mardi 12 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2310163 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CJA PUBLIC CHAVENT-MOUSEGHIAN-CAVROIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 novembre 2023, et un mémoire complémentaire enregistré le 11 décembre 2023, Mme B A, représentée par la société CJA public Chavent-Mouseghian-Cavrois, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 29 septembre 2023 par laquelle la directrice de l'Institut de formation en soins infirmiers et d'aide-soignant (IFSI) du centre hospitalier de Roanne lui a notifié la décision de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants l'excluant définitivement de l'Institut ;
2°) d'enjoindre à la directrice de l'IFSI de procéder à sa réintégration au sein de l'institut et de lui permettre la poursuite de son cursus au sein de l'Institut dans un délai de huit jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'IFSI du centre hospitalier de Roanne la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision en litige l'empêche de poursuivre ses études, alors qu'elle était en dernière année de formation et qu'elle avait validé la plupart des unités d'enseignement et stages, en vue d'une présentation devant le jury régional en décembre 2023 ; elle n'est pas en mesure de s'inscrire actuellement à un autre IFSI, les inscriptions pour l'année étant clôturées ; l'inscription de la mesure d'exclusion dans son dossier pédagogique est de nature à dissuader d'autres IFSI de l'accueillir ; ainsi, la décision fait obstacle à tout aboutissement professionnel proche dans le métier d'infirmière ; la décision, qui la prive de l'allocation versée au titre de la formation professionnelle et des rémunérations qu'elle perçoit pour ses stages, a également des incidences financières ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens suivants :
* la décision a été prise par une autorité incompétente ;
* la décision est insuffisamment motivée ;
* il n'est pas justifié que le quorum requis par les dispositions de l'article 14 de l'arrêté du 21 avril 2017 pour la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants était atteint ;
* les membres de la section ont été convoqués moins de quinze jours avant la tenue de la séance, en méconnaissance de l'article 14 de ce même arrêté ;
* la section ne s'est pas réunie dans le délai d'un mois à compter de la survenue des faits, en méconnaissance de l'article 16 de l'arrêté du 21 avril 2017 ;
* la décision est entachée d'erreur de droit, dès lors qu'aucun acte susceptible d'être regardé comme incompatible avec la sécurité des personnes prises en charge ne peut lui être reproché ;
* la décision est disproportionnée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
* la décision, qui prend effet la veille de la date à laquelle elle a été prise, est entachée d'une rétroactivité illégale.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 décembre 2023, l'IFSI du centre hospitalier de Roanne, représenté par Me Tomc, conclut au rejet de la requête, et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'y a pas d'urgence à suspendre la décision en litige, dès lors d'une part que la mesure d'exclusion est la seule conséquence des lacunes notoires et incontestables de la requérante, et qu'au demeurant, elle était loin d'être certaine de valider l'ensemble de ses unités d'enseignement et stages, et donc de pouvoir se présenter au jury ; Mme A a d'ailleurs tardé à demander la suspension de la mesure en litige et n'est plus en mesure de passer devant le jury qui doit se réunir en décembre ; il n'est pas justifié que la mesure en litige ferait obstacle à ce qu'elle puisse s'inscrire dans un autre établissement ; il n'est, par ailleurs, pas justifié des difficultés financières alléguées, et notamment de l'impossibilité pour elle de procéder à une résolution anticipée de son bail d'habitation ;
- aucun des moyens soulevés par la requérante n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ; en particulier, si le délai de convocation des membres n'a pas été respecté, et si la section n'a pas été convoquée dans le mois suivant les faits reprochés, de tels vices ne portent aucun préjudice aux droits de Mme A et ne sont pas susceptibles d'affecter la légalité de la décision en litige.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 27 novembre 2023 sous le n° 2310145 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision en litige.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Besse, président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Clément, greffier d'audience, M. Besse a lu son rapport et entendu les observations de :
- Me Guérin, représentant Mme A, qui a repris ses conclusions et moyens ;
- Me Tomc, pour le centre hospitalier de Roanne, l'IFSI n'ayant pas la personnalité morale, qui a repris ses conclusions et moyens ;
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a intégré en 2019 l'IFSI du centre hospitalier de Roanne. Elle a été admise à redoubler sa première année. Alors qu'il lui restait à valider trois unités d'enseignement et des stages, en fin de troisième année, une réorientation vers un complément de formation lui a été proposé en fin de troisième année, en juin 2023. Le 29 septembre 2023, la directrice de l'Institut de formation en soins infirmiers et d'aide-soignant (IFSI) du centre hospitalier de Roanne lui a notifié la décision prise la veille par la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants l'excluant définitivement de l'Institut. Mme A demande la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens susvisés et invoqués par Mme A à l'encontre de la décision du 29 septembre 2023 n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision et à justifier que son exécution soit suspendue. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions tendant aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte de la requête.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Roanne, qui n'est pas la partie perdante, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit, aux conclusions que présente le centre hospitalier de Roanne au titre des mêmes dispositions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est suspendue.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Roanne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au centre hospitalier de Roanne.
Fait à Lyon, le 12 décembre 2023.
Le juge des référés,
T. Besse
Le greffier,
T. Clément
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026