lundi 3 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2400124 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | OULARBI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Oularbi, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 10 novembre 2023 par lesquelles la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de lui délivrer une carte de séjour sous astreinte de 80 euros par jour de retard à compter du délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'accord franco-marocain du 9 octobre 1989 ;
- elle méconnaît la circulaire du 28 novembre 2012 et la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir de régularisation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le délai de départ volontaire sont illégales pour les mêmes motifs et doivent être annulées compte tenu de l'illégalité de la décision de refus de titre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- M. A ne peut utilement invoquer la circulaire du 28 novembre 2012 ;
- les autres moyens qu'il a soulevés ne sont pas fondés.
Par un courrier du 7 mai 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible, d'une part, de relever d'office le moyen tiré de de l'inapplicabilité à un ressortissant marocain des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en tant qu'elles portent sur la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " et, d'autre part, de substituer le pouvoir de régularisation dont dispose la préfète de l'Ain aux dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile comme base légale du refus d'admission exceptionnelle au séjour de M. A en tant que salarié ou travailleur temporaire.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Reniez,
- et les observations de Me Oularbi, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né en 1995, conteste les décisions du 10 novembre 2023 par lesquelles la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sur le fondement des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours.
2. En premier lieu, les décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elles sont suffisamment motivées. Par ailleurs, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à l'autorité préfectorale de motiver spécifiquement l'octroi du délai de départ volontaire quand celui-ci correspond à la durée légale de trente jours et que l'étranger n'a présenté aucune demande afin d'obtenir un délai supérieur. Il ne ressort pas des pièces du dossier ni même n'est allégué que M. A aurait demandé un délai supérieur à trente jours. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit par suite être écarté.
3. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'accord franco-marocain n'est pas assorti de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.
4. En troisième lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir de la circulaire du 28 novembre 2012, laquelle ne contient que de simples orientations générales destinées à éclairer les préfets dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire d'appréciation dont ils disposent.
5. En quatrième lieu, il ressort de la décision de refus de titre de séjour que la préfète de l'Ain a rejeté la demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié ou travailleur temporaire de M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors que ces dispositions ne sont pas applicables aux ressortissants marocains souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une activité salariée. Il y a lieu de substituer à la base légale erronée de l'article L. 435-1 du code précité celle tirée du pouvoir discrétionnaire, dont dispose le préfet, de régulariser ou non la situation d'un étranger dès lors que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir général de régularisation que lorsqu'elle examine une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A a travaillé sur le territoire français à compter d'octobre 2020 et il produit une promesse d'embauche ainsi qu'une demande d'autorisation de travail mentionnant qu'il occupe un emploi de mécanicien de maintenance automobile. Toutefois, ces éléments ne permettent pas de considérer que la préfète de l'Ain aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre exceptionnellement au séjour au regard de sa situation professionnelle.
7. En cinquième lieu M. A est entré à l'âge de 24 ans en France et il y résidait depuis moins de quatre ans à la date des décisions attaquées. Célibataire et sans charge de famille, il ne se prévaut d'aucune attache familiale en France, ni de ce qu'il serait isolé dans son pays d'origine. Dans ces conditions et malgré ses efforts d'insertion sur le territoire français où il a travaillé, la décision de refus de titre de séjour en tout état de cause, et les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le délai de départ volontaire ne méconnaissent pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la préfète du l'Ain n'a pas commis une erreur manifeste d'appréciation en estimant que sa situation ne répondait pas à des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels justifiant son admission au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " et plus largement quant aux conséquences de ces décisions sur sa situation personnelle.
8. En dernier lieu, les conclusions dirigées contre la décision de refus de titre de séjour devant être rejetées compte tenu de ce qui précède, l'intéressé ne peut demander, par voie de conséquence, l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le délai de départ volontaire.
9. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 10 novembre 2023 par lesquelles la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours. Sa requête doit être rejetée, dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Ain.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Michel, présidente,
Mme Lacroix, première conseillère,
Mme Reniez, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juin 2024.
La rapporteure,La présidente,
E. ReniezC. Michel
La greffière,
K. Schult
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026