jeudi 4 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2310911 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DELBES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 décembre 2023, et des pièces complémentaires enregistrées le 29 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Delbes, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de la décision de la préfète de l'Ain en date du 10 octobre 2023, portant retrait d'une carte de résident ;
2°) de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est établie, le retrait de titre préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation, personnelle et professionnelle ;
- s'agissant des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : la décision est entachée d'erreur de fait, méconnaît les dispositions des articles L. 424-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, faute pour la préfecture de se prononcer sur la délivrance d'un titre de séjour temporaire, de saisir la commission d'un titre de séjour ; méconnaît les stipulations des dispositions de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 décembre 2023, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que l'urgence n'est pas établie et que les moyens sont infondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 11 décembre 2023 sous le n° 2310680 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision en litige.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jourdan, première vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gros, greffière d'audience, Mme Jourdan a lu son rapport et entendu les observations de Me Delbes, représentant M. A B.
L'instruction a été close au terme de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin de suspension :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans les cas de retrait ou de refus de renouvellement d'un titre de séjour.
3. M. A B était titulaire d'une carte de résident portant la mention "Réfugié Russe ", valable du 28 juillet 2016 au 27 juillet 2026. Par une décision du 26 mars 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a mis fin au statut de réfugié de M. A B, pour fraude. Cette décision a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 23 février 2023. Par une décision en date du 10 octobre 2023, dont la suspension est demandée, la préfète de l'Ain a procédé au retrait de la carte de résident de l'intéressé.
4. La préfète de l'Ain fait valoir qu'en l'absence de menace dans son pays d'origine, M. A B peut y séjourner et que l'urgence n'est, de ce fait, pas caractérisée. Toutefois, le requérant se trouve du fait de cette décision, dépourvu d'un document l'autorisant à séjourner en France et à y travailler régulièrement. Ainsi eu égard aux conséquences du refus contesté sur la situation de l'intéressé, résidant en France où il exerce une activité professionnelle, la condition d'urgence doit, en l'espèce, être regardée comme remplie.
5. Dans les circonstances précédemment décrites, et en l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que l'autorité administrative n'a pas statué sur le droit au séjour de l'intéressé à un autre titre que celui de réfugié contrairement aux dispositions de L. 424-6 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
6. Les deux conditions prévues par l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision contestée.
Sur les conclusions à fin d'injonction:
7. Compte tenu de ce qui précède, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Ain de procéder à l'examen de son droit au séjour et ce, dans un délai d'un mois, et, dans cette attente, de délivrer sans délai à M. A B, une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail valable jusqu'à l'intervention d'une décision expresse, ou, à défaut, jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond n° 2310680.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, le versement à M. A B d'une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : L'exécution de la décision du 10 octobre 2023 de la préfète de l'Ain portant retrait de la carte de résident de M. A B est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Ain e de procéder au réexamen de la demande de titre de séjour de M. A B, dans un délai d'un mois, et dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail valable jusqu'à l'intervention d'une décision expresse ou, à défaut, jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond n° 2310680.
Article 3 : L'Etat versera à M. A B la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la préfète de l'Ain.
Fait à Lyon, le 4 janvier 2024
La juge des référés,
D. Jourdan
La greffière,
E. Gros
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
Un greffier
N°2310911
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026