vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2310107 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | BROCARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 novembre 2023, Mme A B, représentée par Me Brocard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 mai 2023 par laquelle le directeur du centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne a prononcé sa radiation des cadres ;
2°) d'enjoindre au directeur du centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne, dans un délai d'un mois à compter du présent jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de la réintégrer dans ses fonctions avec effet rétroactif au 15 février 2023 ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne une somme de 2 000 euros hors taxes à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- elle devait bénéficier d'une visite médicale de reprise, dont l'organisation incombait à l'employeur, lequel ne lui a pas adressé de convocation en ce sens ;
- tant que cette visite n'avait pas été réalisée, elle devait être considérée comme en congé maladie, et son contrat de travail devait être considéré comme suspendu ;
- son employeur ne pouvait légalement décider la radiation des effectifs au motif qu'elle ne s'était pas présentée à son poste.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 mai 2024, le centre hospitalier de Saint-Etienne, représenté par Me Walgenwitz, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que
- la requête est irrecevable du fait de sa tardiveté ;
- le centre hospitalier était fondé à refuser la reprise du travail de l'intéressée dès lors que celle-ci n'acceptait pas de se soumettre sans motif valable à la visite de reprise obligatoire à l'issue de son arrêt de travail ;
- Mme B a manifesté à plusieurs reprises sa volonté de ne pas respecter l'obligation du port du masque chirurgical imposé dans le cadre de la lutte contre le virus de la Covid 19, et, ce faisant, a fait obstacle à la réalisation de la visite de reprise ;
- en dépit d'une mise en demeure, l'intéressée n'a pas justifié de ses absences pour la période du 15 février 2023 au 5 mai 2023, y compris après la fin de l'obligation du port du masque, et doit ainsi être regardée comme ayant abandonné son poste.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 septembre 2023.
La clôture de l'instruction a été fixée au 16 août 2024 par une ordonnance du 26 juillet précédent.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code du travail ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pouyet,
- les conclusions de Mme Fullana Thevenet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Brocard, représentant Mme B, et de Me Walgenwitz représentant le centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée par le centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée à compter du 1er juillet 2019 en qualité d'agente d'entretien affectée à la cuisine centrale. Par décision du 11 mai 2023, le directeur général du centre hospitalier universitaire de Saint Etienne a décidé sa radiation des effectifs, au motif d'absences injustifiées. Mme B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. D'une part, une mesure de radiation des effectifs pour abandon de poste ne peut être régulièrement prononcée que si l'agent concerné a, préalablement à cette décision, été mis en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service dans un délai approprié qu'il appartient à l'administration de fixer. Une telle mise en demeure doit prendre la forme d'un document écrit, notifié à l'intéressé, l'informant du risque qu'il encourt d'une radiation sans procédure disciplinaire préalable. Lorsque l'agent ne s'est ni présenté ni n'a fait connaître à l'administration aucune intention avant l'expiration du délai fixé par la mise en demeure, et en l'absence de toute justification d'ordre matériel ou médical, présentée par l'agent, de nature à expliquer le retard qu'il aurait eu à manifester un lien avec le service, cette administration est en droit d'estimer que le lien avec le service a été rompu du fait de l'intéressé.
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 4626-29 du code du travail, rendu applicable aux agents contractuels des établissements de santé, sociaux et médico-sociaux mentionnés à l'article 2 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986, en application des dispositions de l'article D. 4626-1 du même code : " L'agent bénéficie d'un examen de reprise par le médecin du travail : / () / 3° Après une absence d'au moins trente jours pour cause d'accident du travail, de maladie ou d'accident non professionnel ou, à l'initiative du médecin du travail, pour une absence d'une durée inférieure à trente jours. / L'examen de reprise est organisé dans un délai de huit jours à compter de la reprise du travail par l'agent.".
4. Il est constant que Mme B ne s'est pas présentée à son poste à l'issue de son arrêt de travail pour cause de maladie courant du 9 août 2021 au 15 février 2023. La requérante soutient qu'il ne peut lui être reproché de ne pas avoir effectué son service à compter du 15 février 2023, date de fin de son arrêt de travail, faute pour son employeur d'avoir préalablement organisé une visite médicale de reprise, en application des dispositions précitées.
5. D'une part, Mme B ne saurait utilement soutenir qu'en l'absence de visite de reprise elle devait être regardée comme étant en congé maladie du fait de la suspension de son contrat de travail, dès lors que le principe de suspension qu'elle invoque ne trouve pas à s'appliquer aux agents de droit public.
6. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que Mme B s'est présentée le 5 janvier 2023 pour une visite de pré-reprise et qu'elle n'a pas été reçue par le service de santé au travail du centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne en raison de son refus de porter un masque sanitaire, en méconnaissance des directives alors applicables dans les établissements de santé, ainsi que cela lui a été rappelé dans des courriers du 3 février 2023 et du 22 mars 2023. Si dans ses courriels et courriers adressés à sa hiérarchie, Mme B fait part d'" obstacles non justifiés " à sa reprise du travail et évoque un " acharnement " contre sa personne, elle a également manifesté sans équivoque son opposition au port du masque dans un courrier du 16 février 2023, indiquant" je ne consens pas à me masquer pour participer à votre soumission concernant vos protocoles ", considérant également que le masque sanitaire " ne protège d'aucun virus ", " ne sert à rien " et l'empêcherait de respirer normalement alors que sa santé est " parfaite ", tout en tenant des propos insultants à l'égard de l'un de ses supérieurs hiérarchiques. Dès lors que la requérante a ainsi, de par son refus persistant et catégorique de se conformer aux règles sanitaires qui s'imposaient à elle, fait obstacle à l'organisation d'une visite de reprise à l'expiration de son arrêt de travail, le moyen tiré de la carence de l'administration à organiser cet examen doit être écarté. Au demeurant, il résulte des dispositions précitées que l'examen auquel procède le médecin du travail doit être organisé après la reprise effective du service par l'agent et ne conditionne pas cette dernière. Par conséquent, et alors que l'intéressée a été invitée à régulariser sa situation par un courrier du 8 mars et du 3 avril 2023, et une mise en demeure du 18 avril 2023, à laquelle elle n'a pas répondu, le directeur du centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne était fondé à constater les absences injustifiées de l'intéressée à compter du 15 février 2023 et à prononcer, pour ce motif, sa radiation des cadres.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non recevoir, que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 11 mai 2023 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Saint Etienne a décidé sa radiation des effectifs, au motif d'absences injustifiées. Par suite, sa requête doit être rejetée, en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Dèche, présidente,
Mme Viallet, conseillère,
Mme Pouyet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La rapporteure,
C. Pouyet
La présidente,
P. Dèche
La greffière,
N. Boumedienne
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026