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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2311154

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2311154

mardi 21 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2311154
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantSELARL BS2A BESCOU ET SABATIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 décembre 2023, M. A E, représenté par la SELARL BS2A Bescou et Sabatier avocats associés, agissant par Me Sabatier, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 24 novembre 2023 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " ou à tout le moins de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

- elles sont entachées d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'un défaut d'examen préalable réel et sérieux de sa situation et est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que la préfète du Rhône ne justifie pas avoir saisi pour avis le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), ni ne démontre que l'avis sur lequel la préfète s'est fondé a été rendu par un collège de trois médecins de l'OFII dûment et préalablement habilités par son directeur et que le médecin qui a établi le rapport médical n'a pas siégé au sein du collège de médecins de l'OFII ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la préfète du Rhône a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dans l'application des dispositions de l'article L. 611-3, 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

- elle est illégale par exception d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est illégale par exception d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La préfète du Rhône a produit des pièces enregistrées le 4 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Clément, président, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant nigérian né en 1990, est entré en France le 14 mai 2019. Il s'est vu délivrer un titre de séjour en qualité d'étranger malade valable du 9 août 2021 au 8 août 2022. Le 12 septembre 2022, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Le 19 juillet 2023, il a en outre sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par des décisions du 24 novembre 2023, dont il demande au tribunal de prononcer l'annulation, la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office.

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

2. Les décisions attaquées ont été signées par Mme B C, directrice des migrations et de l'intégration, en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté du 21 août 2023 de la préfète du Rhône, publié le lendemain au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes utiles dont elle fait application et précise les éléments déterminants qui ont conduit la préfète du Rhône à refuser de lui délivrer un titre de séjour, indiquant à cet égard que l'état de santé de M. E peut lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine où il pourra bénéficier d'un traitement approprié alors, par ailleurs, qu'il ne justifie pas d'une vie privée et familiale ancienne, intense et stable sur le territoire national. En tout état de cause, alors que la préfète n'était pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, la circonstance que la décision ne fasse pas état de l'évolution de l'état de santé du requérant ou d'un changement dans la disponibilité d'un traitement approprié au Nigeria, qui ne révèle aucun défaut d'examen préalable réel et sérieux, n'est pas de nature à l'entacher d'un défaut de motivation. Par suite, la décision en litige comporte les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement qui ont ainsi permis au requérant d'en discuter utilement. Les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen ne peuvent, dès lors, qu'être écartés.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat (). / Si le collège des médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée ". Aux termes de l'article R. 425-11 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre le titre de séjour " portant la mention vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé (). Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. () Il transmet son rapport médical au collège de médecins. / Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. (). Aux termes de l'article R. 425-13 dudit code : " Le collège de médecins à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / () ".

5. La préfète du Rhône produit l'avis du 21 février 2023 rendu par le collège de médecins de l'OFII selon lequel, si l'état de santé de M. E nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine vers lequel il peut voyager sans risque, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Il ressort des mentions de cet avis que le collège de médecins s'est prononcé sur la base d'un rapport établi le 29 janvier 2023 par le docteur D, également médecin de l'OFII, qui n'a pas siégé en son sein. En outre, l'avis précité a été rendu par un collège de médecins composé de trois autres médecins, régulièrement désignés et qui ont tous signé l'avis. Dès lors, le moyen tiré du vice de procédure doit, par suite, être écarté en toutes ses branches.

6. En troisième lieu, la partie qui justifie de l'avis d'un collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi.

7. En l'espèce, pour refuser la délivrance du titre de séjour sollicité par le requérant, la préfète du Rhône s'est appropriée l'avis précité du collège de médecins de l'OFII. Il ressort des pièces du dossier que M. E souffre d'une hépatite B pour lequel il bénéficie d'un traitement médicamenteux associé à une surveillance biologique et échographique. Il soutient que le traitement qui lui a été prescrit n'est pas disponible au Nigéria, raison pour laquelle il s'est vu délivrer un titre de séjour valable du 9 août 2021 au 8 août 2022. Il verse au débat un certificat médical établi par un médecin hépato-gastro-entérologue le 7 décembre 2023, faisant état de sa pathologie et de la nécessaire poursuite des soins, ainsi qu'un rapport médical établi le 18 décembre 2023 par deux médecins du centre hospitalier universitaire de Benin City, attestant de l'inaccessibilité de son traitement antiviral par Entécavir 0,5 mg au Nigéria. Toutefois, alors que le requérant n'établit pas que le traitement qu'il suit ne pourrait pas être substitué par d'autres molécules pouvant traiter de manière équivalente sa pathologie, ces éléments ne sont pas de nature à remettre utilement en cause l'avis du collège de médecins quant à la disponibilité d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine à la date de la décision en litige. Par suite, et dès lors que la circonstance que le requérant se soit vu délivrer un précédent titre de séjour en qualité d'étranger malade est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L.423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée./ Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (). Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants () l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

9. M. E fait état de ce qu'il réside en France depuis plus de quatre ans, qu'il vit depuis plus de deux ans avec sa compagne et leurs deux enfants nés en 2020 et 2023 sur le territoire français, qu'il bénéficie d'une prise en charge médicale en France et qu'il occupe un emploi. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. E est entré sur le territoire français le 14 mai 2019 et qu'il n'a été autorisé à y séjourner que temporairement du 9 août 2021 au 8 août 2022, eu égard à son état de santé. L'intéressé, âgé de trente-trois ans à la date de la décision attaquée, a vécu l'essentiel de son existence au Nigéria où il n'établit ni même n'allègue être dépourvu d'attaches familiales et où il dispose nécessairement d'un ancrage social et culturel. S'il se prévaut notamment de la présence en France de sa compagne de nationalité nigériane, qui se serait extraite d'un réseau de prostitution, il ne ressort pas des pièces du dossier que celle-ci était titulaire d'un titre de séjour. M. E ne fait état d'aucune circonstance de nature à faire obstacle à la reconstitution de sa cellule familiale dans tout autre pays que la France, et notamment au Nigéria, pays dont sa compagne et ses enfants ont la nationalité et où son fils aîné, actuellement inscrit en classe de petite section, pourra poursuivre sa scolarité compte tenu de son jeune âge. Par ailleurs, et comme il a été dit précédemment, le requérant pourra effectivement bénéficier d'une prise en charge appropriée de sa pathologie dans son pays d'origine. Enfin, si M. E se prévaut de sa maîtrise de la langue française, de ce qu'il occupe un emploi dans un métier en tension en qualité d'agent de propreté depuis le 13 juin 2022, dans le cadre d'un contrat à durée déterminée d'insertion, et de ce qu'il perçoit une rémunération supérieure au salaire minimum de croissance, ces éléments ne sauraient suffire à caractériser une intégration socio-professionnelle particulière de l'intéressé dans la société française. Par suite, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision de la préfète du Rhône refusant de lui délivrer un titre de séjour aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise ni davantage méconnu l'intérêt supérieur de ses deux enfants mineurs. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".

11. Eu égard aux éléments exposés au point 9, la préfète du Rhône n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que M. E ne justifiait ni de circonstances humanitaires ni de motifs exceptionnels, au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que la préfète du Rhône a pu refuser de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " sur ce fondement.

12. Par ailleurs, s'agissant de l'admission exceptionnelle au séjour au titre du travail, il ressort des pièces du dossier que M. E exerce une activité salariée dans l'entreprise Elits Propreté comme agent de propreté depuis le 13 juin 2022, dans le cadre d'un contrat à durée déterminée d'insertion, et qu'il a obtenu une certification de Maîtrise des compétences clés de la propreté le 28 novembre 2023. Toutefois, et alors même que le métier qu'il exerce figure sur la liste fixée par l'arrêté du 1er avril 2021 des métiers en tension dans la région Auvergne Rhône-Alpes, le requérant, qui ne peut utilement se prévaloir du fait qu'il remplit les critères de la circulaire du 28 novembre 2012, ne saurait être considéré comme faisant état d'un quelconque motif exceptionnel, au regard de son expérience et de ses qualifications, de nature à justifier une admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Par suite, la préfète du Rhône n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en lui refusant une admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié.

13. En dernier lieu, en l'absence d'argumentation particulière, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur la situation du requérant doit être écarté par les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9, 11 et 12.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

14. M. E n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie de l'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

15. Par les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7, et dès lors que le requérant ne développe aucun autre argument que ceux précédemment évoqués la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas méconnu les dispositions précitées du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

16. Enfin, en l'absence d'argumentation distincte, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés par les mêmes motifs que ceux exposés au point 9.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

17. En l'absence d'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant le délai de départ volontaire doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

18. En l'absence d'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.

19. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

20. M. E soutient qu'il encourt des risques de traitement inhumains et dégradants en cas de retour au Nigéria dès lors que son état de santé ne peut être pris en charge dans ce pays. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 7, il n'établit pas l'absence dans son pays d'origine de traitement médical nécessaire à la prise en charge de sa pathologie. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être qu'écarté.

21. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 6 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Clément, président,

Mme Rizzato, première conseillère,

Mme Gros, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.

Le président,

M. Clément

L'assesseure la plus ancienne,

C. Rizzato

La greffière,

T. Zaabouri

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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