mercredi 6 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2310310 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er décembre 2023, M. C D, représenté par Me Petit, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision en date du 30 novembre 2023 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme l'a maintenu en rétention administrative ;
3°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme d'enregistrer sa demande de protection internationale et de lui délivrer une attestation de demande d'asile ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision attaquée ;
- la décision contestée est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure, en raison de la méconnaissance de son droit d'être entendu ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur de droit ;
- la décision résulte d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, l'intéressé disposant de garanties de représentations et souffrant de diverses pathologies.
Le préfet du Puy-de-Dôme a produit des pièces, enregistrées le 4 décembre 2023.
La première vice-présidente du tribunal, chargée par intérim des fonctions de présidente du tribunal pour la période du 1er au 31 décembre 2023, a désigné M. Richard-Rendolet pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention de Genève du 28 juin 1951 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard-Rendolet ;
- les observations de Me Petit, avocat, pour M. D, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens, et soutient en outre que la décision méconnaît les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève ;
- les observations de Me Tomasi, pour le préfet du Puy-de-Dôme, qui conclut au rejet de la requête au motif que les moyens ne sont pas fondés.
- et les observations de M. D, requérant, assisté de M. B, interprète en langue géorgienne.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant géorgien, a fait l'objet d'une interdiction du territoire français pour une durée de dix ans par un jugement du tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand en date du 3 août 2023. Par un arrêté du 9 novembre 2023, le préfet du Puy-de-Dôme a fixé le pays de destination de l'intéressé, et par une décision du 24 novembre suivant, l'a placé en rétention administrative dans l'attente de son éloignement. Par une décision du 30 novembre 2023, que M. D demande au tribunal d'annuler par le présent recours, le préfet du Puy-de-Dôme a décidé du maintien en rétention de l'intéressé.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. L'arrêté attaqué a été signé par Mme A, directrice de la citoyenneté et de la légalité à la préfecture du Puy-de-Dôme, en vertu de la délégation de signature qui lui a été donnée par un arrêté du préfet du Puy-de-Dôme du 26 septembre 2023 publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 30 novembre 2023 doit être écarté.
4. l'arrêté attaqué vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application, et notamment l'article L. 754-3 de ce code qui constitue la base légale de la décision attaquée. Le préfet s'est prononcée sur le caractère dilatoire de la demande de M. D conformément aux dispositions de l'article L. 754-3 du code précité. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Puy-de-Dôme, qui n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de M. D, n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation préalablement à l'édiction de la décision en litige. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen dont serait entachée cette décision doivent être écartés.
5. Si M. D expose n'avoir pu exposer des éléments de sa situation personnelle avant que la décision attaquée fût prise, il ressort des pièces du dossier que le 2 novembre 2023, préalablement à sa levée d'écrou du centre pénitentiaire de Riom où il était incarcéré, il a pu transmettre au préfet du Puy-de-Dôme une déclaration écrite comportant des informations sur sa situation personnelle et familiale et mentionnant son souhait de ne pas retourner en Géorgie, et qu'il été informé à cette occasion que l'autorité administrative était susceptible de prendre à son encontre une décision fixant son pays de renvoi. En outre M. D n'établit pas, ni même n'allègue, avoir sollicité en vain un nouvel entretien avec les services préfectoraux, ni qu'il a été empêché de s'exprimer avant que ne soit pris l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen du vice de procédure tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.
6. Aux termes de l'article L. 754-3 du même code : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. / Cette décision de maintien en rétention n'affecte ni le contrôle ni la compétence du juge des libertés et de la détention exercé sur le placement et le maintien en rétention en application du chapitre III du titre IV. La décision de maintien en rétention est écrite et motivée. / A défaut d'une telle décision, il est immédiatement mis fin à la rétention et l'autorité administrative compétente délivre à l'intéressé l'attestation mentionnée à l'article L. 521-7. "
7. Pour soutenir que les dispositions précitées ont été méconnues, M. D fait valoir qu'il est exposé à des menaces dans son pays d'origine en raison de son engagement dans la guerre en Ukraine, et qu'il n'a pu déposer une demande d'asile avant d'être placé en rétention administrative du fait d'un refus des personnels de la Cimade intervenant au centre pénitentiaire de Riom. Toutefois, et alors que l'intéressé n'établit d'aucune manière la réalité de ses allégations, il ressort des pièces du dossier que lors de son audition par les services de police le 2 novembre 2023, il n'a pas exprimé le souhait de demander l'asile, que le 25 novembre 2023, il a refusé d'embarquer sur le vol à destination de son pays d'origine, la Géorgie, et qu'il n'a présenté sa demande d'asile que le 29 novembre 2023 alors qu'il avait été reconduit en rétention. Par ailleurs, une précédente demande d'asile formulée par l'intéressé avait été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 2 janvier 2018 et par la Cour nationale du droit d'asile le 20 octobre 2019 Dans ces conditions, et compte tenu des circonstances de l'espèce, le préfet a pu à juste titre estimer, sans méconnaître les dispositions précitées ni commettre d'erreur de droit, que la nouvelle demande d'asile formulée par M. D n'avait d'autre objet que de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement et présentait un caractère dilatoire. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
8. Compte tenu de ce que le préfet du Puy-de-Dôme a décidé du maintien du placement en rétention administrative de M. D le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides et en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celui-ci, dans l'attente de son départ, le maintien en rétention administrative n'est pas fondé sur l'absence de garanties de représentation. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation des garanties de représentation que présenterait le requérant ne peut qu'être écarté comme inopérant.
9. Si M. D expose souffrir de diverses pathologies qui nécessitent un suivi rapproché de son état de santé, il ne peut utilement se prévaloir de cette circonstance à l'encontre d'un arrêté dont le seul objet est de le maintenir en rétention en conséquence du caractère estimé dilatoire par le préfet du Puy-de-Dôme de sa demande d'asile. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
10. Enfin, si M. D se prévaut des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé ne dispose pas du statut de réfugié, sa précédente demande d'asile ayant été rejetée ainsi qu'il a été exposé au point 7. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 30 novembre 2023 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a ordonné son maintien en rétention administrative. Par suite, la requête de M. D doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet du Puy-de-Dôme.
Lu en audience publique le 6 décembre 2023.
Le magistrat désigné,
F-X. Richard-RendoletLa greffière,
F. Gaillard
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026