer en langue française, qu'il a été interpellé avec son " frère " après qu'un individu lui a craché dessus et a tenu des propos racistes à son égard, qu'il n'a jamais reçu les demandes de la préfecture du Rhône tendant à ce qu'il complète ses demandes de titre de séjour et de renouvellement de son récépissé par voie postale et qu'il souhaite pouvoir rester en France auprès de sa compagne et de leurs deux enfants mineurs alors qu'il n'a plus aucune famille dans son pays d'origine ;
- et les observations de Mme A, représentant la préfète du Rhône, qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés ; elle insiste en particulier sur les circonstances tirées, d'une part, de ce que le requérant n'a jamais répondu aux demandes adressées à sa dernière adresse connue de l'administration et tendant à ce qu'il complète ses demandes de titre de séjour et de renouvellement de son récépissé par voie postale, et, d'autre part, de ce que l'intéressé, qui n'a jamais précisé la nationalité de ses deux enfants mineurs, n'apporte aucun élément de nature à démontrer qu'il contribue à l'entretien et à l'éducation de ces derniers ; elle précise enfin, en réponse à la question qui lui a été posée, que M. B avait obtenu la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ", valide entre les années 2018 et 2020, sur le fondement des dispositions alors applicables de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien né le 18 mai 1998, déclare être entré en France au mois d'octobre 2014, où il est connu de l'administration et des services de la police nationale sous les identités de Moussa B, né le 10 mai 1999, Dewey B, né le 18 mai 1998 et C B, né le 19 mai 1998. Par une ordonnance du 8 décembre 2014, la juge des enfants du tribunal de grande instance de Lyon a renouvelé le placement provisoire de l'intéressé auprès des services de l'aide sociale à l'enfance (ASE) du département du Rhône à compter du même jour et jusqu'à l'ouverture d'une tutelle par le juge des tutelles. Le 21 juillet 2020, M. B a sollicité le " renouvellement " de son titre de séjour, valide jusqu'au 9 juillet 2020, auprès des services de la préfecture du Rhône, et s'est vu remettre en dernier lieu, le 7 novembre 2021, un récépissé de demande de carte de séjour, valide du 7 novembre 2021 au 6 février 2022. Après que l'intéressé a été invité, le 11 février 2022, à compléter son dossier de demande de titre de séjour, puis, le 14 mai suivant, à compléter sa demande de renouvellement de son récépissé par voie postale, par des décisions du 7 octobre suivant, faisant suite à son interpellation par les services de la police nationale le jour-même pour des faits de " vol aggravé et recel de vol ", le préfet du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office. Suite à son interpellation et à son placement en garde à vue par les services de la police nationale le 19 novembre 2023 pour des faits de " menace de délit contre les personnes ", d' " injure raciale " et de " violence aggravée ", par des décisions du lendemain, dont le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation, la préfète du Rhône a obligé M. B à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée de douze mois. Enfin, par un arrêté du même jour, l'autorité préfectorale a ordonné le placement de l'intéressé au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry pour une durée de quarante-huit heures, et, par une ordonnance du 22 novembre 2023, la juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Lyon a ordonné la prolongation de cette rétention pour une durée de vingt-huit jours.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Selon les termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sur le fondement des dispositions citées au point précédent.
Sur la demande de communication du dossier par l'administration :
4. Selon les termes de l'article L. 5 du code de justice administrative : " L'instruction des affaires est contradictoire. Les exigences de la contradiction sont adaptées à celles de l'urgence () ". Et aux termes de l'article L. 614-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné à cette fin () la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise. ".
5. La préfète du Rhône ayant produit, les 24 et 27 novembre 2023, les pièces relatives à la situation administrative de M. B, l'affaire est en état d'être jugée et le principe du contradictoire a été respecté. Il n'apparaît donc pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner avant-dire droit la communication de l'entier dossier du requérant détenu par l'administration.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions contestées :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Selon les termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Par ailleurs, l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ". Et aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus () du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 () et les décisions d'interdiction de retour () prévues aux articles L. 612-6 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".
7. Les décisions contestées visent les textes dont elles font application, en particulier les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et exposent les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. B sur lesquelles la préfète du Rhône s'est fondée pour l'obliger à quitter le territoire français sans délai, pour fixer le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ainsi que pour décider, dans son principe et dans sa durée, de prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée de douze mois. Contrairement à ce que semble soutenir le requérant, l'autorité préfectorale n'était pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à sa situation personnelle et si l'intéressé lui fait grief de ne pas avoir suffisamment pris en compte ses attaches familiales sur le territoire français et d'avoir considéré qu'il ne participait pas à l'entretien et à l'éducation de ses deux enfants mineurs de nationalité française, la divergence d'analyse quant à l'ancienneté, la stabilité et l'intensité de ses liens privés et familiaux en France ainsi que l'effectivité de sa participation à l'éducation et l'entretien de ses enfants n'est pas de nature à établir l'insuffisance de motivation alléguée dès lors que la motivation d'une décision s'apprécie indépendamment du bien-fondé des motifs retenus. Par suite, les décisions contestées, qui comportent l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et ont ainsi permis à M. B d'en contester utilement le bien-fondé, sont suffisamment motivées au regard des dispositions citées au point précédent.
8. En second lieu, il ne ressort ni des termes des décisions contestées, ni d'aucune autre pièce du dossier, que la préfète du Rhône n'aurait pas procédé à un examen sérieux et particulier de la situation personnelle de M. B préalablement à leur édiction. À cet égard, si le requérant fait grief à l'autorité préfectorale de ne pas avoir suffisamment pris en compte ses attaches familiales sur le territoire français et d'avoir considéré qu'il ne participait pas à l'entretien et à l'éducation de ses deux enfants mineures de nationalité française, la divergence d'analyse quant à l'ancienneté, la stabilité et l'intensité des liens privés et familiaux de l'intéressé ainsi que l'effectivité de sa participation à l'éducation et l'entretien de ses enfants n'est pas de nature à établir le défaut d'examen allégué. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit est infondé et doit être écarté.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
9. En premier lieu, selon les termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
10. M. B soutient que les décisions contestées portent une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, dès lors qu'il est présent en France depuis le mois d'octobre 2014, qu'il y a été pris en charge par les services de l'ASE avant d'obtenir un contrat " jeune majeur " au mois de mai 2016 puis un titre de séjour lui permettant de travailler en qualité de paysagiste pendant plusieurs années, que sa compagne et ses deux filles résident sur le territoire français et qu'il n'a plus aucune famille dans son pays d'origine suite aux décès de ses parents. Toutefois, s'il est constant que le requérant a bénéficié d'un titre de séjour portant la mention " salarié " entre les années 2018 et 2020, il ne conteste pas s'être maintenu sur le territoire national à l'expiration du dernier récépissé de demande de carte de séjour, valide du 7 novembre 2021 au 6 février 2022, qui lui avait été remis le 7 novembre 2021, et ce en dépit de la précédente mesure d'éloignement dont il a fait l'objet le 7 octobre 2022 et qui lui a été notifié le jour-même. À cet égard si M. B soutient ne jamais avoir reçu les lettres des 11 février et 14 mai 2022 par lesquelles les services de la préfecture du Rhône lui ont demandé de compléter tant le dossier de sa demande de titre de séjour que sa demande de renouvellement de son récépissé par voie postale, la préfète du Rhône fait valoir lors de l'audience publique, sans être utilement contredite, que ces lettres ont été adressées à sa dernière adresse connue de l'administration, l'intéressé n'établissant ni même n'alléguant avoir déclaré un éventuel changement d'adresse. Par ailleurs, il ressort des pièces produites en défense que M. B est défavorablement connu des services de la police nationale pour avoir fait l'objet de cinq signalements au fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) sous trois identités différentes, entre le 22 mars 2021 et le 25 mars 2023, pour des faits de " menace de crime ou délit contre les personnes ou les biens à l'encontre d'un chargé de mission de service public ", de " port sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D ", de " vol avec violence ayant entrainé une incapacité totale de travail inférieure ou égale à 8 jours ", de " recel de bien provenant d'un vol ", d' " agression sexuelle incestueuse sur un mineur de 15 ans ", et de " violence sur un fonctionnaire de la police nationale suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours aggravé par une circonstance ", et suite à son interpellation et à son placement en garde à vue le 19 novembre 2023 pour des faits d' " injure publique envers un particulier en raison de sa race, de sa religion ou de son origine par parole, image, écrit ou moyen de communication par voie électronique ", de " violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours " et de " menace de délit contre les personnes faite sous condition " ayant donné lieu au dépôt d'une plainte à son encontre le jour-même, l'intéressé s'est vu remettre, le 20 novembre 2023, une convocation à une audience du tribunal judiciaire de Lyon qui se tiendra le 16 février 2024 afin d'être jugé pour " des discours proférés dans un lieu ou une réunion publics () comportant une expression outrageante, un terme de mépris ou une invective () à raison de son appartenance ou sa non-appartenance à une ethnie, une race () " et avoir " volontairement commis des violences n'ayant pas entraîné une incapacité de travail supérieure à huit jours () avec cette circonstance que les faits ont été commis en réunion ". Compte tenu du caractère récent et grave de ces derniers faits ayant donné lieu à des poursuites pénales, le comportement de M. B doit être regardé, à la date de la décision en litige, comme constituant une menace pour l'ordre public. En outre si le requérant verse au débat, outre l'ordonnance de renouvellement de son placement provisoire auprès des services de l'ASE en date du 8 décembre 2014, ses certificats de scolarité pour les années 2015-2016 et 2017-2018 au sein de la section " atelier " espaces verts " " de l'association " Société lyonnaise pour l'enfance et l'adolescence " (SLEA) et du centre d'enseignement professionnel et d'accueil des jeunes (F, l'acte de naissance et la carte nationale d'identité française de sa fille ainée, née le 27 septembre 2017 à Pierre-Bénite, ainsi que la déclaration de choix d'un nom de famille pour sa fille cadette rédigée le 30 août 2023, ces éléments ne suffisent pas à démontrer l'ancienneté, la stabilité et l'intensité des liens privés et familiaux dont il se prévaut sur le territoire français, en particulier vis-à-vis de sa compagne, avec laquelle il n'est pas marié et ne justifie pas d'une communauté de vie effective en dépit de leurs adresses séparées, et de leurs deux enfants mineurs, à l'éducation et l'entretien desquelles il ne justifie pas contribuer. De même, si M. B fait état, sans le démontrer, de l'obtention de " diplômes en qualité de paysagiste et de plombier " ainsi que de son emploi au sein des services de la mairie de Saint-Fons, dans la " section des espaces verts ", il ne justifie pas, à la date de la décision contestée, d'une insertion sociale et professionnelle significative sur le territoire français. Enfin, si l'intéressé, célibataire et sans enfants à charge, verse au débat les actes de décès de ses parents, respectivement décédés les 8 octobre 2001 et 10 juin 2015, il n'établit pas être dépourvu de tout attache dans son pays d'origine où il a vécu l'essentiel de son existence. Dans ces circonstances, compte tenu de la durée et des conditions de son séjour en France, la préfète du Rhône, qui n'a pas commis " d'erreur de fait " ni d'" erreur manifeste d'appréciation " n'a pas davantage porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B en l'obligeant à quitter le territoire français et en fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, en tout état de cause, être écarté.
11. En deuxième lieu, aux termes du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
12. En l'espèce, M. B soutient que la mesure d'éloignement dont il fait l'objet méconnaît les stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, dès lors qu'elle a pour effet de " priver () " ses " filles de (s)a présence à leurs côtés ", alors qu'il est dans leur " intérêt supérieur " qu'il puisse demeurer en France " pour participer " à leur " éducation " et à leur " entretien ". Toutefois, le requérant ne justifie pas, par les pièces qu'il produit, de liens affectifs entretenus avec ses deux filles mineures respectivement nées sur le territoire français. Par ailleurs, il résulte de ce qui a été précédemment exposé au point 10 que l'intéressé n'apporte pas le moindre commencement de preuve de nature à établir qu'il contribue à l'éducation et à l'entretien de ces dernières, ne serait-ce qu'" à hauteur de ses moyens ". Dans ces conditions, et alors qu'il résulte de ce qui a été dit au point 10 que sa présence sur le territoire national constitue une menace pour l'ordre public, M. B ne justifie pas qu'il serait dans l'intérêt supérieur de ses filles mineures qu'il demeure à leurs côtés. Par suite, la préfète du Rhône n'a pas porté une atteinte disproportionnée à l'intérêt supérieur de ces enfants et n'a ainsi pas méconnu les stipulations précitées de la convention internationale relative aux droits de l'enfant en l'obligeant à quitter le territoire français.
13. En dernier lieu, selon les termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; () ".
14. En l'espèce, si M. B soutient avoir " reconnu " ses deux filles mineures, respectivement nées en France le 27 septembre 2017 et " en août 2023 ", dont l'une est de nationalité française, et avoir " toujours cherché à participer à leur entretien et (leur) éducation à hauteur de (s)es moyens ", il résulte cependant de ce qui a été précédemment exposé aux points 10 et 12 que l'intéressé n'apporte pas le moindre commencement de preuve de nature à établir qu'il contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de ses enfants, dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis leurs naissances ou depuis au moins deux ans s'agissant de sa fille ainée. Par suite, la préfète du Rhône, qui n'a pas entaché les décisions en litige d'un " défaut d'examen de (l)a situation individuelle " du requérant dès lors qu'elle a préalablement relevé qu'il n'établissait pas entrer dans l'une des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement en vertu de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'a pas davantage méconnu les dispositions précitées de l'article L. 611-3, 5° du même code en l'obligeant à quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
15. En vertu de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". L'article L. 612-2 du même code prévoit toutefois que : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Enfin, selon les termes de l'article L. 612-3 de ce même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
16. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. B, la préfète du Rhône s'est fondée sur les dispositions précitées du 1° et du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur celles des 2°, 5° et 8° de l'article L. 612-3 du même code, en considérant que le comportement de l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public, dès lors qu'il avait été interpellé et placé en garde à vue le 19 novembre 2023 pour " injure raciale et violence aggravée, affaire traitée en flagrant délit pour laquelle il est directement mis en cause ", qu'il était " de plus connu des services de police pour des faits de violence sur un fonctionnaire de la police nationale, vol avec violence, menace de crime ou de délit contre personne chargée de service public, port d'arme de catégorie D, et recel de vol " et " signalisé pour des faits d'agression sexuelle incestueuse sur mineur de 15 ans ", et qu'il existait un risque qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement dont il faisait l'objet, en l'absence de circonstances particulières, dès lors, d'une part, qu'il s'était maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son dernier récépissé de carte de séjour, valide du 7 novembre 2021 au 6 février 2022, désormais périmé, qu'il n'avait pas donné suite aux demandes qui lui avait été adressées les 11 février et 14 mai 2022 afin de compléter tant le dossier de sa demande de titre de séjour que sa demande de renouvellement de son récépissé par voie postale et qu'il n'était pas possible de confirmer ses allégations tirées de ce qu'il aurait obtenu un rendez-vous auprès des services de la préfecture du Rhône " dans trois semaines " afin de régulariser sa situation, d'autre part, qu'il s'était soustrait à une précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 7 octobre 2022, et, enfin, qu'il ne justifiait pas de garanties de représentation suffisantes faute d'être en mesure d'apporter la preuve qu'il résidait à l'adresse qu'il avait déclarée et qu'il travaillait sous contrat à durée déterminée au sein des services de la mairie de Saint-Fons pour un salaire de 1 500 euros par mois.
17. En l'espèce, si M. B soutient que la seule circonstance qu'il ait été interpellé et placé en garde à vue le 19 novembre 2023 ne suffit pas à caractériser un " danger réel et actuel pour l'ordre public " dès lors que les faits de violence qui lui sont reprochés résulteraient d'une simple " altercation dans la rue ", alors qu'il se trouvait " alcoolisé ", et n'auraient donné lieu à aucune poursuite, il résulte toutefois de ce qui a été précédemment exposé au point 10 que l'autorité préfectorale n'a commis ni erreur de droit, ni erreur de qualification juridique des faits en considérant que son comportement constituait une menace pour l'ordre public à la date de la décision en litige. Par ailleurs, le requérant ne peut utilement soutenir qu'il n'a jamais " déclaré ne pas vouloir (s)e conformer à (s)on obligation de quitter le territoire français ", dès lors qu'il résulte de ce qui vient d'être dit que la préfète du Rhône ne s'est pas fondée sur les dispositions du 4° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mais sur celles des 2°, 5° et 8° du même article. Enfin, si l'intéressé soutient qu'il présente des garanties de représentation suffisantes, dès lors que les services préfectoraux disposent de la copie de son passeport, de son identité réelle et d'une adresse qu'il a mentionnée à plusieurs reprises, et si l'autorité préfectorale ne pouvait légalement se fonder sur les dispositions précitées du 2° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles étaient inapplicables à la situation de M. B qui relevait de celles du 3° du même article, en tout état de cause, le requérant ne conteste pas utilement le motif tiré de ce qu'il s'est précédemment soustrait à la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet le 7 octobre 2022, lequel motif était au demeurant, à lui seul, de nature à justifier légalement la décision en litige, alors au surplus que l'intéressé ne justifie d'aucune garantie de représentation suffisante, ainsi que l'a également relevé la juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Lyon dans son ordonnance du 22 novembre 2023. Par suite, la préfète du Rhône n'a pas commis d'erreur de droit ni fait une inexacte application des dispositions précitées des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour en refusant d'accorder à M. B un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois :
18. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Et selon les termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 () l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
19. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les motifs qu'invoque l'autorité compétente sont de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour et si la décision ne porte pas au droit de l'étranger au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. En revanche, lorsqu'il est saisi d'un moyen le conduisant à apprécier les conséquences de la mesure d'interdiction de retour sur la situation personnelle de l'étranger et que sont invoquées des circonstances étrangères aux quatre critères posés par les dispositions précitées de l'article L. 612-10, il incombe seulement au juge de l'excès de pouvoir de s'assurer que l'autorité compétente n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
20. Pour prononcer à l'encontre de M. B une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois, la préfète du Rhône a relevé, après avoir retenu l'absence de circonstances humanitaires, que l'intéressé ne justifiait ni de la nature, ni de l'ancienneté de ses liens avec la France, qu'il avait fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et que son comportement était constitutif d'une menace pour l'ordre public. En l'espèce, si le requérant fait état de son parcours en France depuis le mois d'octobre 2014 ainsi que de ses liens sur le territoire français, ces éléments ne sauraient être regardés comme des circonstances humanitaires au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, si M. B soutient que la durée de la mesure d'interdiction de retour sur le territoire français en litige revêt un caractère disproportionné, il résulte toutefois de ce qui a été précédemment exposé au point 10 que l'intéressé ne justifie pas de l'ancienneté, de la stabilité et de l'intensité des liens privés et familiaux dont il se prévaut sur le territoire national, en particulier vis-à-vis de sa compagne et de ses deux enfants mineurs, qu'il a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et que son comportement représentait, à la date de la décision en litige, une menace pour l'ordre public. Par suite, la préfète du Rhône, qui s'est limitée à édicter une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois, alors que la durée d'une telle interdiction pouvait être fixée à trois ans, n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni davantage fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-10 du même code en prononçant à l'encontre du requérant une telle interdiction de retour, laquelle ne présente pas, dans les circonstances de l'espèce, un caractère disproportionné.
21. En second lieu, selon les termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. () ".
22. Si M. B soutient que son signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS) résultant de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre l'empêchera d'obtenir un visa ou un titre de séjour et constitue " une mesure d'expulsion automatique dans tout l'espace Schengen ", il résulte toutefois des dispositions du règlement du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes, et en particulier du c) du paragraphe 5 de son article 6, que, par dérogation au d) du paragraphe 1 du même article, le signalement d'un ressortissant d'un pays tiers dans le SIS n'interdit pas à un État membre de l'autoriser à entrer sur son territoire pour des motifs humanitaires ou d'intérêt national, ou en raison d'obligations internationales. Par suite, le moyen doit être écarté.
23. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent également être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète du Rhône.
Lu en audience publique le 27 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
C. Gueguen
Le greffier,
T. Clément
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026