vendredi 5 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2400067 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ALLIGIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 janvier 2024, M. G N, Mme R, M. S, M. Q, M. J A, Mme E L, M. D C, M. M, Mme I F, M. O, M. B H, M. K H et M. P, représentés par Me Alligier, demandent au juge des référés :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner leur accès à l'immeuble situé 30 rue des Chevaucheurs, dans le 5ème arrondissement de Lyon ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat et du Conseil national des activités privées de sécurité le paiement à leur conseil d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- en application de la décision du 27 décembre 2023 de la préfète du Rhône les mettant en demeure de quitter les lieux dans un délai de sept jours, l'État a procédé à leur évacuation forcée alors que cette décision ne leur avait pas été notifiée et n'avait pas été affichée en mairie et qu'une requête en référé-suspension dirigée à son encontre avait été introduite ; leur situation personnelle et familiale n'a pas été prise en compte, alors que plusieurs d'entre eux sont demandeurs d'asile et auraient dû, à ce titre, être hébergés par l'État, ou sont particulièrement vulnérables ; enfin, ils ne disposent d'aucune autre solution d'hébergement et sont en danger ; l'urgence est ainsi caractérisée ;
- une atteinte grave et manifestement illégale est portée au droit au respect de la vie et au droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains ou dégradants, qui constituent des libertés fondamentales ; en effet :
. la décision du 27 décembre 2023 est entachée d'incompétence ;
. cette décision, qui ne leur a pas été notifiée et n'a pas été affichée en mairie, ne pouvait par suite être exécutée ; en outre, une requête en référé-suspension ayant été introduite à son encontre, son exécution devait être suspendue ;
. les conditions prévues par le premier alinéa de l'arrêté 38 de la loi du 5 mars 2007 ne sont pas réunies, le bâtiment en cause ne constituant pas un local à usage d'habitation et aucune voie de fait n'ayant été commise ;
. enfin, leur situation personnelle et familiale n'a pas été prise en compte, alors que plusieurs d'entre eux sont demandeurs d'asile et auraient dû, à ce titre, être hébergés par l'État, ou sont particulièrement vulnérables.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Chenevey, président de la 2ème chambre, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Aux termes de l'article 38 de la loi visée ci-dessus du 5 mars 2007 : " En cas d'introduction et de maintien dans le domicile d'autrui, qu'il s'agisse ou non de sa résidence principale ou dans un local à usage d'habitation, à l'aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou de contrainte, la personne dont le domicile est ainsi occupé, toute personne agissant dans l'intérêt et pour le compte de celle-ci ou le propriétaire du local occupé peut demander au représentant de l'Etat dans le département de mettre en demeure l'occupant de quitter les lieux, après avoir déposé plainte, fait la preuve que le logement constitue son domicile ou sa propriété et fait constater l'occupation illicite par un officier de police judiciaire, par le maire ou par un commissaire de justice. / (). La décision de mise en demeure est prise, après considération de la situation personnelle et familiale de l'occupant, par le représentant de l'Etat dans le département dans un délai de quarante-huit heures à compter de la réception de la demande. Seule la méconnaissance des conditions prévues au premier alinéa ou l'existence d'un motif impérieux d'intérêt général peuvent amener le représentant de l'Etat dans le département à ne pas engager la mise en demeure. En cas de refus, les motifs de la décision sont, le cas échéant, communiqués sans délai au demandeur. / La mise en demeure est assortie d'un délai d'exécution qui ne peut être inférieur à vingt-quatre heures. Lorsque le local occupé ne constitue pas le domicile du demandeur, ce délai est porté à sept jours et l'introduction d'une requête en référé sur le fondement des articles L. 521-1 à L. 521-3 du code de justice administrative suspend l'exécution de la décision du représentant de l'Etat. Elle est notifiée aux occupants et publiée sous forme d'affichage en mairie et sur les lieux. Le cas échéant, elle est notifiée à l'auteur de la demande. / Lorsque la mise en demeure de quitter les lieux n'a pas été suivie d'effet dans le délai fixé, le représentant de l'Etat dans le département doit procéder sans délai à l'évacuation forcée du logement, sauf opposition de l'auteur de la demande dans le délai fixé pour l'exécution de la mise en demeure. "
3. En application des dispositions citées au point précédent, la préfète du Rhône, par une décision du 27 décembre 2023, a mis en demeure les occupants sans droit ni titre du bâtiment situé 30 rue des Chevaucheurs dans le 5ème arrondissement de Lyon, appartenant à Lyon métropole habitat, de quitter les lieux dans un délai de sept jours, en précisant qu'à défaut, il serait procédé à une évacuation forcée. Les intéressés n'ayant pas obtempéré à cette mise en demeure, les forces de l'ordre ont procédé, le 4 janvier 2024, à l'évacuation forcée de ce bâtiment. Les requérants, qui soutiennent que la décision du 27 décembre 2023 est illégale et, au surplus, ne pouvait être exécutée, demandent au juge des référés du tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner leur accès à l'immeuble en cause. Toutefois, si le juge des référés aurait pu, le cas échéant, suspendre l'exécution de cette décision, ce qui aurait permis aux intéressés de se maintenir dans les lieux, quand bien même il est constant qu'ils ne disposent pour ce faire d'aucun droit ni d'aucun titre, dès lors que cette décision a été exécutée, il n'appartient pas au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner la mesure ainsi sollicitée par les requérants, alors que ceux-ci ne contestent pas être dépourvus de tout droit et de tout titre leur permettant d'occuper le bâtiment.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête, manifestement mal fondée, doit, sans qu'il y ait lieu d'accorder l'aide juridictionnelle provisoire, être rejetée selon la modalité prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions tendant au remboursement des frais non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. G N et autres est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. G N, Mme R, M. S, M. Q, M. J A, Mme E L, M. D C, M. M, Mme I F, M. O, M. B H, M. K H et M. P.
Copie en sera adressée pour information à la préfète du Rhône et à Lyon métropole habitat.
Fait à Lyon le 5 janvier 2024.
Le juge des référés
J.-P. Chenevey
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026