mardi 26 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2310978 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu les procédures suivantes :
I- Par une requête, enregistrée sous le n° 2310978 le 21 décembre 2023, et un mémoire, enregistré le 18 mars 2024, M. B A, représenté par Me Vernet, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 19 décembre 2023 par lequel le préfet de la Savoie l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a désigné le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour ce dernier de renoncer au bénéfice de la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Il soutient que :
- le préfet devra justifier des délégations de signature ;
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- elles méconnaissent le principe général du droit d'être entendu garanti par l'article 41.2 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et les principes généraux relatifs au respect des droits de la défense et au droit à une bonne administration ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît l'article 3 de l'accord franco-tunisien ;
- la décision de refus de délai de départ volontaire méconnaît les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français méconnaît les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Le préfet de la Savoie a présenté des pièces qui ont été enregistrées le 22 décembre 2023.
II- Par une requête, enregistrée sous le n° 2402592, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 14 mars 2024 par laquelle la préfète du Rhône l'a assigné à résidence.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;
- l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Reniez, première conseillère, pour statuer en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle le préfet de la Savoie et la préfète du Rhône n'étaient ni présents ni représentés.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Reniez, magistrate désignée ;
- les observations de Me Vernet, avocate, représentant M. A, qui abandonne le moyen tiré de l'incompétence du signataire, reprend les autres moyens soulevés et ajoute s'agissant de la décision portant assignation à résidence qu'elle est illégale compte tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et qu'elle n'est ni nécessaire ni proportionnée ;
- les observations de M. A, assisté de M. C, interprète en langue arabe.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2310978 et n° 2402592 sont relatives à la situation d'un même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. M. A ressortissant tunisien né en 1970, conteste, dans l'instance n° 2310978, l'arrêté du 19 décembre 2023 par lequel le préfet de la Savoie l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a désigné le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et, dans l'instance n° 2402592, l'arrêté du 14 mars 2024 l'assignant à résidence sur le fondement de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre, dans l'instance n° 2310978, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 précédemment visée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français :
4. En premier lieu, les décisions attaquées comportent l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elles sont, par suite, suffisamment motivées.
5. En deuxième lieu, ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour.
6. Il ressort des pièces du dossier et en particulier du procès-verbal d'audition dressé par les services de police le 19 décembre 2023, préalable à l'édiction des décisions contestées, que M. A a été entendu sur sa situation administrative et familiale et qu'il a pu faire état notamment de ses problèmes de santé. S'il a sollicité un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour, il n'apparaît pas qu'il aurait été empêché de présenter utilement ses observations et son point de vue sur les mesures envisagées avant qu'elles n'interviennent. Par suite, les moyens tirés de la violation des principes généraux du droit d'être entendu, du respect des droits de la défense et du droit à une bonne administration doivent être écartés.
7. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Savoie, qui n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de l'intéressé, n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant compte tenu des éléments qui ont été portés à sa connaissance. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'examen particulier doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 : " () / / Les autres ressortissants tunisiens ne relevant pas de l'article 1er du présent Accord et titulaires d'un titre de séjour peuvent également obtenir un titre de séjour d'une durée de dix ans s'ils justifient d'une résidence régulière en France de trois années. Il est statué sur leur demande en tenant compte des moyens d'existence professionnels ou non, dont ils peuvent faire état et, le cas échéant, des justifications qu'ils peuvent invoquer à l'appui de leur demande. / Ces titres de séjour confèrent à leurs titulaires le droit d'exercer en France la profession de leur choix. Ils sont renouvelables de plein droit ".
9. M. A, qui n'est pas titulaire d'un titre de séjour, n'est pas fondé à soutenir, en tout état de cause, que le préfet aurait méconnu les stipulations précitées de l'article 3 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
11. M. A déclare vivre en France depuis 1988. Toutefois, les pièces produites, si elles attestent que l'intéressé est présent sur le territoire français depuis de nombreuses années, ne permettent pas d'établir cette durée de séjour en France. S'il est marié avec une ressortissante tunisienne avec laquelle il a eu une fille née en 2018 qui est scolarisée en France, il n'est pas contesté que son épouse est également en situation irrégulière sur le territoire français et s'il indique travailler, il ne l'établit pas. Par ailleurs, sa demande de titre de séjour pour raison de santé a été rejetée le 29 juillet 2021 par le préfet du Rhône qui a également pris à son encontre notamment une décision portant obligation de quitter le territoire français. Le tribunal administratif de Lyon a rejeté son recours contre ces décisions et par un arrêt du 17 mai 2023, produit par le requérant, la cour administrative de Lyon a rejeté le recours de l'intéressé contre ce jugement. S'il ressort des pièces du dossier que le requérant souffre de troubles psychiatriques pour lesquels il est suivi et qu'un traitement médical lui est prescrit à ce titre, il ressort de l'arrêt de la cour administrative d'appel que le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé dans son avis du 11 septembre 2018 que l'intéressé pouvait effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine et le requérant ne produit aucune pièce de nature à établir qu'il ne pourrait pas bénéficier à la date de la décision attaquée d'un traitement approprié à son état en Tunisie. Dans les circonstances de l'espèce, la décision portant obligation de quitter le territoire en litige n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a ainsi pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
12. Aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
13. Si le requérant fait valoir que sa fille est née en 2018 en France et y est scolarisée, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle ne pourrait pas poursuivre sa scolarité en Tunisie. Par ailleurs, la décision contestée n'a pas pour objet ni pour effet de séparer l'enfant de ses parents qui sont tous les deux en situation irrégulière sur le territoire français. Le moyen tiré de la méconnaissance du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit par suite être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
14. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
15. Si M. A établit notamment avoir d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale, il ne justifie pas en revanche de document d'identité ou de voyage en cours de validité. En outre, il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement. Son recours contre cette mesure a été rejeté par le tribunal et la circonstance qu'il ait fait appel du jugement est sans incidence, alors au demeurant qu'il ressort des pièces du dossier que la cour administrative d'appel a rejeté sa requête par un arrêt du 17 mai 2023. Par ailleurs, il ne justifie pas, par les seules pièces produites, qu'un délai de départ aurait dû lui être accordé compte tenu de sa situation mentionnée au point 11 et en particulier de son traitement médical. Le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et celui, à le supposer soulevé, tiré de ce que la décision contestée serait entachait d'erreur manifeste d'appréciation doivent par suite être écartés.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant interdiction de retour :
16. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
17. M. A a fait l'objet d'une mesure d'éloignement pour laquelle aucun délai de départ volontaire n'a été accordé. Il entre ainsi dans le cas prévu à l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour lequel le préfet assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour, sauf s'il existe des circonstances humanitaires de nature à justifier qu'une telle interdiction de retour ne soit pas édictée. En l'espèce, le requérant ne justifie pas de circonstances humanitaires au sens des dispositions précitées.
18. Par ailleurs, si M. A justifie de nombreuses années de présence sur le territoire français, il a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et ne conteste pas être défavorablement connu des services de police notamment pour des faits de violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité et violence sans incapacité sur une personne dépositaire de l'autorité publique. Dans ces conditions et compte tenu de ce qui a été dit au point 11, le préfet de la Savoie n'a pas fait une inexacte application des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, durée qui ne présente pas en l'espèce de caractère disproportionné.
19. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 11 et 13, M. A, dont la cellule familiale peut se reconstituer en Tunisie, n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
En ce qui concerne la décision d'assignation à résidence :
20. En premier lieu, M. A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision de portant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision portant assignation à résidence.
21. En second lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / () ".
22. M. A qui fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français pour laquelle aucun délai de départ volontaire ne lui a été accordé et qui ne conteste pas que son éloignement demeure une perspective raisonnable, fait l'objet d'une décision portant assignation à résidence par laquelle la préfète lui interdit de quitter le département du Rhône pour une durée de quarante-cinq jours et lui prescrit de se présenter les lundis et jeudis entre 9h00 et 18h00 à la direction zonale de la police aux frontières située à Lyon. Il ne ressort pas des pièces du dossier que son état de santé ferait obstacle à ces mesures. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que cette décision ne serait ni nécessaire, ni proportionné par rapport au but poursuivi.
23. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 19 décembre 2023 par lequel le préfet de la Savoie l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a désigné le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et de l'arrêté du 14 mars 2024 par lequel la préfète du Rhône l'a assigné à résidence.
Sur les frais liés au litige :
24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire dans l'instance n° 2310978.
Article 2 : Les requêtes n° 2310978 et n° 2402592 de M. A sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la Savoie et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2024.
La magistrate désignée,
E. Reniez
La greffière,
E. Gros
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie et à la préfète du Rhône en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Nos 2310978,240259
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026