mardi 19 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2310220 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS ASTERIO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 novembre 2023, la société Nathalie Capoccitti dépannage, représentée par Me Bracq, demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler dans sa totalité la procédure de passation des lots n°s 1 et 2 de la délégation de service public portant sur le dépannage et l'évacuation de véhicules sur les voies rapides et tunnels de la métropole de Lyon ;
2°) d'enjoindre à la métropole de Lyon de reprendre la procédure de passation ;
3°) de mettre à la charge de la métropole de Lyon la somme de 5 000 euros au titre des frais du litige.
Elle soutient que :
- son offre a été dénaturée s'agissant du critère relatif à l'environnement et aux déchets sur lequel elle a obtenu la note de 4/20 alors qu'elle ne produit pas de déchets ni d'effluents polluants ;
- ce critère est sans lien avec l'objet des contrats ;
- il est discriminatoire.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 décembre 2023, la métropole de Lyon, représentée par Me Charrel, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Nathalie Capoccitti dépannage au titre des frais du litige.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société Nathalie Capoccitti dépannage ne sont pas fondés.
La métropole de Lyon a produit le rapport d'analyse des offres ainsi que, sur le fondement de l'article R. 412-2-1 du code de justice administrative, un mémoire distinct demandant qu'il soit soustrait au contradictoire.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Michel,
- et les observations de Me Bracq pour la société Nathalie Capoccitti dépannage et de Me Harket pour la métropole de Lyon.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. / () / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ".
2. Par un avis de concession publié le 7 mars 2023, la métropole de Lyon a engagé une consultation selon une procédure simplifiée en vue de la passation d'une délégation de service public multi-attributaire de dépannage et d'évacuation de véhicules sur les voies rapides et tunnels de la métropole. Par un courrier du 21 novembre 2023, la société Nathalie Capoccitti dépannage a été informée que son offre, classée en quatrième position, n'avait pas été retenue pour les lots n°s 1 et 2 portant sur le dépannage de véhicules légers et que ces lots avaient été attribués, respectivement et d'une part, aux sociétés Dépannages Cochet, Assistance dépannage vaudaise et Fred dépannage, d'autre part aux sociétés Dépannages Cochet, MAP dépannage et Assistance dépannage vaudaise. La société Nathalie Capoccitti dépannage demande au juge des référés d'annuler la procédure engagée par la métropole de Lyon pour la passation de ces lots et d'enjoindre à la métropole de reprendre la procédure.
3. En premier lieu, le règlement de la consultation prévoit que les offres remises pour le dépannage des véhicules légers sont appréciées selon quatre critères portant sur la disponibilité, pondéré à 40 %, sur la qualité des matériels, de l'atelier et de l'organisation et les conditions d'accueil du public, pondéré à 30 %, la qualification du personnel, pondéré à 25 %, et l'environnement et les déchets, pondéré à 5%, sur lequel la société Nathalie Capoccitti dépannage a obtenu la note de 4/20 justifiée par l'appréciation " insatisfaisante ". Ces critères de sélection ont été appréciés au regard des éléments demandés aux soumissionnaires dans le guide de rédaction des offres annexé au règlement de la consultation. Il est demandé aux candidats dans ce guide de veiller à ce que les pièces qu'ils doivent produire dans le cadre de leur offre présentent des engagements précis. Il détaille le contenu minimal de la notice relative à la responsabilité sociétale et environnementale, dans laquelle le candidat doit présenter ses engagements et actions en matière de préservation de l'environnement sur, notamment, le traitement des déchets, le recyclage, les consommations en eau et la mise en place de séparateurs d'hydrocarbures. La société Nathalie Capoccitti dépannage, qui produit des déchets alors même qu'elle ne stocke pas sur ses sites les véhicules accidentés ou en réparation, ne conteste pas qu'elle ne dispose d'aucun équipement pouvant attester de ses engagements et actions en matière de préservation de l'environnement. Par suite, le moyen tiré de ce que la métropole de Lyon aurait dénaturé son offre doit être écarté.
4. En second lieu, même si les gardiens de fourrières ne peuvent exercer des activités de destruction et de retraitement de véhicules hors d'usage, leur activité produit des déchets. La métropole de Lyon a pu retenir le critère environnemental comme élément d'appréciation des offres, qui porte sur les déchets produits dans le cadre de l'activité déléguée et n'est donc pas sans rapport avec l'objet de la concession, ni discriminatoire.
5. Il résulte de ce qui précède que la société Nathalie Capoccitti dépannage n'est pas fondée à demander l'annulation de la procédure de passation des lots n°s 1 et 2 de la délégation de service public de dépannage et d'évacuation sur les voies rapides et tunnels de la métropole de Lyon. Sa requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à sa charge la somme de 1 400 euros à verser à la métropole de Lyon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la société Nathalie Capoccitti dépannage est rejetée.
Article 2 : La société Nathalie Capoccitti dépannage versera la somme de 1 400 euros à la métropole de Lyon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée aux sociétés Nathalie Capoccitti dépannage, Dépannages Cochet, Assistance dépannage vaudaise, Fred dépannage et MAP dépannage et à la métropole de Lyon.
Fait à Lyon, le 19 décembre 2023
La juge des référés,
C. Michel
La greffière,
S. Hosni
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026