mercredi 27 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2310836 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MARIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 décembre 2023, la société Bourdon frères, représentée par Me Marie, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler à titre principal la procédure de passation du lot n° 3 du marché de travaux de création d'un centre de loisirs à Saint-Etienne-sur-Chalaronne, à compter de l'examen des offres ;
2°) d'annuler, à titre subsidiaire, l'ensemble de la procédure de passation du lot n° 3 du marché de travaux de création d'un centre de loisirs à Saint-Etienne-sur-Chalaronne ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Etienne-sur-Chalaronne la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- que l'offre de la société Lignotoit est irrégulière à deux titres, dès lors que le candidat a unilatéralement modifié les quantités visées à la DPGF, de sorte que son offre de prix a été impactée et qu'il n'a pas chiffré l'option " traitement curatif de la charpente bois ". En attribuant le contrat à un candidat dont l'offre est irrégulière, la société requérante a nécessairement été lésée dès lors qu'elle est arrivée en seconde position.
- Le sous critère lié aux références n'est pas justifié et est discriminatoire ;
- En tout état de cause, ce sous-critère était imprécis, de sorte qu'il laisse un pouvoir d'appréciation discrétionnaire à la commune.
Un mémoire présenté par la commune de Saint-Etienne-sur-Chalaronne a été enregistré le 26 décembre 2023.
La commune justifie de la procédure suivie.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jourdan,
- les observations de Me Marie pour la société Bourdon Frères,
- les observations de M. A, maire de la commune de Saint-Etienne-sur-Chalaronne.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. / () / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ". En vertu de ces dispositions, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements de l'entité adjudicatrice à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles susceptibles d'être lésées par de tels manquements. Il appartient dès lors au juge des référés précontractuels de rechercher si l'entreprise qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésé ou risquent de le léser, fût-ce de façon indirecte en avantageant une entreprise concurrente.
2. La commune de Saint-Etienne-sur-Chalaronne a lancé une procédure de passation d'un marché public de travaux en vue de la construction d'un centre de loisirs. La société Bourdon Frères a fait acte de candidature pour le lot n° 3 " charpente couverture ". Par courrier en date du 12 décembre 2023, elle s'est vue notifier le rejet de son offre, placée en seconde position. La société demande au juge des référés d'annuler la procédure engagée par la commune de Saint-Etienne-sur-Chalaronne pour la passation de ce lot.
En ce qui concerne les conclusions tendant à l'annulation de l'ensemble de la procédure de passation du lot n° 3 :
3. Aux termes de l'article R. 2152-7 du code de la commande publique : " Pour attribuer le marché au soumissionnaire ou, le cas échéant, aux soumissionnaires qui ont présenté l'offre économiquement la plus avantageuse, l'acheteur se fonde : / 1° Soit sur un critère unique () 2° Soit sur une pluralité de critères non-discriminatoires et liés à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution, parmi lesquels figure le critère du prix ou du coût et un ou plusieurs autres critères comprenant des aspects qualitatifs, environnementaux ou sociaux. Il peut s'agir des critères suivants : / a) La qualité, y compris la valeur technique et les caractéristiques esthétiques ou fonctionnelles, l'accessibilité, l'apprentissage, la diversité, les conditions de production et de commercialisation, la garantie de la rémunération équitable des producteurs, le caractère innovant, les performances en matière de protection de l'environnement, de développement des approvisionnements directs de produits de l'agriculture, d'insertion professionnelle des publics en difficulté, la biodiversité, le bien-être animal ; / b) Les délais d'exécution, les conditions de livraison, le service après-vente et l'assistance technique, la sécurité des approvisionnements, l'interopérabilité et les caractéristiques opérationnelles ; / c) L'organisation, les qualifications et l'expérience du personnel assigné à l'exécution du marché lorsque la qualité du personnel assigné peut avoir une influence significative sur le niveau d'exécution du marché. / D'autres critères peuvent être pris en compte s'ils sont justifiés par l'objet du marché ou ses conditions d'exécution. / Les critères d'attribution retenus doivent pouvoir être appliqués tant aux variantes qu'aux offres de base. ". Et aux termes de l'article R. 2152-11 du même code : " Les critères d'attribution ainsi que les modalités de leur mise en œuvre sont indiqués dans les documents de la consultation. ".
4. Il résulte, des dispositions de l'article R. 2152-7 du code de la commande publique qu'il appartient à la personne responsable du marché de déterminer l'offre économiquement la plus avantageuse en se fondant sur des critères permettant d'apprécier la performance globale des offres au regard de ses besoins. Ces critères doivent être liés à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution, être définis avec suffisamment de précision pour ne pas laisser une marge de choix indéterminée et ne pas créer de rupture d'égalité entre les candidats.
5. Il résulte également de ces dispositions que, pour assurer le respect des principes de liberté d'accès à la commande publique, d'égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures, l'information appropriée des candidats sur les critères d'attribution d'un marché public est nécessaire dès l'engagement de la procédure d'attribution. L'acheteur est ainsi tenu d'informer dans les documents de consultation les candidats des critères de sélection des offres ainsi que de leur pondération ou hiérarchisation. Ces critères d'attribution, ainsi que les conditions de leur mise en œuvre, doivent être déterminés selon les modalités appropriées à l'objet, aux caractéristiques et au montant du marché concerné. S'il décide, pour mettre en œuvre ces critères de sélection des offres, de faire usage de sous-critères également pondérés ou hiérarchisés, l'acheteur doit porter à la connaissance des candidats la pondération ou la hiérarchisation de ces sous-critères dès lors que, eu égard à leur nature et à l'importance de cette pondération ou hiérarchisation, ils sont susceptibles d'exercer une influence sur la présentation des offres par les candidats et doivent, en conséquence, être eux-mêmes regardés comme des critères de sélection.
6. Si la société requérante fait valoir que le sous-critère afférent " aux références illustrées ", intégré dans la rubrique " la valeur technique ", est irrégulier, imprécis et discriminatoire, il ne résulte pas de l'instruction que cet élément, dont les termes sont explicites, prévu à l'article 5.1 du règlement de la consultation, qui détaille par ailleurs, leur pondération, méconnaît les dispositions précitées de l'article R. 2152-7 du code de la commande publique. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que la société requérante a, au cours de la consultation, usé de la faculté prévue à l'article 7 du règlement de la consultation, de poser des questions au pouvoir adjudicateur. Par suite, le moyen tiré de l'imprécision et du caractère discriminatoire de ce sous-critère doit être écarté.
En ce qui concerne les conclusions tendant à l'annulation de l'ensemble de la procédure de passation du lot n° 3 :
7. Aux termes de l'article L. 2152-1 du code de la commande publique : " L'acheteur écarte les offres irrégulières, inacceptables ou inappropriées ". L'article L. 2152-2 du même code dispose que : " Une offre irrégulière est une offre qui ne respecte pas les exigences formulées dans les documents de la consultation, en particulier parce qu'elle est incomplète, ou qui méconnaît la législation applicable notamment en matière sociale et environnementale".
8. Il résulte de ces dispositions que l'acheteur doit éliminer les offres qui ne respectent pas les exigences formulées dans les documents de la consultation, sauf, le cas échéant, s'il a autorisé leur régularisation.
9. Il résulte également de ces dispositions qu'il appartient au juge du référé précontractuel de se prononcer sur les manquements aux règles de publicité et de mise en concurrence incombant à l'acheteur, invoqués à l'occasion de la passation d'un contrat. En vertu de ces mêmes dispositions, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements de l'acheteur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles susceptibles d'être lésées par de tels manquements. Il appartient dès lors au juge du référé précontractuel de rechercher si l'entreprise qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésée ou risquent de la léser, fût-ce de façon indirecte en avantageant une entreprise concurrente.
10. Si la société requérante soutient que l'offre de la société Lignotoit ne contenait pas le chiffrage de l'option relative au traitement de la charpente, la commune soutient en défense, sans être contredite, que cette option au demeurant régularisée, n'a pas été retenue par la commission d'appel d'offre.
11. Si la société requérante soutient également que l'offre de la société Lignotoit était irrégulière, dès lors que le candidat a unilatéralement modifié les quantités visées à la DPG, il est constant que l'incidence en terme financier de cette modification n'est que de 25 euros, que cette divergence minime était susceptible d'être modifiée par l'autorité attributive du marché en raison son caractère non substantiel et qu'en tout état de cause, elle a fait l'objet d'une régularisation le 20 décembre 2023 avant que la société ne soit déclarée attributaire du marché, et alors que l'ensemble des autres offres concertant ce lot avaient été déclarées conformes.
12. Il en résulte que le moyen tiré du caractère irrégulier de la procédure doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête doivent être rejetées, y compris la demande au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Bourdon frères est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée aux sociétés Bourdon frères et Lignotoit et à la commune de Saint-Etienne-sur-Chalaronne.
Fait à Lyon, le 27 décembre 2023.
La juge des référés,
D. Jourdan
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026