mercredi 10 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2400109 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 6 et 10 janvier 2023, M. B A, retenu au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry (69125 Lyon - Saint Exupéry), représenté par Me Flaux, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 26 décembre 2023 par lequel le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle et à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire, de lui verser cette somme.
Il soutient que :
- les décisions sont entachées d'incompétence ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elles sont entachées d'erreur de fait ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie de sa présence en France depuis 2003 ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;
- la décision portant refus de délai de départ volontaire est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de départ volontaire ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; le préfet n'a pas pris en compte l'ensemble des éléments relatifs à sa situation personnelle, notamment s'agissant de la nature et de l'ancienneté de sa présence en France ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
- la durée de trois ans est disproportionnée au regard de sa situation personnelle ;
Le préfet de l'Isère a produit des pièces enregistrées les 8 et 9 janvier 2024.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 10 janvier 2024, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Flaux, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'elle développe oralement. Elle soutient en outre que M. A apporte la preuve de sa présence en France depuis 2003, qu'il a communiqué l'ensemble des éléments prouvant sa présence à l'appui de la demande de titre de séjour qu'il a présentée en 2022, qu'il appartient bien à la catégorie d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en vertu du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que sa situation n'aurait pas justifié qu'il fasse l'objet d'une expulsion, que le préfet de l'Isère qui disposait de ces éléments n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation, qu'il est terrorisé à l'idée de repartir en Algérie, qu'il risque de se suicider si la décision d'éloignement est mise à exécution, qu'un délai de départ volontaire aurait dû lui être accordé, qu'il a été incarcéré alors qu'il venait de rencontrer sa compagne, que les faits qui lui sont reprochés remontent à 2016 et 2017 et sont donc anciens, que l'interdiction de retour sur le territoire français va entrainer la rupture des liens qu'il a tissés en France ;
- les observations de Me Tomasi, représentant le préfet de l'Isère, qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés. Il soutient notamment que le requérant ne justifie pas de sa présence continue en France depuis 2003, relève que l'authenticité de plusieurs pièces produites est douteuse et que certaines attestations, eu égard à leur teneur ne suffisent pas à établir sa présence sur les périodes qu'elles concernent. Il fait également valoir que l'arrêté en litige ne porte pas une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale du requérant qui ne justifie pas de l'ancienneté de sa situation de concubinage, qui a été condamné à trois reprises, en dernier lieu en janvier 2023 pour vol, et qui ne justifie d'aucune insertion particulière. Il relève enfin, s'agissant des décisions portant refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français que le comportement du requérant constitue une menace à l'ordre public et qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement et qu'il n'a pas produit de document d'identité.
- et les observations de M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Le préfet de l'Isère a produit une note en délibéré, enregistrée le 10 janvier 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant algérien né le 4 octobre 1995, est selon ses déclarations, entré en France en août 2003 avec ses quatre frères et ses deux sœurs pour rejoindre sa mère. Il demande l'annulation des décisions du 26 décembre 2023 par lesquelles le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
3. En premier lieu, les décisions en litige ont été signées par M. Laurent Simplicien, secrétaire général de la préfecture de l'Isère, qui disposait d'une délégation de signature consentie à cet effet par le préfet de l'Isère par arrêté du 21 août 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions, doit, dès lors, être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté contesté comporte la mention des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Alors que le préfet de l'Isère n'est pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments portés à sa connaissance, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'avant d'édicter les décisions en litige, le préfet de l'Isère a pris en compte les conditions d'entrée et de séjour de M. A en France, l'ancienneté de séjour dont celui-ci se prévaut, la présence en France d'une partie de sa famille dont sa mère, le fait qu'il a déposé une demande de titre de séjour le 8 juin 2022 qui a été rejetée, l'existence de deux précédentes mesures d'éloignement prises à son encontre. Il a également pris en compte le fait que le requérant est défavorablement connu des services de police pour avoir été interpellé à de nombreuses reprises à des dates et pour des faits qu'il énumère, qu'il a été incarcéré pour vol en 2023, et le fait que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. Le requérant n'établit par ailleurs pas avoir porté d'autres informations à la connaissance du préfet de l'Isère à l'appui de sa demande de titre de séjour. Le préfet de l'Isère a bien procédé, à un examen complet et particulier de la situation personnelle du requérant avant d'édicter les décisions en litige. Le moyen tiré de l'absence d'un tel examen doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; / () ".
7. Si M. A, né en 1995, soutient être entré en France en 2003 et être demeuré sur le territoire depuis cette date il ne justifie pas de sa résidence habituelle en France depuis cette date par les pièces qu'il produit, qui comportent pour certaines des mentions contradictoires, s'agissant de son arrivée en France, ou des imprécisions ou incertitudes s'agissant des périodes qu'elles concernent et des faits qu'elles relatent. Par ailleurs, les interpellations du requérant et ses incarcérations, si elles permettent d'établir que le requérant séjournait en France aux dates auxquelles elles sont intervenues, ne permettent pas à elles seules de justifier de sa résidence continue sur la période, notamment après 2011, en 2013 et 2014, alors que par ailleurs, la précarité de la situation du requérant ressort des attestations qu'il produit et qu'il indique n'avoir sollicité un titre de séjour qu'en 2022 pour la première fois. Comme l'a relevé de nouveau le préfet à l'audience, la présence en France du requérant depuis qu'il a atteint l'âge de 13 ans n'est donc pas établie. Ainsi M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d'une erreur de fait sur ce point et méconnaitrait les dispositions du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant ; () ".
9. D'une part il résulte de ce qui a été dit au point 5 que M. A ne justifie pas, en tout état de cause, de sa résidence en France depuis plus de dix ans. D'autre part, les stipulations précitées ne privent pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant algérien la délivrance du certificat de résidence d'un an lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. Le requérant n'est ainsi pas fondé à soutenir qu'il aurait dû bénéficier d'un titre de séjour de plein droit faisant obstacle à son éloignement.
10. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
11. M. A qui a effectué ses études en France jusqu'en classe de 4° SEGPA durant l'année scolaire 2010 - 2011 ne se prévaut qu'aucune qualification et ne justifie d'aucune insertion professionnelle sur le territoire français. S'il se prévaut de ses liens familiaux avec sa mère et ses frères et sœurs il ne justifie pas de l'intensité des liens entretenus alors qu'il est constant que son père réside en Algérie. Par ailleurs, s'il se prévaut de sa relation de concubinage avec une ressortissante française, il ne produit aucun élément sur l'ancienneté et l'intensité de celle-ci dont la réalité ne ressort au demeurant pas des attestations produites. Enfin et surtout, il ressort des pièces du dossier que M. A a été condamné et incarcéré à plusieurs reprises, notamment du 26 novembre 2015 au 9 février 2017 et en dernier lieu en janvier 2023 pour purger une peine de douze mois d'emprisonnement pour des faits de vol. Par ailleurs, il ressort des termes de la décision attaquée, dont la teneur est confirmée par le requérant qui s'en prévaut pour justifier de la durée de son séjour, que M. A a été interpellé le 4 octobre 2011 pour importation non autorisée de stupéfiants, le 6 octobre 2013 pour violence commise en réunion suivi d'incapacité et vol en réunion, le 4 octobre 2014 pour vol par ruse, effraction ou escalade, aggravé, le 24 mars 2015 pour port sans motif légitime d'une arme blanche ou incapacitante de catégorie D et détention illicite de stupéfiant, le 29 juin 2015 pour des faits de dégradation de biens, le 6 novembre 2015 pour vol par effraction, le 26 avril 2018 pour violence sur personne dépositaire de l'autorité publique sans incapacité, et rébellion, le 25 juillet 2018 pour des faits de violence, notamment sur mineur et dégradations et le 25 décembre 2020 pour des faits de détention non autorisée de stupéfiants et usage illicite de stupéfiants. L'intéressé n'apporte par ailleurs aucun élément quant à son projet de réinsertion. Son comportement constitue, alors même que les derniers faits reprochés remonteraient à 2020, une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, c'est sans méconnaître les stipulations citées au point 8, ni porter une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale que le préfet de l'Isère a pu l'obliger à quitter le territoire français. Pour les mêmes raisons, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle de M. A doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
12. En premier lieu, M. A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, son moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par la voie de l'exception, à l'encontre de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire n'est pas fondé et doit être écarté.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet." Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :/ 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
14. M. A qui s'est soustrait à la mesure d'éloignement prise à son encontre en 2018 et ne justifie pas d'une résidence effective et permanente relève des prévisions du 3° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant d'établir l'existence d'un risque de soustraction à la mesure d'éloignement. Dès lors, ce motif suffit à lui seul à fonder la décision contestée et c'est sans méconnaître les dispositions des articles L. 612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet de l'Isère a pu lui refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire. En outre sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. Par ailleurs, le requérant ne justifie d'aucune circonstance particulière au sens des dispositions précitées. La nécessité d'avoir un délai pour réunir des éléments à l'appui de son recours contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ne constitue pas une telle circonstance. Il n'est donc pas fondé à soutenir que la décision lui refusant un délai de départ volontaire méconnaît les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
15. M. A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, son moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par la voie de l'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays de destination n'est pas fondé et doit être écarté.
En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
16. En premier lieu, M. A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, son moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par la voie de l'exception, à l'encontre de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français à son encontre n'est pas fondé et doit être écarté.
17. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
18. M. A s'est vu refuser tout délai de départ volontaire pour exécuter l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre. Dès lors, seules des circonstances humanitaires pouvaient faire obstacle à ce que soit prononcée à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. Il ressort des pièces du dossier que le préfet a fixé la durée de l'interdiction de retour au regard des critères énoncés à l'article L. 612-10 précité l'ensemble des éléments relatifs à sa situation personnelle, notamment s'agissant de la nature et de l'ancienneté de sa présence en France. Or l'intéressé a fait l'objet d'une mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée et sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, et en tout état de cause, il n'est pas établi que des circonstances humanitaires justifieraient que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour. Le préfet de l'Isère n'a ainsi pas méconnu les dispositions précitées en lui interdisant de retourner sur le territoire français pour une durée de trois ans qui compte-tenu de ce qui précède ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas disproportionnée. Il n'a pas davantage commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1 : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 janvier 2024.
La magistrate désignée,
C. Rizzato,
Le greffier,
T. Clément
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026