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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2311054

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2311054

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2311054
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARL GUITTON-DADON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 décembre 2023 et 9 mai 2024, la SCI Le Murier, représentée par la SELARL CJA Public Chavent-Mouseghian-Cavrois, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 octobre 2023 par lequel le maire de Décines-Charpieu a refusé de lui délivrer un permis de construire pour la réalisation d'un ensemble immobilier comprenant cinquante-huit logements et un local commercial sur un terrain situé 98 avenue Jean Jaurès ;

2°) d'enjoindre au maire de Décines-Charpieu de lui délivrer le permis de construire sollicité dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Décines-Charpieu la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le dossier de demande de permis de construire est complet et suffisant dès lors qu'a été joint un projet de constitution d'une association syndicale ; le maire a ainsi pu apprécier la nature de l'opération projetée ; l'état initial du terrain ainsi que le choix des matériaux et des coloris retenus pour la réalisation du projet ressortent également clairement des pièces du dossier de demande ;

- le motif de refus fondé sur la méconnaissance des articles 2.5.4.1 et 2.5.4.4 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon est entaché d'un défaut de motivation ; en tout état de cause, le projet respecte la règle de recul de 2,50 mètres pour l'implantation du niveau en attique du volume enveloppe de toiture et de couronnement (VETC) ainsi que la règle d'emprise qui ne peut excéder 60 % de l'avant-dernier niveau de la construction projetée ;

- le motif de refus fondé sur la méconnaissance de l'article 3.1.2 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon est entaché d'une erreur d'appréciation ;

- le projet respecte l'article 2.2.1.1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone URm1 ;

- le motif de refus fondé sur la méconnaissance de l'article 3.3.1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable aux zones URm1 et URm2 est entaché d'une erreur d'appréciation ;

- le motif de refus fondé sur la méconnaissance de l'article 4.2.2.2 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable aux zones URm1 et URm2 est entaché d'une erreur d'appréciation ;

- le motif de refus fondé sur la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et de l'article 5.1.1.2.2 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que l'accès créé sur la rue du 24 avril 1915 ne génère aucun risque d'atteinte à la sécurité publique et que le projet n'engendre aucun risque pour les usagers des sous-sol -1 et - 2, nonobstant le rétrécissement ponctuel en sous-sol d'une largeur de 3,30 mètres ;

- le motif tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que le projet s'intègre dans l'environnement existant.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 avril et 3 juin 2024, la commune de Décines-Charpieu, représentée par la SELARL Guitton et Dadon, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés ;

- à titre subsidiaire, le refus est justifié par de nouveaux motifs, tirés de la méconnaissance de l'article 2.4 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone URm2 et de l'article 4.2.1 de ce règlement applicable à la zone URm1.

Par une lettre du 12 juin 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 27 juin 2024 sans information préalable.

Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 4 juillet 2024.

Une note en délibéré, présentée pour la SCI Le Murier, a été enregistrée le 4 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,

- les observations de Me Mouseghian, représentant la SCI Le Murier, société requérante,

- et celles de Me Dadon, représentant la commune de Décines-Charpieu.

Considérant ce qui suit :

1. Le 21 juillet 2023, la SCI Le Murier a déposé en mairie de Décines-Charpieu une demande de permis de construire portant sur la réalisation d'un ensemble immobilier comprenant cinquante-huit logements et un local commercial sur un terrain situé 98 avenue Jean Jaurès. Par un arrêté du 18 octobre 2023, le maire de Décines-Charpieu a refusé de délivrer le permis ainsi sollicité. Par la présente requête, la SCI Le Murier demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 18 octobre 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :

2. En vertu de l'article 2.5.4 des dispositions communes à l'ensemble des zones du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon : " Volume enveloppe de toiture et de couronnement (VETC). 2.5.4.1 - Définitions. a. Attique. Au sens du présent règlement, l'attique constitue le niveau supérieur d'une construction développant une surface de plancher moindre que celle des étages courants inférieurs et dont l'une au moins des façades est en recul par rapport au nu général d'une façade principale, généralement celle sur voie. Un attique peut s'inscrire, au sens du présent règlement, dans les VETC hauts et intermédiaires. b. VETC. Le volume enveloppe de toiture et de couronnement (VETC) correspond à la partie de la construction située au-dessus du point haut de la mesure de la hauteur de sa façade. ". Aux termes de l'article 2.5.4.4 des dispositions communes de ce même règlement : " Règles applicables au VETC haut et au VETC intermédiaire / Sauf disposition contraire dans la partie II ou de la partie III du règlement, lorsque le VETC forme un niveau en attique, il est implanté avec un recul d'au moins 2,50 mètres par rapport au nu général de la façade de la construction faisant face à la limite de référence. Cet espace de recul peut accueillir des acrotères et des dispositifs architecturaux, dès lors qu'ils accompagnent la conception du VETC. () ".

3. Il ressort des différents plans de façade du bâtiment C qu'au niveau de l'attique que comporte ce bâtiment, une " pergola ", d'une profondeur de 1,60 mètre, est implantée dans la marge de recul d'au moins 2,50 mètres par rapport au nu général de la façade prescrite par l'article 2.5.4.4 précité. Si la société requérante fait valoir, dans la présente instance, qu'il s'agit d'une structure brise-soleil légère, démontable et ajourée, il ressort toutefois des pièces du dossier que ce dispositif, en acier laqué, est directement accolé à la façade et les pièces du dossier ne font apparaître aucun élément de structure démontable. Par ailleurs, la société requérante n'établit pas, ni même n'allègue, que cet élément constitue un dispositif architectural accompagnant la conception du VETC. Ainsi, ce dispositif doit être pris en compte dans le calcul du recul. Son implantation ne respecte dès lors pas la marge de recul de 2,50 mètres prescrite par l'article 2.5.4.4 précité. Par suite, en refusant la délivrance du permis de construire sollicité au motif que l'attique du bâtiment C ne respecte pas cette règle de recul, le maire de Décines-Charpieu n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions communes de l'article 2.5.4.4 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon.

4. Le motif tiré de la méconnaissance de l'article 2.5.4.4 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon étant, à lui seul, de nature à justifier légalement le refus de permis de construire, l'éventuelle illégalité des autres motifs de refus de l'autorisation d'urbanisme ne serait pas de nature à entacher d'illégalité la décision attaquée, dès lors qu'il résulte de l'instruction que le maire de Décines-Charpieu aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que le motif dont la légalité est confirmée au point 3 du présent jugement.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les substitutions de motifs sollicitées en défense par la commune de Décines-Charpieu, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 18 octobre 2023 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées les conclusions aux fins d'injonction.

Sur les frais liés à l'instance :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Décines-Charpieu, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la société requérante demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la société requérante une somme à verser à la commune de Décines-Charpieu en application de ces dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SCI Le Murier est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Décines-Charpieu présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Le Murier et à la commune de Décines-Charpieu.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Jean-Pascal Chenevey, président,

Mme Marine Flechet, première conseillère,

Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

La rapporteure,

F.-M. ALe président,

J.-P. Chenevey

La greffière,

G. Reynaud

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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