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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2311001

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2311001

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2311001
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantROYON

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I) Par une requête n° 2311001, enregistrée le 21 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Royon, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2023 par lequel le préfet de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois et, dans l'attente, de lui remettre une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Royon, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, charge à elle de renoncer à la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte attaqué ;

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation, dès lors que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'est pas produit et que la décision est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'est pas possible de vérifier la régularité de la composition du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant émis son avis ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en application de ces dispositions ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en application de ces stipulations.

Le préfet de la Loire, régulièrement mis en cause, n'a pas produit à l'instance.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 novembre 2023.

II) Par une requête n° 2402097, enregistrée le 27 février 2024, M. A B, représenté par Me Lawson Body, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté adressé le 26 septembre 2023 par lequel le préfet de la Loire a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Loire de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois et, dans l'attente, de lui remettre une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Lawson Body, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, charge à lui de renoncer à la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte attaqué ;

- les décisions portant refus de titre de séjour et fixant le pays de destination sont entachées d'un défaut de motivation, dès lors que le refus de délivrer un titre de séjour n'a aucun fondement juridique et qu'elle est insuffisamment motivée ;

- la décision portant refus de titre de séjour a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'est pas possible de vérifier la régularité de la composition du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant émis un avis ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en application de ces dispositions ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en application de ces stipulations.

Le préfet de la Loire, régulièrement mis en cause, n'a pas produit à l'instance.

Par une décision du 9 février 2024, le bureau d'aide juridictionnelle a constaté la caducité de la demande de M. B déposée le 10 octobre 2023.

Par une décision du 16 mai 2024, la demande de M. B présentée le 25 mars 2024 et tendant à l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle a été rejetée.

Vu la décision attaquée et les autres pièces des dossiers ;

Vu le jugement n° 2208794 du tribunal administratif de Lyon du 23 février 2023 ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Jorda, conseillère.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant russe né le 11 février 1964, est entré régulièrement en France sous couvert d'un visa touristique, le 19 février 2019, en compagnie de son épouse, en vue d'y solliciter l'asile. Sa demande d'asile a été rejetée tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, le 28 août 2019, que par la Cour nationale du droit d'asile, le 4 mars 2020. Par un premier arrêté du 14 mars 2023, le préfet de la Loire a rejeté sa demande de titre de séjour et par un nouvel arrêté expédié le 26 septembre 2023, il a refusé de l'admettre au séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par les requêtes enregistrées sous les n°s 2311001 et 2402097, M. B demande au tribunal d'annuler ces deux décisions.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n°s 2311001 et 2402097 sont relatives à la situation d'une même personne, présentent à juger des questions semblables et connexes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire enregistrée dans la requête n° 2402097 :

3. Par une décision du 9 février 2024, le bureau d'aide juridictionnelle a constaté la caducité de la demande de M. B déposée le 10 octobre 2023 et par une décision du 16 mai 2024, il a rejeté la demande présentée le 25 mars 2024, soit postérieurement à l'introduction de la requête. Dès lors, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de l'intéressé tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté préfectoral du 14 mars 2023 :

4. En premier lieu, il appartient non à l'autorité administrative de justifier a priori de la légalité de la décision attaquée mais au requérant de soulever des moyens assortis de précisions suffisantes permettant au juge d'y statuer. En outre, une délégation de signature ayant une portée réglementaire, elle devient opposable dès sa publication. Il suit de là que la décision attaquée ne saurait être entachée d'incompétence au seul motif que le défendeur ne produit pas l'acte qui habilitait le délégataire à les signer. En l'espèce, l'arrêté critiqué a été signé par M. Schuffenecker, secrétaire général de la préfecture. En application de la délégation que le préfet de la Loire lui a donnée par un arrêté du 6 février 2023 publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture et le tribunal s'étant assuré, au titre de son office, que M. Schuffenecker a agi dans les limites de la délégation qui lui a été consentie, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.

5. En deuxième lieu, la décision en litige vise les textes dont elle fait application, notamment l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que le jugement du tribunal du 23 février 2023 par lequel le juge lui a enjoint de réexaminer la situation de l'intéressé. Elle mentionne l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et indique qu'aucun nouvel élément n'est de nature à justifier que le requérant remplirait les conditions d'octroi d'un titre de séjour en application de cet article ou serait de nature à établir qu'un nouveau refus de titre de séjour constituerait une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet a fait état des éléments relatifs à la situation personnelle et familiale de l'intéressé, en particulier l'état de santé de son épouse qu'il a pris en compte pour ne pas prononcer une mesure d'éloignement. Dans ces conditions, alors que le préfet n'était pas tenu de préciser l'intégralité des éléments relatifs à la situation de l'intéressé, comme la présence d'autres membres de sa famille en France, ni en quoi la situation de l'intéressé ne relevait d'aucune circonstance humanitaire ou motif exceptionnel ou ne portait pas atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, celle-ci comporte les éléments de droit et de fait qui la fondent. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation, laquelle ne se confond pas avec le bien-fondé des motifs, doit être écarté.

6. En troisième lieu, en application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 de ce code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () ".

7. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " prévue par l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est délivrée par le préfet au vu d'un avis émis par un collège de trois médecins nommés par le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, après transmission à ce collège d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne siégeant pas au sein dudit collège.

8. Il ressort des pièces du dossier que, le 10 août 2021, M. B avait demandé la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que, par un arrêté du 9 juin 2022, le préfet de la Loire avait rejeté cette demande et lui avait fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, avait fixé le pays de destination et avait prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois. Si, dans son jugement n° 2208794 du 23 février 2023, le tribunal a pris en compte l'état de santé de Mme B et a annulé la décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que celles fixant le pays de destination et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de six mois, il a admis la légalité de celle portant refus de titre de séjour à M. B, notamment en écartant le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis du collège des médecins de l'OFII du 8 décembre 2021 versé aux débats au cours de cette instance, et a enjoint au préfet de réexaminer la situation de l'intéressé. Par l'arrêté du 14 mars 2023, contesté dans le présent litige, le préfet de la Loire, qui n'était pas tenu de saisir à nouveau le collège des médecins de l'OFII, a rejeté la demande de titre de séjour de M. B en se fondant à nouveau sur le même avis du collège des médecins de l'OFII du 8 décembre 2021. Dans ces conditions, et alors même que cet avis du collège des médecins de l'OFII n'a pas à nouveau été produit dans la présente instance, le moyen tiré de l'irrégularité de cet avis doit être écarté.

9. En quatrième lieu, il ressort des termes du refus de titre de séjour litigieux que le préfet de la Loire a effectué un nouvel examen de la situation de l'intéressé et a relevé notamment qu'aucun élément du dossier ne serait de nature à justifier qu'il remplirait les conditions d'octroi d'un titre de séjour en application des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet se serait estimé lié par l'avis du collège des médecins de l'OFII ou qu'il aurait méconnu l'étendue de sa compétence. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, par suite, être écarté.

10. En cinquième lieu, en application des dispositions citées au point 6, la partie qui justifie de l'avis d'un collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de destination.

11. Il ressort des pièces du dossier que le collège des médecins de l'OFII a retenu que si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de son pays d'origine, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et il peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Les éléments médicaux produits par le requérant, notamment le certificat médical établi par un médecin généraliste le 11 juillet 2022, dont il ressort qu'un arrêt de son traitement pourrait mener à une aggravation de sa pathologie, ainsi que les rapports généraux dont il se prévaut, ne permettent pas d'établir que M. B ne serait pas en mesure d'accéder personnellement à des soins. Dans ces conditions, les éléments produits ne permettent pas de remettre en cause l'appréciation du collège des médecins de l'OFII, que le préfet a fait sienne, selon laquelle il peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié à sa pathologie dans son pays d'origine au sens des dispositions précitées. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Loire aurait méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni qu'il aurait commis une erreur d'appréciation au regard de son état de santé.

12. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

13. M. B soutient que sa vie privée et familiale est désormais installée en France, dès lors qu'il y réside depuis l'année 2019, que son épouse a disposé d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade dès le mois de janvier 2022, que sa présence à ses côtés est indispensable, que son fils réside régulièrement en France avec sa propre famille et qu'il dispose d'une promesse d'embauche. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, âgé de soixante ans, s'est maintenu irrégulièrement en France en dépit d'une précédente mesure d'éloignement déjà prise à son encontre le 10 juillet 2020 par le préfet de la Loire qui, elle, n'a pas été annulée. S'il est constant que son fils majeur est en situation régulière en France, cette seule circonstance ne saurait permettre de considérer que le requérant, qui a passé la majeure partie de son existence dans son pays d'origine, où résident deux de ses filles, aurait établi sa vie privée et familiale sur le territoire national, alors notamment que le préfet de la Loire a refusé de renouveler le titre de séjour de son épouse et que la légalité de ce refus a été confirmée par un jugement n° 2306953 du 9 janvier 2024. Enfin, la promesse d'embauche versée à l'instance ne saurait ni à elle seule, ni au regard de l'ensemble des pièces du dossier caractériser une insertion professionnelle significative en France. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant le séjour en France aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise et aurait ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, il n'est pas davantage fondé à soutenir que le préfet aurait entaché cette décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

14. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 14 mars 2023.

En ce qui concerne l'arrêté préfectoral expédié le 26 septembre 2023 :

15. En premier lieu, l'arrêté expédié le 26 septembre 2023 a été signé par M. Dominique Schuffenecker, secrétaire général de la préfecture de la Loire, qui disposait d'une délégation consentie à cet effet par un arrêté du préfet de la Loire du 13 juillet 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture le 24 juillet 2023. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté doit être écarté.

16. En deuxième lieu, d'une part, la décision attaquée vise notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article L. 611-1 3° et l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'arrêté préfectoral du 14 mars 2023 portant refus de titre de séjour et précise les éléments de la situation personnelle et familiale de l'intéressé sur lesquels elle se fonde. Par suite, et eu égard aux motifs exposés au point 5, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les décisions portant refus de titre de séjour et fixant le pays de destination seraient insuffisamment motivées.

17. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 8, le moyen tiré de ce que la décision portant refus de titre de séjour ne serait pas régulière doit être écarté.

18. En quatrième lieu, eu égard aux motifs retenus au point 11, le requérant ne saurait soutenir que les décisions portant refus de titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire français méconnaîtraient les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni que le préfet de la Loire aurait commis une erreur d'appréciation au regard de son état de santé.

19. En cinquième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux indiqué au point 13, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni que le préfet de la Loire aurait commis une erreur manifeste d'appréciation.

20. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision expédiée le 26 septembre 2023.

Sur les conclusions accessoires :

21. Le présent jugement ne faisant pas droit aux conclusions à fin d'annulation, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande de M. B présentée dans la requête n° 2402097 tendant à l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête n° 2311001 de M. B est rejetée.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2402097 de M. B est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Royon, à Me Lawson Body et au préfet de la Loire.

Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bour, présidente,

Mme Jorda, conseillère,

Mme Le Roux, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.

La rapporteure,

V. JordaLa présidente,

A-S. Bour

La greffière,

C. Touja

La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

N°s 2311001 - 2402097

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