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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2310645

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2310645

mercredi 13 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2310645
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 décembre 2023, M. A B, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry (69125), représenté par Me Boyer, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler les décisions en date du 10 décembre 2023 par lesquelles le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé, et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son avocat d'une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour Me Boyer de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

Il soutient que :

- le préfet devra justifier des délégations de signature ;

en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale, et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, eu égard à la circonstance qu'il travaille depuis plusieurs mois en qualité d'ouvrier-peintre et qu'il comptait engager des démarches de régularisation de sa situation ;

en ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

- en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire au motif qu'il présente un risque de soustraction à la mesure d'éloignement, alors qu'il travaille depuis plusieurs mois en qualité d'ouvrier-peintre et qu'il comptait engager des démarches de régularisation de sa situation et qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public, le préfet de l'Isère a méconnu les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

en ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen particulier ;

- en prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'un an, alors qu'il travaille depuis plusieurs mois en qualité d'ouvrier-peintre et qu'il comptait engager des démarches de régularisation de sa situation et qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public, le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et adopté une mesure disproportionnée ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français d'un an est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle, le signalement dans le système d'information Schengen qui découle de cette décision constituant de fait une mesure d'expulsion de tout l'espace Schengen ;

- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale, et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, eu égard au fait que son fils réside en France et à la circonstance qu'il travaille depuis plusieurs mois en qualité d'ouvrier-peintre et qu'il comptait engager des démarches de régularisation de sa situation.

Des pièces ont été produites le 12 décembre 2023 par le préfet de l'Isère.

La première vice-présidente du tribunal, chargée par intérim des fonctions de présidente du tribunal pour la période du 1er au 31 décembre 2023, a désigné Mme Maubon pour statuer au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 13 décembre 2023, Mme Maubon, magistrate désignée, a présenté son rapport, et entendu :

- les observations orales de Me Boyer, représentant M. B, qui reprend les conclusions et les moyens de sa requête, en abandonnant le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte ; il fait valoir que la décision d'éloignement est mal fondée puisque malgré son entrée récente en France il y travaille, y mène une relation de concubinage et y dispose d'une adresse chez son cousin, que la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire est infondée dès lors qu'il est d'accord pour repartir et qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public, aucune poursuite judiciaire n'ayant été engagée à son encontre, que la décision portant interdiction de retour d'un an sur le territoire français est disproportionnée puisqu'il n'a jamais fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français, qu'il n'a pas fait l'objet de poursuites pénales et que son souhait est de régulariser sa situation par le travail ;

- les observations orales de M. B, requérant, assisté par M. C, interprète en arabe ; il expose qu'il est arrivé en France il y a quelques mois sans se souvenir de la date exacte, en passant par le Maroc et l'Espagne, que sa mère est décédée, que son père et ses sœurs vivent à Annaba, qu'il est venu en France pour y trouver une vie meilleure, qu'il est d'abord arrivé à Paris avant de rejoindre son cousin près de Grenoble, qu'il travaille comme peintre dans le bâtiment et gagne environ 400 euros par semaine, que son souhait est de régulariser sa situation en se prévalant de sa situation professionnelle ;

- les observations orales de Me Tomasi, représentant le préfet de l'Isère, qui conclut au rejet de la requête en exposant que les délégations de signature ont été produites, que l'arrêté est suffisamment motivé, que M. B ne justifie d'aucune vie privée et familiale sur le territoire français, qu'il est arrivé très récemment en France et ne produit aucune pièce justifiant d'une quelconque intégration, qu'il a été interpellé deux fois en peu de temps pour des faits délictuels, que sa présence constitue une menace pour la tranquillité publique, que la décision de refus de délai de départ volontaire est fondée non seulement sur le maintien en situation irrégulière, sur le fondement du 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mentionné dans l'arrêté, mais également sur l'absence de garanties de représentation (8° de l'article L. 612-3) et sur la menace à l'ordre public (1° de l'article L. 612-2), que l'interdiction de retour sur le territoire français d'un an est fondée et proportionnée, eu égard à l'absence de liens en France de M. B, à la circonstance qu'il a été interpellé deux fois en quelques mois et à la présence de liens familiaux dans son pays d'origine.

La clôture de l'instruction est intervenue, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, le 13 décembre 2023 à 14 heures 40.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 5 octobre 2002 déclare être entré sur le territoire français en avril 2023. Par arrêté du 10 décembre 2023, le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera susceptible d'être renvoyé, et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par un arrêté du même jour, la même autorité a décidé de le placer dans un centre de rétention administrative pour une durée de quarante-huit heures, prolongée pour une durée de vingt-huit jours par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Lyon. Ces deux arrêtés lui ont été notifiés le 10 décembre 2023. M. B demande l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu de faire droit à la demande de M. B tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle, sur le fondement du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

Sur les conclusions de la requête :

3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / (). ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

4. M. B fait valoir qu'il est présent en France depuis plusieurs mois, qu'il y travaille pour subvenir à ses besoins, qu'il est hébergé chez son cousin et qu'il entretient une relation avec une ressortissante du Royaume-Uni. Il est constant que M. B, qui a déclaré ne pas se souvenir de la date exacte de son arrivée en France, est présent sur le territoire français depuis moins d'un an et ne dispose d'aucun document d'identité ou de voyage. Il ressort des pièces du dossier que M. B, interpellé à Grenoble le 9 décembre 2023 pour des faits présumés de recel de vol, a fait l'objet d'une interpellation le 22 novembre précédent à Paris pour le même motif. Il est entré irrégulièrement en France et n'a pas cherché à régulariser sa situation. S'il déclare travailler et entretenir une relation de concubinage, il n'a produit aucune pièce justificative à l'appui de sa requête. M. B se maintient donc en situation irrégulière sur le territoire français depuis plusieurs mois sans chercher à régulariser sa situation et a déjà fait l'objet de deux interpellations en quelques semaines. L'intéressé, qui n'a pas de domicile propre et fixe, est célibataire et sans charge de famille en France. Il n'est pas dépourvu d'attaches familiales en Algérie, pays où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt ans et où réside encore son père et ses sœurs d'après ses déclarations. Enfin, si le requérant indique travailler, il ne justifie d'aucune intégration sociale ou perspective d'insertion professionnelle particulière sur le territoire français. Dans les circonstances ainsi décrites, eu égard notamment à l'arrivée récente le territoire français de l'intéressé, la décision d'obligation de quitter le territoire français n'a pas porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision a été adoptée en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

5. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "

6. Il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été exposé au point 4 ci-dessus, que M. B est entré irrégulièrement en France et s'y maintient sans titre de séjour. Il ne dispose ni de documents d'identité ou de voyage en cours de validité ni de domicile propre. Dans ces conditions, le préfet de l'Isère n'a pas commis d'erreur d'appréciation en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire pour exécuter la mesure d'éloignement dont il fait l'objet.

7. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".

8. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Isère, qui a notamment pris en considération la présence récente de l'intéressé en France, la circonstance qu'il déclare travailler, le fait qu'il a été interpellé à deux reprises et la circonstance que son père et sa sœur résident en Algérie, n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B.

9. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, soulevé à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4 en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français, M. B ne faisant valoir aucune circonstance particulière distincte à l'égard de la mesure d'interdiction de retour sur le territoire français.

10. M. B est entré en France au printemps 2023 d'après ses déclarations, soit depuis moins d'un an à la date de la décision attaquée et s'y maintient en situation irrégulière sans avoir sollicité de titre de séjour. Il s'est déjà fait connaître à deux reprises des services de police, le 22 novembre et le 9 décembre 2023 pour des faits de recel de vol, qui n'ont toutefois pas donné lieu à des poursuites judiciaires. Il ne se prévaut d'aucune autre attache en France qu'une concubine et un cousin, sans produire aucune pièce à leur égard, et il ne justifie d'aucune intégration particulière en France, tandis que son père et ses sœurs résident toujours en Algérie. Dans ces conditions, au regard des critères listés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, eu égard notamment au caractère récent de sa présence en France, le préfet de l'Isère n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant à l'encontre de M. B une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, soit le tiers de la durée maximale de trois ans pouvant être prononcée dans cette hypothèse. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit donc être écarté.

11. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision emporte des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la situation de M. B, qui se borne à exprimer le souhait de pouvoir revenir dans l'espace Schengen pour y travailler et qui ne justifie d'aucune circonstance particulière faisant obstacle à l'adoption d'une telle mesure. Il dispose en tout état de cause de la possibilité de demander l'abrogation de l'interdiction de retour d'un an prononcée. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit donc également être écarté.

12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête, ainsi par voie de conséquence que celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de l'Isère.

Copie en sera adressée à l'association Forum Réfugiés - Cosi.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2023.

La magistrate désignée,

G. Maubon

La greffière,

C. Driguzzi

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Une greffière,

N° 23010645

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