mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2310013 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | GAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 23 novembre 2023 et le 15 janvier 2024, M. C B, représenté par Me Gay, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 octobre 2023 par lequel la préfète de l'Ardèche lui a retiré sa carte de séjour pluriannuelle, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays vers lequel il pourrait être éloigné d'office ainsi que ses obligations relatives à la préparation de son départ ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ardèche de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision portant retrait de son titre de séjour est entachée d'une erreur de fait ;
- le retrait de son titre de séjour méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire méconnait les dispositions de l'article L.611-3 (5°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les irrégularités entachant le retrait de son titre de séjour et l'illégalité de celui-ci entachent d'illégalité les décisions lui faisant obligation de quitter le territoire français et fixant son pays de renvoi ainsi que ses obligations dans la perspective de son départ.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 janvier 2024, la préfète de l'Ardèche conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 15 février 2024 par une ordonnance du 16 janvier précédent.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 20 décembre 2023.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Gille.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant marocain né en 1992, M. B demande l'annulation de l'arrêté du 13 octobre 2023 par lequel la préfète de l'Ardèche lui a retiré le bénéfice de la carte de séjour pluriannuelle qui lui avait été délivrée au mois de mai 2022, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays vers lequel il pourrait être éloigné d'office ainsi que ses obligations dans la perspective de son départ.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant retrait de titre de séjour :
2. Si M. B fait valoir à juste titre que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait en ce qu'elle relève qu'il n'a pas d'enfant alors qu'il est père de l'enfant A né en France le 18 août 2020, il ressort toutefois des pièces du dossier, en particulier des termes de l'arrêté en litige, que la préfète de l'Ardèche ne s'est pas déterminée au regard de cet élément mais au regard des dispositions de l'article L. 423-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la rupture de la vie commune entre le requérant et son épouse. Par suite, le moyen tiré de cette erreur doit être écarté.
3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ". Pour soutenir que la décision lui retirant son titre de séjour porte une atteinte excessive à sa vie privée et familiale, M. B fait valoir, outre la présence de son enfant, sa bonne intégration et son insertion professionnelle en France. Compte tenu toutefois et notamment de l'objet et des effets de la décision en litige, du caractère encore récent de l'entrée en France du requérant ainsi que de la présence au Maroc de sa première épouse et de leurs enfants, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Les circonstances dont il est fait état ne suffisent pas davantage pour considérer que la préfète de l'Ardèche a, au regard de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant, entaché sa décision portant retrait de titre de séjour d'une erreur manifeste d'appréciation.
4. A l'appui de sa contestation, M. B fait également valoir qu'il participe à l'entretien et à l'éducation de son fils A né de mère française en 2020 et que sa présence en France est nécessaire auprès de cet enfant dont il a notamment la garde une fin de semaine sur deux et la moitié des vacances scolaires. Compte tenu toutefois des motifs et des effets de la décision en cause et alors au demeurant que le requérant n'établit pas par le témoignage dont il fait état ou les quelques justificatifs d'achat qu'il produit l'effectivité de sa contribution à l'éducation et à l'entretien de son enfant, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porterait atteinte à l'intérêt supérieur de son fils en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant dont il se prévaut.
En ce qui concerne les autres décisions :
5. Ainsi qu'il a été dit précédemment, l'arrêté critiqué est entaché d'une erreur de fait en tant qu'il relève que M. B est sans enfant. Dans ces conditions et eu égard à l'incidence que la présence en France de l'enfant français du requérant peut avoir dans l'appréciation par l'autorité préfectorale de la possibilité ou des conséquences d'un éloignement de l'intéressé, M. B est fondé à se prévaloir de l'irrégularité résultant de cette mention erronée pour soutenir que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire est entachée d'illégalité et doit être annulée, ensemble et par voie de conséquence les décisions fixant ses obligations dans la perspective de son départ.
6. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que les articles 2 à 5 de l'arrêté de la préfète de l'Ardèche du 13 octobre 2023 doivent être annulés.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. L'exécution du présent jugement, qui annule la décision prescrivant l'éloignement du requérant, implique que la préfète de l'Ardèche statue à nouveau sur la situation de M. B. Il y a lieu de lui adresser une injonction en ce sens et, dans les circonstances de l'espèce, de lui impartir un délai de deux mois pour s'y conformer. Il n'y a en revanche pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte qui est demandée.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la requête présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : Les articles 2 à 5 de l'arrêté de la préfète de l'Ardèche du 13 octobre 2023 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Ardèche de statuer à nouveau sur la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète de l'Ardèche.
Délibéré après l'audience du 4 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Feron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
L'assesseur le plus ancien
F.-X. Richard-Rendolet
Le président, rapporteur
A. GilleLa greffière,
F. de Biasi
La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026