LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2400097

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2400097

mercredi 10 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2400097
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantVRAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 et 8 janvier 2024, et des pièces complémentaires enregistrées et communiquées le 9 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Vray, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 3 janvier 2024 par lesquelles la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office, lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans et l'a assigné à résidence ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de procéder sans délai à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient, dans le dernier état de ses moyens, que :

Sur l'ensemble des décisions :

- elles sont insuffisamment motivées et révèlent un défaut d'examen sérieux de sa situation, en particulier de sa situation administrative ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnaît les dispositions du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il peut bénéficier de plein droit d'un certificat de résidence algérien au titre de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la préfète du Rhône aurait dû solliciter l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sa durée présente un caractère disproportionné ;

Sur l'assignation à résidence :

- elle doit être annulée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 janvier 2024, et des pièces complémentaires, enregistrées le 8 janvier 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu l'arrêté attaquée ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Jeannot pour statuer en application des dispositions des articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jeannot, magistrate désignée ;

- les observations de Me Vray, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête en insistant sur le défaut d'examen sérieux de sa situation, la préfète du Rhône devant vérifier les vingt-trois années de sa présence en France, et sur la méconnaissance des dispositions du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français ; elle précise ne pas avoir d'éléments sur l'absence de soins dans le pays d'origine ; elle soulève un nouveau moyen tiré d'un détournement de procédure, la mesure d'éloignement faisant obstacle à sa demande de titre de séjour ; elle précise qu'elle ne soulève pas de moyen sur la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire mais que les circonstances particulières de sa situation doivent être prises en compte ; en ce qui concerne la menace à l'ordre public, le requérant ne reconnaît pas la circonstance aggravante d'utilisation d'une arme lors de l'altercation qui a donné lieu à son interpellation le 3 janvier 2024 ; la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée compte tenu de sa durée de présence en France ;

- et les observations de M. B qui détaille les circonstances de l'altercation qui a donné lieu à son interpellation.

La préfète du Rhône n'était ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 11 h 56.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 11 août 1971, demande au tribunal d'annuler les décisions du 3 janvier 2024 par lesquelles la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office, lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans et l'a assigné à résidence.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité de l'ensemble des décisions :

2. En premier lieu, les décisions attaquées comportent l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et sont suffisamment motivées compte tenu des exigences qu'imposent les articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, ensemble l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et qui ne s'étendent pas jusqu'au rappel de l'ensemble des détails de la situation personnelle de l'intéressé telle que décrite dans son procès-verbal d'audition.

3. En second lieu, il ne ressort ni de la motivation des décisions attaquées, ni d'aucune autre des pièces du dossier que l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle de M. B au regard de l'ensemble des informations portées à sa connaissance préalablement à son édiction. Contrairement à ce que soutient le requérant, l'autorité administrative a bien fait mention de la situation administrative dans lequel il se trouve, et si elle n'a pas détaillé l'ensemble du parcours administratif de l'intéressé, cette circonstance ne suffit pas à caractériser le défaut d'examen que M. B invoque. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; () ". D'autre part, l'article 6 de l'accord franco-algérien stipule notamment que : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : /1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant ; ().

5. Si M. B soutient qu'il est entré en France en novembre 2000 et qu'ainsi, à la date de la décision attaquée, il réside en France depuis plus de vingt-trois ans, les pièces qu'il produit ne permettent pas d'établir la continuité de son séjour en France depuis la date alléguée. Il ne démontre pas davantage résider en France depuis plus de dix ans ou depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans en se bornant à soutenir que la préfète indique qu'il ne démontre pas avoir quitter la France depuis son entrée en France. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il était en droit de se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des stipulations de l'accord franco-algérien et des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'en conséquence la préfète du Rhône ne pouvait pas prendre à son encontre la mesure d'éloignement litigieuse.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ". À cet égard, l'article R. 611-1 du même code prévoit que : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / () ". Et selon les termes de l'article R. 611-2 de ce même code : " L'avis mentionné à l'article R. 611-1 est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu : / 1° D'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement l'étranger ou un médecin praticien hospitalier ; / 2° Des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / Toutefois, lorsque l'étranger est placé ou maintenu en rétention administrative, le certificat prévu au 1° est établi par un médecin intervenant dans le lieu de rétention conformément à l'article R. 744-14. ".

7. Il résulte de ces dispositions que dès lors qu'elle dispose d'éléments d'informations suffisamment précis permettant d'établir qu'un étranger, résidant habituellement en France, présente un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, l'autorité préfectorale doit, lorsqu'elle envisage de prendre une telle mesure à son égard, et alors même que l'intéressé n'a pas sollicité le bénéfice d'une prise en charge médicale en France, recueillir préalablement l'avis du collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII).

8. En l'espèce, tout d'abord, il ne ressort pas des pièces du dossier, et en particulier du procès-verbal de son audition par les services de la police nationale le 3 janvier 2024, que M. B aurait porté à la connaissance de la préfète du Rhône des éléments d'informations suffisamment précis permettant d'établir qu'il présentait un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie prévue au 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. En effet, le requérant s'est borné à indiquer qu'il disposait d'une carte d'invalidité à 80 % suite à un accident survenu en 2002 et qu'il " avait une broche dans le cou " sans mentionner la nature exacte de ses pathologies. Par ailleurs, le requérant ne justifie pas, par les radiographies qu'il produit, que son état de santé nécessiterait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Ainsi, et en l'absence de tout élément médical suffisamment précis de nature à établir que son état de santé nécessite une prise en charge médicale, la préfète du Rhône n'était pas tenue de recueillir un avis médical préalablement à l'édiction de la décision contestée. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure au regard des dispositions précitées des articles R. 611-1 et R. 611-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

10. En dépit de la durée de séjour alléguée du requérant, il ne démontre aucune insertion sociale ou professionnelle. L'intéressé ne dispose pas de logement autonome, ni même de ressources suffisantes pour subvenir à ses besoins. Célibataire, sans enfant à charge, il ne fait état d'aucune insertion durable sur le territoire français. En outre, M. B ne démontre pas l'intensité de la vie privée et familiale qu'il invoque, et ce alors qu'il a conservé l'essentiel de ses attaches familiales en Algérie, où résident ses cinq frères. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'obligation de quitter le territoire français aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée eu égard aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

11. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée, qui est fondée sur le 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de la circonstance non contestée qu'il est entré en France depuis plus de trois mois et s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour, aurait eu, contrairement à ce qui a été soutenu à l'audience, pour motif déterminant d'éloigner l'intéressé du territoire français avant qu'il ne soit statué sur sa demande de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré du détournement de procédure doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

12. Si le requérant se prévaut de circonstances particulières lors de l'audience, il n'assortit pas son moyen de précisions suffisantes pour en apprécier le bien fondé alors qu'en tout état de cause, il a également indiqué à l'audience ne pas soulever de moyen contre la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

13. En premier lieu, la décision attaquée a été prise au visa des articles L. 612-6 et L 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle précise qu'en l'absence de circonstances humanitaires, le requérant, qui déclare être présent sur le territoire français depuis l'année 2000, ne justifie ni de la nature, ni de l'ancienneté de ses liens avec la France, qu'il ne démontre pas avoir respecté les précédentes mesures d'éloignement prises à son encontre les 17 novembre 2019 et 27 février 2013 et que son comportement est constitutif d'un trouble à l'ordre public. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

14. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit les décisions portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

15. D'une part, M. B, qui s'est vu refuser un délai de départ volontaire, ne justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière qui ferait obstacle à l'édiction d'une interdiction de retour. D'autre part, compte tenu de sa situation personnelle telle qu'elle a été exposée au point 10 du présent jugement, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet de précédentes mesures d'éloignement prises à son encontre les 17 novembre 2019 et 27 février 2013 et de la menace pour l'ordre public qu'il représente compte tenu de sa condamnation à une peine de prison de neuf mois et à une peine complémentaire d'interdiction du territoire national pour une durée de trois ans prise par un jugement du tribunal correctionnel de Grasse du 1er août 2012 pour des faits de violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité commis le 29 juillet 2012, des faits de violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours commis le 18 mars 2012 et des faits d'entrée ou de séjour irrégulier d'un étranger commis du 31 juillet 2009 au 31 juillet 2012, ainsi que de son interpellation le 3 janvier 2024 pour des faits de vol aggravé par deux circonstances, faits qu'il reconnaît en partie, la préfète du Rhône n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni de disproportion, en fixant à deux ans la durée de cette interdiction.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant assignation à résidence :

16. A supposer que le requérant ait entendu soulever son illégalité par voie de conséquence de l'illégalité des décisions en constituant le fondement, en l'absence d'illégalité des décisions précitées et de toute argumentation, le moyen tiré de ce que la décision contestée devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de ces décisions ne peut qu'être écarté.

17. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 3 janvier 2024. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Rhône.

Jugement rendu public par mise à disposition au greffe le 10 janvier 2024.

La magistrate désignée,

F. Jeannot

La greffière,

E. Gros

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

N°2400097

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions